POST-PMSD: reprise sans président pour plusieurs corps parapublics

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(De g. à dr.) Doreen Kim-Soo, Roshan Seetohul, Véronique LeuGovind, Yannick Cornet et Mamad Kodabaccus, démissionnaires de corps parapublics.

(De g. à dr.) Doreen Kim-Soo, Roshan Seetohul, Véronique LeuGovind, Yannick Cornet et Mamad Kodabaccus, démissionnaires de corps parapublics.

Airports of Mauritius Ltd (AML), Tourism Authority, Mauritius Housing Company (MHC)… Ce sont là quelques-unes de la vingtaine de compagnies d’État et de corps parapublics qui démarrent la nouvelle année sans président de conseil d’administration. Ces institutions ont été délaissées par des nominés du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) après le départ des Bleus du gouvernement, le 19 décembre.

Depuis, afin de remplir les sièges vacants, les consultations au niveau de l’état-major du Mouvement socialiste militant (MSM) et de celui du Muvman Liberater se multiplient. Des sources concordantes à ce niveau confient que l’option de pouvoir marchander quelques cartes dans les négociations en cours avec de potentiels nouveaux alliés, pour conforter la majorité du gouvernement, est aussi sur le tapis.

Ainsi, il faudra trouver un successeur à Roshan Seetohul à la présidence d’AML et à celle de la MHC pour remplacer Mamad Kodabaccus. Les autres organismes parapublics et compagnies étatiques concernés sont la Tourism Authority, présidée jusque-là par Robert Desvaux, la CHCL, présidée par Robert Pallamy, la Bibliothèque nationale, où s’était installé l’activiste politique bleu du n°18 Indurdeo Bassant, le National Heritage Fund, dont la présidence est vacante après la démission de Yannick Cornet, la Rights Management Society, qui a vu le départ de Julien Georges, la National Arts Gallery, celui de Doreen Kim Soo, la Mauritius Film Development Corporation, que Dick Ng Sui Wa a été contraint d’abandonner. Il faudra aussi trouver des remplaçants à Véronique Leu-Govind au Morne Heritage Trust Fund, et à Nicolas Martin, au Centre Nelson Mandela pour la culture africaine.

À noter aussi que Varen Andee, qui vient d’être nommé vice-président du PMSD, a démissionné du board de la CHCL.

Le PMSD toujours au board de MK

Que feront les deux représentants du PMSD siégeant au conseil d’administration d’Air Mauritius ? Officiellement, Marc Hein et Daniel Mackay n’ont pas présenté leur démission du board du transporteur national. D’autant plus que celui-ci ne s’est pas réuni depuis le départ des Bleus du gouvernement.Ils sont restés en poste à la demande de la direction de leur parti tout comme c’est le cas pour les ambassadeurs membres du PMSD, selon nos recoupements d’informations. Me Marc Hein, SC, et Daniel Mackay, ancien cadre d’Air France SA, ont été nommés au conseil d’administration d’Air Mauritius, le 10 avril 2015.

Égalité des genres : ces projets en chantier

Il y a du pain sur la planche pour la suppléante au ministère de l’Égalité des genres, Fazila Jeewa Daureeawoo, après le départ de la titulaire bleue Aurore Perraud. En attendant le remaniement, voici quelques-uns de ces projets.

Étude sur les enfants de rue

Les conclusions d’une étude sur les enfants de rue, en vue de développer une stratégie nationale, étaient attendues fin 2016. Sauf que l’équipe des chercheurs de l’université de Maurice a demandé une extension du délai. C’est ce mois-ci que les retombées de l’étude devraient être soumises au ministère.

Concours «Aret violans domestik»

Les gagnants du concours de court métrage organisé conjointement par la Mauritius Film Development Corporation et l’ONG Passerelle attendent toujours d’être récompensés. Le concours avait pour thème «Aret violans domestik».La cérémonie de remise de prix devait avoir lieu le 19 décembre, date à laquelle le PMSD a quitté le gouvernement. Elle a été repoussée au 20 janvier. Au ministère, on explique qu’on voulait que cette cérémonie soit grandiose. D’autant plus que ce concours est appelé à devenir un événement annuel.

