Bilan après deux ans: l’économie océanique en pleine ébullition

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De nouvelles cages flottantes ont été distribuées aux associations de pêcheurs et aux coopératives sur des sites prescrits.

De nouvelles cages flottantes ont été distribuées aux associations de pêcheurs et aux coopératives sur des sites prescrits.

Aquaculture, fermeture de la pêche à l’ourite, enregistrement de palangriers thoniers, conservation du parc marin ont été les maîtres mots du ministère de la Pêche, placé sous Premdut Koonjoo.

Rs 5 Mds investies dans l’aquaculture

Une des priorités du gouvernement et du ministère de l’Économie océanique, des ressources marines, de la pêche, du transport maritime et des îles éparses cette année est de développer l’aquaculture. Le ministère en a même fait l’un des principaux moteurs de l’économie océanique. Un investissement qui s’élève à Rs 5 milliards.

Le Fisheries and Marine Resources Act a ainsi désigné 31 sites qui devraient être consacrés au développement de ce secteur. Une vingtaine d’entre eux aura des projets à grande échelle. Déjà, 18 sites ont trouvé preneurs et ont été alloués à des promoteurs privés.

De plus, le ministère a alloué six barachois à des promoteurs pour l’élevage de poissons, de crabes, d’huîtres et de concombres de mer. Dix nouvelles cages flottantes ont été acquises pour être distribuées aux associations de pêcheurs et aux coopératives sur les sites prescrits. Ce qui signifie que le programme de repeuplement du lagon se poursuit.

Judex Rampaul, président du Syndicat des pêcheurs :

«Notre syndicat condamne fermement la manière de pratiquer l’aquaculture. Au départ, il y avait dans ces barachois : la culture des ombrines et des gueules pavés. Toutefois, ces poissons n’ont pas une grande valeur marchande sur le marché international. Les responsables se sont donc rabattus sur les poissons bars qui ont une meilleure valeur marchande, mais c’est un danger pour notre biodiversité. Ils détruisent les coraux et mangent les poissons dans nos eaux. Ce qui est grave, c’est que plusieurs de ces poissons ont été pêchés en dehors des barachois, dans la région de Bambous-Virieux. Quant aux cages, les résidus de poisson qui en proviennent abîment le fond de mer. Les scientifiques qui ont pris ces décisions doivent en assumer la responsabilité.»


Fermeture de la pêche à l’ourite

Du 15 août au 15 octobre, le ministère de la Pêche a procédé à la fermeture de la pêche à l’ourite dans toutes les régions de Maurice. Une initiative qui vise à pallier le manque de pieuvre. Selon les statistiques, les prises avaient considérablement diminué ces dernières années. Mais elles ont nettement augmenté récemment.

Le poids moyen d’une prise avant la fermeture était de 668 g. Après la réouverture, la moyenne était de 1,5 kg. Un pêcheur a même capturé une ourite de 9 kg.

Ce programme a bénéficié du concours de plusieurs ONG dont le programme des Nations unies pour le développement, la Mauritius Marine Conservation Society, la Reef Conservation, Eco Sud, Eco Mode ainsi que la police entre autres.

Des amendements ont été apportés au Fisheries and Marine Resources Act pour que la fermeture de la pêche à l’ourite soit décrétée du 15 août au 15 octobre chaque année. Les contrevenants à cette loi sont paisibles d’une amende allant jusqu’à Rs 50 000. Cette mesure ne touche pas Rodrigues.

Judex Rampaul:

«La marée n’est pas la même qu’à Rodrigues où elle est plus sèche. On ne peut donc pas pêcher l’ourite comme là-bas. Ici, les pêcheurs doivent marcher sur les coraux ou s’adonner à la plongée sous-marine pour pêcher l’ourite. Ce qui, je vous le rappelle, est illégal à Maurice. Je demande donc au ministère de revoir les conditions des pêcheurs d’ourites et de leur délivrer un permis spécial pour qu’ils puissent pratiquer leur métier.»

