Menon Munien: une vie dédiée à l’enseignement

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C’est le vendredi 6 janvier que Medavy Pillay Munien a été nommé président de la National Corporate Social Responsibility Foundation.

C’est le vendredi 6 janvier que Medavy Pillay Munien a été nommé président de la National Corporate Social Responsibility Foundation.

Medavy Pillay Munien, aussi connu comme Menon Munien, vient tout juste d’être nommé président de la National Corporate Social Responsibility Foundation (NCSRF). Créé pour remplacer l’ancien système de CSR, ce projet avait été annoncé par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, lors du Budget 2016-17.

Lorsqu’on sait qu’il occupe déjà des postes importants, dont celui de responsable du Steering Committee de Volunteer Mauritius et de Project Manager des écoles en zones d’éducation prioritaires (ZEP) au ministère de l’Éducation, on pourrait se demander s’il n’a pas d’appréhensions pour assumer ces nouvelles fonctions. La réponse est catégorique: «Non.»

Son secret pour pouvoir gérer ces responsabilités? «Je ne mélange jamais les projets, j’en fais un à la fois», indique Menon Munien. Pour ce qui est de Volunteer Mauritius, il soutient que le gros du travail est effectué par les jeunes. «Je leur fais confiance pour mener à bien le projet», précise cet habitant de Rose-Hill, qui estime que sans le soutien de ses collaborateurs, le travail ne pourrait être fait. «Je suis honoré de la confiance qui m’a été témoignée à travers cette désignation.»

C’est dans les locaux du ministère de l’Éducation, à Phoenix, que nous l’avons rencontré. Arborant un air détendu, le quinquagénaire se montre ouvert dès le début de la discussion. Difficile cependant de lui faire parler de son enfance qu’il a passée à Rose-Belle et à Surinam. Il affirme n’avoir que de bons souvenirs et évite de s’étaler sur cette étape de sa vie. Il observe la même retenue en ce qui concerne sa vie personnelle. Menon Munien confie qu’il a fréquenté l’école Robert Edward Hart, à Surinam.«Comme j’habitais tout près de la mer, j’allais souvent m’amuser avec mes camarades à la plage», ajoute-t-il. Plus tard, admis au collège Royal de Curepipe, il ira vivre chez sa grand-mère qui habitait non loin de l’établissement.

Que retenez-vous de votre passage dans ce collège? À cette question, Menon Munien répond avec le sourire: «Grande fête!» Cette période l’a marqué. Et c’est surtout grâce à Robert d’Unienville, alors recteur du collège. «Il m’a enseigné bien plus que les mathématiques», déclare Menon Munien, débordant d’admiration pour le pédagogue. Il rappelle que ce dernier lui a notamment appris les bases du golf, que les deux pratiquaient au Gymkhana, et à jouer au bridge. Il n’a jamais pu battre le maître.

«Les jeunes m’ont beaucoup appris. Ils dégagent une énergie qui permet de se remettre en question.»

C’est Robert d’Unienville encore qui lui a fait découvrir la musique classique. «Il apprenait à ses élèves à associer des séquences mathématiques à des compositions musicales classiques», confie Menon Munien en indiquant qu’à l’époque, le recteur organisait aussi des colonies de vacances chaque année à Anse-La-Raie. Plusieurs activités y étaient organisées, dont des feux de camp.

Plus tard, alors que le jeune Menon Munien est à la recherche d’un emploi, il se rend à son ancien collège pour récupérer son «leaving certificate» C’est à ce moment-là que sa carrière d’enseignant se dessine. En effet, il y retrouve le tant apprécié recteur, qui l’encourage à embrasser cette profession, estimant qu’il en a les qualités.

«Robert d’Unienville passait son temps à analyser les élèves et à les orienter dans leurs choix professionnels», se remémore Menon Munien. Et son ancien professeur de mathématiques avait vu juste car à partir de ce moment-là, Menon Munien a toujours évolué dans le domaine de l’éducation, devenant d’abord enseignant, ensuite recteur et actuellement Project Manager des écoles ZEP. Il a notamment exercé au collège du Saint-Esprit de Quatre-Bornes et celui de Case-Noyale, qui a par la suite été transféré à Rivière-Noire et au Rodrigues College.

À l’époque, Menon Munien a effectivement écouté son mentor, mais il admet qu’à la base, il voulait simplement dénicher un emploi pour avoir des sous alors que son défunt père, lui, voulait qu’il soit médecin. Cependant, aujourd’hui, Menon Munien avoue affectionner particulièrement le domaine de l’enseignement, soutenant que c’est encore une fois Robert d’Unienville qui lui a insufflé cette passion. «Raymond Rivet et Cyril Leckning, deux collègues que j’ai côtoyés au collège du Saint-Esprit, m’ont également inspiré au cours de ma carrière.» Selon Menon Munien, ses élèves ont eux aussi joué un rôle important quant à son épanouissement dans le secteur éducatif. «Les jeunes m’ont beaucoup appris. Ils dégagent une énergie qui permet de se remettre en question», dit-il.

Menon Munien avance que ses années de labeur lui ont permis d’acquérir un fort caractère. «Je n’abandonne jamais, je trouve toujours un moyen pour avancer.» Cette force qui fait que l’homme ne baisse jamais les bras, elle est due en partie à ses «détracteurs», comme il les appelle. Il les remercie au passage d’avoir contribué à forger son caractère. «Quand on a essayé de me mettre des bâtons dans les roues, j’ai réfléchi à ce qui n’allait pas pour trouver un moyen de mieux faire.»

Est-ce ces mêmes qualités qu’il compte mettre à profit pour exécuter sa mission en tant que Chairman de la NCSRF? «Certainement», répond-il. Au sujet de ses priorités pour la fondation, le président déclare qu’il souhaite développer un projet social qui sera à la hauteur d’une île Maurice moderne.

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