[Vidéo]Bienvenue à bord de l’autobus-snack

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Pour ceux qui veulent déjeuner sur place, les banquettes du bus font office de chaises.

Pour ceux qui veulent déjeuner sur place, les banquettes du bus font office de chaises.

Il est rouge. Il n’a pas de roue. Il est bordé de palmiers. Cet autobus pas comme les autres s’est garé en face du lagon turquoise de St-Martin, dans le Sud. Et puis, détrompez-vous, il ne vous conduira pas à Grand-Baie comme l’indique l’afficheur de destination. Pour cause, le véhicule a été transformé en snack. On a consulté le menu.

Au volant : Mala Goburdhun, 62 ans. La propriétaire et gérante de ce lieu atypique accueille au quotidien Mauriciens et touristes, entre 11 heures et 20 heures. Sa spécialité : des plats faits maison. Parmi eux, le bouillon de poisson, la daube d’ourite ou encore le curry d’agneau accompagné de riz. Sans oublier les incontournables mines et riz frits.

«Cela fait 25 ans que mon époux a transformé cet autobus, qui auparavant, transportait des employés d’une des usines de transformation de poisson de la capitale, en snack», confie la sexagénaire, les lunettes vissées sur le nez et le tablier bien accroché aux reins et que les clients surnomment «Maman».

Dans la «cuisine», Mala n’a le droit de faire bouillir que des nouilles, histoire de respecter l’ordre émis par des inspecteurs sanitaires.
Pour ceux qui veulent déjeuner sur place, les banquettes du bus font office de chaises.

L’autobus, ajoute-elle, a été offert gratuitement par un bon Samaritain après que leur premier commerce a été la proie des flammes. «Des gens ont mis le feu à notre premier snack. Mon mari a ensuite tout fait de ses mains pour donner une nouvelle vocation à l’autobus», se remémore notre interlocutrice, un brin nostalgique.

Commander une demi-heure avant

En un quart de siècle, l’autobus-snack a permis à Mala, qui y travaille seule, d’élever ses trois enfants. Deux d’entre eux sont aujourd’hui employés dans des hôpitaux et l’autre occupe le poste de concierge à l’hôtel Lux* Le Morne.
Pas étonnant que le petit business goûte au succès. En ce vendredi après-midi, à l’heure du déjeuner, un parfum d’échalote ciselée titille les narines. «Des touristes venant de Baie-du-Cap viennent de partir. Ils ont commandé quatre plats de mines frits», précise la gérante.

Pour ceux qui veulent déjeuner sur place, les banquettes du bus font office de chaises. Elles ont tout simplement été réalignées entre des tables en fer. À l’arrière, comme à l’avant, trônent deux frigos, qui accueillent les boissons fraîches. Si d’un côté du véhicule les vitres et impostes sont toujours intactes, de l’autre, ils ont été remplacés par des vasistas en tôle. Les guirlandes et autres décorations de Noël ornent toujours le plafond.

L’autre pièce maîtresse de l’autobus-snack, c’est-à-dire la cuisine, se trouve à l’avant. Même si Mala n’a le droit d’y faire bouillir que des nouilles, histoire de respecter l’ordre émis par des inspecteurs sanitaires. Les «grosses» préparations sont faites à l’avance chez elle.

La montre affiche midi quarante lorsque deux jeunes du village et leur mine affamée font leur apparition. Rajiv Bayjonauth, 18 ans, prend des cours de pâtisserie et Varun Jodhee, 19 ans, est chômeur aspirant policier… Tous deux ont commandé des mines frits végétariens. C’est le hasard qui les a conduits jusqu’à l’autobus-snack, avouent-ils.

Au même moment, Monsieur le facteur débarque. Pour grimper à bord, il est obligé de se baisser. Qu’importe ce léger inconvénient, Dayalen Veerapen, qui est affecté au bureau de poste de Baie-du-Cap, ne raterait pour rien au monde les plats cuisinés par «Maman». À tel point qu’il a «contaminé» ses collègues ainsi que ceux de Chemin-Grenier, qui viennent eux aussi déjeuner chez Mala «presque» tous les jours. Pour que leur cuisinière préférée ne soit pas trop débordée, ils passent leur commande une demi-heure avant de débarquer.

Un brin de causette plus tard, Dayalen entame avec appétit son assiette de minn bwi ourit. Prière de ne pas déranger.

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