Subvention pour des bateaux

Le ministère a décidé de subventionner les pêcheurs pour l’achat des bateaux de pêche.

Ces embarcations rendront possible la pêche en haute mer. Les pêcheurs enregistrés au ministère sont susceptibles de bénéficier de 50 % du prix de cette embarcation. Soit une somme de Rs 200 000. En 2015, la Development Bank of Mauritius (DBM) a approuvé 11 projets de ce type. Le ministère procède actuellement à la deuxième phase du projet avec un budget de Rs 5 millions. En 2016, huit bénéficiaires ont reçu un chèque auprès de la DBM.

Le Budget 2016-2017 a également fait provision pour que le programme de subvention aux bateaux se poursuive dans les années à venir. Il prévoit aussi une subvention de 50 % aux coopératives jusqu’à un plafond de Rs 4 millions. Une mesure qui devrait permettre à ces sociétés d’acquérir des navires de pêche semiindustriels. Le ministère est en passe de finaliser le projet proposé avec la collaboration de la MauBank.

Judex Rampaul:

«La subvention pour les bateaux est une bonne initiative que le ministre des Finances a incluse dans le Budget. Nous avons rempli toutes les exigences pour pouvoir obtenir celleci. Nous avons créé une coopérative après juillet 2015 comme c’est stipulé. Toutefois, nous n’avons pas encore obtenu de subvention. Je lance un appel pour que les pêcheurs professionnels en bénéficient effectivement.»

Développement de la pêche au thon

Afin de développer l’industrie thonière, le ministère a permis à Afritex Ventures Ltd d’enregistrer cinq palangriers thoniers, des bateaux conçus pour la pêche au thon. Avec cette mesure, l’État veut développer la flotte nationale pour cette activité.

Ces navires pêchent le thon tropical pour l’exportation principalement. Afritex Ventures Ltd a l’intention d’augmenter sa flotte à 10 avant la fin de 2017.

Chaque bateau de pêche créera 15 emplois directs et 12 auxiliaires. L’investissement initial est estimé à environ Rs 35 millions. Le but étant d’accroître la production locale de poissons, de contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable du secteur de la pêche et de fournir les usines en matières premières. Le ministère veut également la réduction des importations de poissons et de produits de la pêche.

Nicolas Von Mally :

«C’est une mesure qui vise à accroître les prises. Cependant il ne faut pas oublier que notre Zone économique exclusive n’est pas aussi poissonneuse en comparaison avec les Seychelles ou les Maldives. Il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas de surpêche. Ce qui nuirait à l’industrie.»

Le parc marin de Blue-Bay

Protéger l’écosystème et la diversité biologique des eaux mauriciennes est l’un des points importants de la vision du gouvernement en vue de développer l’économie bleue. Le parc marin de Blue-Bay est l’une des zones marines protégées de Maurice. Il est reconnu pour son paysage sous-marin d’une richesse impressionnante en termes de faune et de flore marines.

Le parc marin de Blue-Bay a d’ailleurs remporté le certificat d’excellence de Tripadvisor. C’est le comité Ramsar qui avait proposé l’aménagement d’un tel site. Ce qui s’est concrétisé en juin de cette année. Ce centre est doté de plusieurs installations qui permettent aux scientifiques de veiller à la conservation et à la protection de la biodiversité marine. Le parc est délimité en différentes zones pour la réalisation de certaines activités.

Nicolas Von Mally, ancien ministre de la pêche :

«C’est une bonne chose. Mais il faut que les autorités limitent l’accès au parc. Il y a toujours des demandes pour que davantage de plaisanciers viennent le faire visiter aux touristes. Il faut que l’accès soit bien contrôlé et que davantage d’agents soient désignés pour sa surveillance. Il faut aussi faire la part belle aux espèces endémiques. J’avais également proposé d’installer des bouées afin que les plaisanciers puissent y attacher leurs bateaux. Cela éviterait qu’ils jettent l’ancre et abîment les coraux.»

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