[Vidéo] Les indécis: des déçus, des suiveurs et des assoiffés du renouveau

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Souvent, ce n’est qu’une fois dans l’isoloir que l’électeur fait son choix.

Souvent, ce n’est qu’une fois dans l’isoloir que l’électeur fait son choix.  

Des 1 005 Mauriciens sondés par Synthèses, 37 % ont déclaré qu’ils ne savent pas pour qui ils voteraient si les élections générales avaient lieu dimanche prochain. Difficile de connaître les raisons exactes qui expliquent ce qui s’apparente, à première vue, à un désintérêt.

Nous avons essayé de joindre les leaders ou des représentants de différents partis politiques pour savoir comment ils interprètent ce taux. Certains, comme le leader du MMM, Paul Bérenger, ont refusé de se prononcer à ce sujet, affirmant ne «pas prendre ces sondages au sérieux». Alors que Xavier-Luc Duval, leader du Parti mauricien social-démocrate, a déclaré attendre de voir l’intégralité du sondage avant de réagir.

En revanche, Navin Ramgoolam, leader du Parti travailliste, a, lui, accepté de se prononcer. Pour lui, ce n’est pas nouveau s’il y a pratiquement 40 % des personnes sondées qui sont indécises. «J’ai remarqué cette tendance depuis les élections de l’an 2000. Mais ils sont plus nombreux maintenant. Il est aussi possible que les gens ne disent pas leur préférence par peur de représailles.» Le leader des rouges avance que pour lui et pour son parti, l’importance est accordée aux jeunes. «Nous allons restructurer le parti afin d’attirer plus de jeunes. Je pense qu’avec la nouvelle équipe qui sera présentée, ils viendront vers nous.»

Et si c’était justement les partis traditionnels la source d’un possible désintérêt des jeunes ? C’est en tout cas ce que pense Kugan Parapen de Rezistans ek Alternativ. Pour lui, il existe «un doute» dans la tête de beaucoup de Mauriciens. «La confiance qu’ils avaient placée dans les partis politiques a volé en éclats. Aujourd’hui, les électeurs observent beaucoup et prennent leur décision à la dernière minute.» Il précise que Rezistans ek Alternativ travaille à répondre aux aspirations nouvelles des électeurs.

La syndicaliste Jane Ragoo, l’une des dirigeantes de la Confédération des travailleurs du secteur privé, abonde dans le même sens. Elle ajoute que les indécis sont souvent ceux qui avaient placé leur confiance dans le nouveau gouvernement et qui ont été «désenchantés». «La réalité ne reflète pas du tout les promesses faites pendant la campagne électorale de 2014.»

Cependant, Jean-Claude de l’Estrac, ancien ministre des Affaires étrangères, écrivain et ancien rédacteur en chef de l’express, a, lui, une toute autre lecture du pourcentage d’indécis. Pour lui, «les Mauriciens se décident à la dernière minute. Ceux qui adhèrent à un parti sont généralement en minorité. Les indécis ne sont pas forcément désintéressés de la politique. Souvent, les indécis amplifient le rapport de force déjà identifié par les sondeurs. C’est rare qu’ils changent la donne. La plupart du temps, ils suivent la tendance. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat pour l’heure.»

 
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