Quand le démon de la drogue ne lâche pas Jugnauth

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Sir Anerood Jugnauth est poursuivi depuis 1985...

  Sir Anerood Jugnauth est poursuivi depuis 1985 par le spectre de la drogue...  

Durant sa carrière de Premier ministre, sir Anerood Jugnauth a souvent été perturbé par des problèmes politiques causés par le trafic de drogue.

Dans le sillage de l’arrestation des parlementaires aux Pays-Bas en décembre 1985, Anerood Jugnauth dut faire face à des démissions en série de ses ministres et son gouvernement fut fragilisé au point qu’il dut faire appel à l’aide des travaillistes alors dirigés par sir Satcam Boolell, un homme qu’il avait révoqué comme ministre en janvier 1984. L’entrée des travaillistes au gouvernement fragilisa, dans une certaine mesure,  l’emprise d’Anerood Jugnauth sur le pouvoir, surtout qu’il s’était aussi attiré les hostilités foudroyantes de son ex-bras droit Harish Boodhoo.

De nouveaux ennuis allaient se produire pour Anerood Jugnauth quand la menace de pas moins de trois élections partielles se précisa dans le Sud. Ayant subi maintes allégations après la publication du rapport Rault, en février 1987, deux membres du MSM, Lutchmeeparsad Ramsahok et Suren Poonith, démissionnèrent comme députés de la circonscription de Mahébourg-Plaine-Magnien (n° 12). Député de la circonscription de Rivière-des-Anguilles –Souillac (n° 13), Harish Boodhoo, devenu l’ennemi mortel de Jugnauth, démissionna lui aussi, exposant le gouvernement déjà vulnérable à trois élections partielles.

Le MMM, qui n’avait pas réussi à enlever le moindre siège dans les régions rurales aux élections de 1983, profita de l’aubaine pour lancer une vigoureuse campagne dans le Sud. Le parti désigna même un premier candidat en la personne de Prem Koonjoo. Jugnauth aussi aligna un premier candidat, Dhundev Bahadoor, dirigeant du Human Service Trust et ancien collaborateur de Boodhoo. Bahadoor démarra d’un mauvais pied car il était poursuivi par la police pour une faute purement technique. Il avait fait abattre un arbre dans une zone forestière protégée. Après avoir pris le contrôle du couvent de Calebasses, autrefois géré par l’église, Bahadoor avait lancé un plan de réaménagement, ce qui avait nécessité l’abattage de l’arbre. Mais le MMM ne lui fit pas de cadeau et le Dr Swalay Kasenally, dirigeant en vue des Mauves, lui donna même le nom de lakri chor, qui veut dire voleur de bois en bhojpuri.

La situation devint intenable pour Jugnauth, au point qu’il décida d’éviter des élections partielles, optant plutôt pour la dissolution du Parlement et profiter des échéances légales pour se maintenir au pouvoir jusqu’aux élections générales, qu’il ne pouvait éviter une fois les échéances passées. Et les élections générales eurent effectivement lieu le 30 août 1987.

Grâce à l’alliance conclue avec les travaillistes et disposant toujours du soutien du PMSD, Anerood Jugnauth remporta les élections de 1987. Mais le MMM en sortit plus fort qu’en 1983, enlevant même deux sièges en régions rurales. Prem Nababsing se fit élire dans le n° 13 et Alan Ganoo dans la circonscription voisine de Rivière-Noire – Savanne.

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L’express consacre un dossier au trafic de drogues dures et ses ravages à Maurice. C'est de la prison centrale que s'organise le trafic d'héroïne. Un cerveau ougandais alimente les trois plus gros trafiquants de Maurice. Ces "grossistes", avec l'appui de quelques hommes de loi, gèrent leurs trafics et millions et contrôlent, à distance, leurs lieutenants, tels Ashish Dayal...

Ce dossier a été réalisé par un collectif de journalistes de l'express. Pour des raisons de sécurité et d'opérabilité, et en fonction des autres papiers à venir, nous avons choisi de ne pas signer les articles.

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