Que sont-ils devenus ? Alain Laridon, ancien député au n°4: «J’ai foi et espoir en la jeunesse mauricienne»

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Alain Laridon, qui est passé du MMM au PTr, est un passionné de la géopolitique. Son temps libre, il le consacre entre autres à la lecture.

Il ne compte pas retourner sur la scène politique. Alain Laridon, 64 ans, ancien député de la circonscription n°4 (Port-Louis Nord–Montagne-Longue), préfère, dit-il, aider les jeunes à s’engager dans la politique. Cela, avec discipline et une bonne formation. Car il a «foi et espoir en la jeunesse mauricienne».

Ce père de famille explique qu’il fait quotidiennement de la politique, que ce soit sur le plan national ou  international. «Je milite encore pour que la République arabe sahraouie démocratique obtienne son indépendance. C’est un engagement de ma part. En ma capacité d’ex-ambassadeur du Mozambique, basé à Maputo, j’échange mes idées à travers des interfaces sur la politique internationale avec d’autres pays de la région car je suis un passionné de la géopolitique.»

Outre d’escalader la montagne des Signaux, Alain Laridon consacre son temps libre à la lecture. D’ailleurs, il lit actuellement The Conversation, de Maurice Ramono. Ce dernier le passionne car il avait réalisé une interview de feu Fidel Castro. «Il faut dire que j’apprécie Fidel Castro pour sa lutte contre la résistance américaine. Pendant 50 ans, les Américains ont boycotté son pays. Pour moi, c’est un symbole du combat progressiste qui est parti. Je regrette aussi le départ de Paul Vergès, une icône de la région et un grand ami de Maurice.»

C’est vers la fin de 1967, à l’âge de 15 ans, qu’Alain Laridon débute sa carrière politique, au sein du Mouvement militant mauricien (MMM). Mais il est maintenant membre du Parti travailliste (PTr). Pourquoi cette transition ? «Les deux partis sont démocrates. Toutefois, je ne me sens pas du tout à l’aise avec ces nouveaux membres qui ont intégré le MMM. Je me sens plus à l’aise au sein du PTr. De plus, je suis très attaché à la lutte de feu Guy Rozemont pour les travailleurs. J’admire le parti rouge car il a à son actif plus de trois-quarts de siècle d’existence.»

Le sexagénaire vit actuellement au Ward IV, à Port-Louis. «Ce quartier me passionne car d’une part, il a produit d’innombrables personnalités du pays. Et d’autre part, toutes les communautés y ont élu domicile.» Alain Laridon est pourtant né à Vallée-Pitot. Il a grandi aux côtés de sa grand-mère, qui donnait des leçons particulières à la famille Bissoondoyal, et de son grand-père, qui était un militant progressiste. Son oncle animait le défunt journal Zamana, qui évoquait les petites misères des gens ou encore l’éducation de la masse, et défendait ceux issus des régions rurales.

Analysant la situation politique de Maurice, Alain Laridon est d’avis que le Premier ministre (PM), sir Anerood Jugnauth (SAJ), a tort de passer le flambeau à son fils sans passer par les élections générales. «Les Mauriciens ont horreur que le choix du PM soit issu d’un calcul arithmétique. Pour moi, c’est un coup d’État de palais qu’ils tentent de faire. S’ils persistent dans cette voix, ils vont le payer très cher. J’espère que SAJ va se ressaisir avec la recomposition qui s’opère sur la scène politique.»

Alain Laridon se souvient d’ailleurs qu’en 1968, après la guerre raciale, de nombreux Mauriciens avaient quitté le pays pour immigrer en Australie. «Maurice était à genou et le pessimiste régnait en maître.» Par la suite, avance-t-il, il y a eu une grande réflexion sur le thème Une autre île Maurice possible, organisée par le Club des étudiants.

«C’est à ce moment précis que j’ai rencontré le quatuor de l’intelligentsia mauricien : Dev Virahsawmy, Paul Bérenger, Heeralall Bhugaloo et Jooneed Jeerooburkhan. Des patriotes qui ont cru en l’avenir du pays…» Des personnalités qui l’avaient marqué.

En 1973, se souvient le sexagénaire, le MMM passe par sa première crise, à la suite d’une grève générale. Ce qui a finalement débouché sur la création d’une université populaire. De 1973 à 1978, on organisait chaque après-midi des débats sur la société. «On étudiait le marxisme, le maoïsme, la libération sexuelle, les thèses d’Einstein et la science politique en général.»

Et vers les années 1977, Alain Laridon décide de cofonder la Fédération des travailleurs unis, qui avait à cette époque Alan Ganoo comme conseil légal. Dev Virahsawmy et l’historien Peter Craig y ont beaucoup contribué. «Je suis resté au sein de cette fédération syndicale jusqu’à 1987, date à laquelle j’ai été élu député correctif de la circonscription n°4.»

En outre, Alain Laridon soutient avoir participé à de nombreux meetings en compagnie du syndicaliste Auguste Follet afin de «militer pour que les Chagossiens puissent retrouver leur dignité». D’ajouter qu’ils ont, avec les frères Michel, mis sur pied le mouvement Solidarité mauricienne anti-apartheid pour militer pour le démantèlement du régime apartheid en Afrique du Sud.

Et maintenant, dit-il, au lieu de se concentrer sur des sujets qui vont améliorer la qualité de vie des Mauriciens, on constate que des charcutiers sont en train de saucissonner la Constitution. «Nous avons réussi à bâtir ce pays après tant d’années. Je pense que tous les progressistes doivent travailler ensemble pour contrecarrer ces éventuelles tentatives d’amender la Constitution. Ce que Xavier-Luc Duval a fait est très salutaire pour le pays.»

Pour les prochaines élections, Alain Laridon affirme qu’il ne sait pas si les trois partis de l’opposition, à savoir le Parti mauricien socialdémocrate, le MMM et le PTr, iront ensemble pour faire face à l’alliance Lepep. «Mais une chose est sûre… Dans les années 70, il y a eu la création d’un front commun des partis politiques malgré des divergences politiques. Je pense que cette formule peut à nouveau refaire surface sur des sujets qui touchent directement la liberté d’expression, la démocratie et l’amendement de la Constitution. Un front commun contre les dérives sera salutaire pour le pays.»

  • 1977 : Cofondateur la Fédération des travailleurs unis
  • 1987 - 1991 : Député de la circonscription n°4 (Port-Louis Nord–Montagne-Longue)
  • 1988 : Président Ex-Servicemen Welfare Fund
  • 1991-1995 : Secrétaire parlementaire privé
  • 2006 : Ambassadeur au Mozambique
  • 2013 : Conseiller au ministère de la Pêche.
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