Xavier-Luc Duval: «Cette affaire a pour toile de fond l’amendement à la Constitution précipité»

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Le leader des bleus donne rendez-vous aux journalistes à une conférence de presse dans les jours à venir.

Le leader des Bleus donne rendez-vous aux journalistes à une conférence de presse dans les jours qui viennent.

«Le jour où le PMSD quitte le gouvernement, il y a un black-out général.» C’est sur un ton humoristique que Xavier-Luc Duval (XLD) a abordé la presse vers 17 h 45, le lundi 19 décembre. Il a confirmé que les dix autres députés bleus lui ont emboîté le pas. «Cette affaire a pour toile de fond l’amendement à la Constitution précipité. Maurice doit rester un pays civilisé», a-t-il déclaré.

Le Parti mauricien social-démocrate (PMSD) a surpris tout le gouvernement hier. Dans les rangs de la majorité, nul ne s’attendait à une démission collective. Et pourtant, les 11 députés bleus ont bel et bien claqué la porte pour rejoindre l’opposition. Que s’est-il donc passé ?

Au PMSD, on indique que les premiers signes de malaise concernant le Prosecution Commission Bill ont commencé dès le dernier Conseil des ministres. «La rétroactivité de la loi n’a pas fait l’unanimité», fait-on comprendre. Cependant, c’est XLD lui-même qui a présidé le comité interministériel et qui a proposé les 36 mois de rétroactivité. «Il l’a fait car d’autres ministres ont proposé deux ans, voire plus. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y avait pas de divergences d’opinions», indique-t-on.

Le leader des Bleus n’a pas voulu, lui, apporter plus d’éclaircissement. Il a préféré donner rendez-vous aux journalistes à une conférence de presse dans les jours à venir.

Plus que la rétroactivité, c’est la précipitation qui semble avoir irrité le PMSD. «Le PMSD a demandé du temps pour se pencher sur le projet de loi», confirme-t-on du côté du gouvernement. Une requête qui n’aurait pas été agréée.

Chez les Bleus, on indique que quelques mois de concertation auraient été appréciés. «Nous n’avons pas compris cet empressement, cette volonté d’amender la Constitution pendant la période des fêtes. Où est l’urgence ? Pourquoi ne pouvions-nous pas discuter calmement et analyser toutes les conséquences de ce projet de loi ?» se demande-t-on.

Quant au leader du MSM, Pravind Jugnauth, il a confirmé hier que le projet de loi visant à revoir les pouvoirs du DPP n’a pas fait l’unanimité. Dans une fonction à Ripailles, il a souligné à la presse : «Finn éna diverzans apré inn éna konsansus. Projet de loi inn sirkilé mé malgré sa inn éna diverzans.» D’ajouter être triste et pris au dépourvu par la démission des 11 députés du PMSD. Pravind Jugnauth a également soutenu que les deux leaders se sont rencontrés plus tôt dans l’après-midi. Le ton était «cordial» et les deux hommes ont eu l’occasion de s’exprimer sur les points mis en avant.

Pourtant, au départ, c’était une rencontre avec le Premier ministre qui était prévue. Des émissaires bleus, dont Mamade Khodabaccus et Roshan Seetohul, ont d’ailleurs fait le va-et-vient au bâtiment du Trésor.

La rencontre n’a pu se faire dans un premier temps, la raison étant un «malentendu par rapport au point du rendezvous». Par la suite, l’absence des députés du PMSD au Conseil des ministres aurait irrité le Premier ministre. À sa sortie du bâtiment du Trésor, il n’a fait aucun commentaire et la réunion avec l’état-major du PMSD n’a pas eu lieu.

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