Rivière-du-Poste: les villageois réclament l’accès à l’ancien pont ferroviaire

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Bagwandass Boolaky devant le pont dont l’accès est bloqué.

  Bagwandass Boolaky devant le pont dont l’accès est interdit.  

Ancien pont permettant le passage des trains à l’époque, il est aujourd’hui un raccourci pour rallier les deux parties d’un village coupé en deux par la Rivière-du-Poste. Ayant connu l’usure du temps, son accès est à présent interdit aux habitants qui, eux, demandent son rétablissement au plus vite.

Ce pont situé dans le village de Rivière-du-Poste ne passe pas inaperçu. Peint en rouge, il saute également aux yeux à cause de son style. En métal, il est clairement la marque d’une autre époque, celle où les trains circulaient encore dans le pays. Patrimoine mais aussi utile aux villageois pour rallier un point à un autre, l’accès en a été interdit cette année car il est abîmé.

Les habitants réclament sa réhabilitation au plus vite car c’est un raccourci qui leur est très utile.

«Ce pont c’est un patrimoine pour notre village et nous voulons qu’il soit maintenu dans un bon état», explique Bagwandass Boolaky, président du conseil de village de Rivière du-Poste. Ce pont ferroviaire de Rivière-du-Poste fut inauguré en 1876. Il faisait partie du tracé de la ligne de Savanne, reliant Rose-Belle à Rivière-du-Poste. «Ce pont permet aussi de traverser la Rivière-du-Poste, qui coupe le village en deux, et ce depuis l’époque où les trains roulaient encore à Maurice. C’est aussi une attraction touristique locale», raconte le président.

En effet, un côté de cette localité se trouve dans le district de Grand-Port et l’autre dans celui de Savanne, à cause d'un cours d’eau. Selon Bagwandass Boolaky, par le passé, il n’y avait pas le pont plus récent que les véhicules utilisent actuellement. «Les gens traversaient sur des madriers des deux côtés alors que le train passait sur la partie centrale», se souvient-il. Celui qui est né et a grandi dans ce village, raconte qu’à cette époque, encore élève, il regardait le train traverser à partir de la cour de l’école. Puis dans les années 1960, les trains ont commencé à  disparaître petit à petit du paysage local. «En 1963, les trains ont arrêté définitivement d’utiliser le pont», se souvient-il.

Depuis l’arrêt des trains, le pont est très utile pour les habitants de la localité. Désormais accessible seulement à pied, il est devenu un passage incontournable pour des centaines d’habitants. L’espace jadis fait de rails a été recouvert de plaques de métal afin de faciliter le passage aux piétons. «Comme le village est coupé en deux, les services de base se trouvent aussi à une extrémité, dépendant du coin de village où vous vivez», résume le conseiller de district, Kailash Boyragee.

Il explique que des centaines de parents et d’écoliers traversent d’un bout à l’autre le pont car l’école primaire se trouve d’un côté et l’école maternelle de l’autre. Il en va de même pour la poste et le village hall. «Ce pont est un raccourci qui nous fait gagner du temps. On rallie les deux parties en moins de cinq minutes grâce  à ce pont ferroviaire alors que par la route, c’est au moins 10 à 15 mins de marche», dit-il.

Il y a aussi l’aspect pittoresque de ce pont rouge, que beaucoup viennent visiter. Surplombant la deuxième plus grande rivière du pays, il offre une magnifique vue sur l’eau et les belles cascades qui se trouvent en contrebas. Il y a aussi le cachet historique d’un des derniers vestiges de la période ferroviaire que touristes comme Mauriciens aiment à venir apprécier. Si, pendant longtemps, ce pont a été maintenu dans un bon état, il y a eu un laisser-aller vers la fin des années 1990. «Il n’y avait pas d’entretien et, depuis cette année, l’accès est fermé car le fer est abîmé. Il y a des trous tout le long du parcours et c’est un danger», continue le président du village. En effet, sur place, une plaque de fer, rivée aux deux extrémités du pont, indique que l’accès est fermé. Si les habitants sont conscients du danger, car ils voient comment le pont est abîmé, ils souhaitent pouvoir l’utiliser à nouveau au plus vite. Comme l’explique encore Kailash Boyragee, ce pont est le seul qui soit assez haut pour ne pas être touché par l’eau quand la Rivière-du-Poste est en crue.

«On nous a dit qu’il allait y avoir des réparations mais nous ne voyons rien venir et c’est pour cela que nous attirons l’attention des autorités afin que le pont ne tombe pas dans les oubliettes. C’est un patrimoine que nous voulons conserver», insiste Bagwandass Boolaky. Kailash Boyragee souhaite, lui, que la NDU s’occupe des travaux car cette instance a selon lui le fonds et l’expertise nécessaires pour mener à bien ces réparations.

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