Projet de loi sur la protection des enfants

Le Child Protection and Care Bill sera présenté à la rentrée parlementaire, prévue le 28 mars. Ce projet de loi a pour but d’harmoniser les lois existantes afin d’assurer une meilleure protection des enfants.

Davantage de mentors

Une évaluation est en cours afin de recruter 15 autres mentors dans le cadre du Child Mentoring Programme. Ce, afin de pouvoir encadrer 45 autres bénéficiaires. Il s’agit d’un programme qui permet à un individu âgé de plus de 30 ans, et bénéficiaire d’une formation en encadrement des enfants, de suivre un enfant ayant des troubles de comportement mineurs. Actuellement, 30 enfants sont suivis. Et on compte 10 mentors

Rétablir l’équilibre entre la famille et le travail

Une étude intitulée «Balancing work and family life» a été initiée par le ministère afin de proposer des programmes qui vont aider à restaurer l’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle. L’étude est menée par Anita Ramgutty Wong, Associate Professor à la Faculty of Management de l’université de Maurice.

Violence basée sur le genre

Un observatoire pour la «gender-based violence» a été mis sur pied pour identifier les causes de la violence domestique ainsi que les failles du système. Le but mieux conseiller les institutions concernées à appréhender le problème. Ce projet est mené en collaboration avec l’Observatoire réu- nionnais des violences faites aux femmes.

Neuf backbenchers pour huit postes vacants

Une des priorités de l’alliance Mouvement socialiste militant (MSM) Muvman Liberater (ML) en ce début d’année est de constituer un nouveau cabinet. L’exercice, qui sera effectué par le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, peut s’avérer périlleux pour le MSM. Le leader du parti, Pravind Jugnauth, doit éviter de frustrer les parlementaires de sa formation tout en essayant d’obtenir le soutien des députés indépendants ou de ceux d’autres formations politiques.

Cinq postes de ministre (quatre laissés vacants par le Parti mauricien social-démocrate et celui de Raj Dayal), deux postes de Parliamentary Private Secretary et celui de Deputy Speaker sont à prendre. Si l’alliance MSM-ML ne veut pas créer de frustrés parmi ses backbenchers, elle pourra les nommer à ces postes de responsabilités.

Les députés du MSM et du ML qui n’ont aucune responsabilité actuellement sont Alain Aliphon, Raj Dayal, Bashir Jahangeer, Sangeet Fowdar, Sanjeev Teeluckdharry, Gowkarran Oree, Sudesh Rughoobur, Sudhir Sesungkur et Kalyan Tarolah. Maneesh Gobin, lui, préside le comité parlementaire de l’Independent Commission against Corruption.

Satisfaire et décevoir 

Cependant, au sein du MSM, on souligne la nécessité de ne pas décevoir les membres du parti, même si l’on voit mal Raj Dayal retrouver un ministère aussi longtemps que le procès qui lui est intenté est en cours. «Si l’alliance MSM-ML, qui, avec l’Organisation du peuple de Rodrigues, compte 41 députés sur un total de 69, ne veut pas perdre cette majorité, elle a intérêt à satisfaire ses parlementaires élus sous sa bannière plutôt que chercher ailleurs», préviennent deux parlementaires du gouvernement.

D’ailleurs, on laisse entendre qu’un des backbenchers qui nourrit une grande ambition s’apprête à claquer la porte de la majorité gouvernementale s’il n’est pas choisi. Il estime n’avoir rien à perdre.

Parmi les députés que nous avons interrogés hier, certains, dont Sangeet Fowdar, Bashir Jahangeer, Maneesh Gobin et Sudesh Rughoobur, affirment qu’ils sont dans l’attente, tout en précisant qu’ils ne veulent pas s’immiscer dans ce qui relève des prérogatives du chef du gouvernement. «C’est le Premier ministre qui fait les nominations. Nous n’avons rien à dire là- dessus», laissent-ils entendre.

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