Alcool: les chiffres font peur

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La commercialisation de vin est la seule à avoir diminué. Mais les fêtes n’ont pas encore commencé.

La commercialisation de vin est la seule à avoir diminué. Mais les fêtes n’ont pas encore commencé.

Le constat est alarmant. Selon les chiffres de la Mauritius Revenue Authority (MRA) la consommation de boissons alcoolisées a grimpé cette année. À titre d’exemple, une hausse de plus de 135% du nombre de litres de liqueur commercialisée a été enregistrée. De 1,6 million de litres de janvier à novembre 2015, le chiffre est passé à 3,9 millions cette année. La consommation de bière enregistre une hausse également, passant de 30,8 millions de litres en 2015 à 32,5 millions de litres. La consommation de spiritueux et de vins montre un léger recul, soit quelque 100 000 litres de moins en 2016.

Ainsi, il est clair que la hausse des prix de ces produits ne décourage pas la consommation. Du reste, Jayen Chellum, de l’Association des consommateurs de l’île Maurice, est d’avis que les hausses consécutives des prix de ces produits ne sont qu’un moyen d’augmenter les revenus de l’État grâce aux taxes récoltées à la vente. «Pour que ces hausses de prix aient une influence dissuasive sur la consommation, l’État devrait réinvestir l’argent récolté dans des structures bien ficelées de prévention et d’éducation ainsi que de réhabilitation», affirme Jayen Chellum.

«Banalisation» du problème de l’alcoolisme

Véronique d’Unienville, présidente et fondatrice de l’association Étoile d’Espérance, abonde dans le même sens. Elle parle d’une «banalisation» du problème de l’alcoolisme à Maurice. Elle déplore le fait que les dirigeants politiques, économiques voire religieux, ne parlent pas assez de ce problème. Ils mettent beaucoup l’accent sur la drogue, le sida et la violence, alors que ces problèmes de société démarrent souvent par l’abus d’alcool. «On ne parle pas assez des méfaits et des conséquences de cette maladie. Par exemple, la plupart des cas de violences domestiques ou sociales et des accidents de la route causant des morts sont dus à l’abus d’alcool», fait ressortir Véronique d’Unienville.

Le ministre de la Santé, Anil Gayan, luimême, dénonçait lundi dernier, à Mahebourg, la surconsommation d’alcool de la population mauricienne. Ce qui a, selon lui, une incidence conséquente sur la santé publique. Il a expliqué que des 500 personnes amputées chaque année dans les hôpitaux, 300 cas sont liés à l’alcool et au diabète.



 

Les mauvaises habitudes perdurent

Plus de 2 000 conducteurs verbalisés de janvier à octobre 2016 pour conduite en état d’ivresse. C’est presque le même nombre de contrevenants qu’en 2015. Les contrôles de la police et la majoration des amendes à Rs 10 000 pour un alcotest positif n’y ont rien changé. En octobre, 247 conducteurs ont été épinglés, 44 de plus qu’en septembre.


 

La Tourism Authority durcit le ton pour les festivités

Pendant la période de fin d’année, la Mauritius Tourism Authority (MTA) met les bouchées doubles pour s’assurer que les restaurants et les boîtes de nuit opèrent dans le cadre de la loi. La juridiction en ce qui concerne les fonctionnements est claire mais, chaque année, surtout pendant la période des festivités, plusieurs propriétaires de restaurants et autres lieux de sorties se laissent aller.

La Tourism Authority a adressé un courrier aux patrons de ces établissements cette semaine pour leur rappeler les règlements. Cette correspondance demande aussi aux propriétaires d’établissements d’aider les clients qui ont pris quelques verres de trop. «Nous ne pouvons pas obliger les gérants des établissements d’empêcher les clients de partir car aucune loi n’existe en ce sens. Mais nous leur demandons de les aider en appelant un taxi ou un service de chauffeur», explique Robert Desvaux, président de la MTA.

Les effectifs ont été renforcés. Les descentes surprises et les inspections sont de plus en plus fréquentes. Les cas d’effractions les plus graves sont la présence de mineurs dans les boîtes de nuit. L’amende est d’au moins Rs 10 000. «Mais cela ne décourage pas les propriétaires. Pendant les vacances scolaires, la situation empire», explique un policier qui était anciennement à la Brigade des mineurs. L’année dernière, une dizaine de cas ont été recensés.

Le nombre d’alcotests augmente

La police augmentera le nombre de contrôles routiers dès le 15 décembre. Cet exercice comprend notamment des alcotests menés à travers l’île. C’est ce qu’a appris «l’express» d’une source aux Casernes centrales. «Nous effectuons déjà des tests d’alcoolémie plusieurs fois par semaine, mais la fréquence augmentera puisque nous aurons plus d’effectifs sur le terrain», déclare-t-elle. Par ailleurs, le sergent Barlen Munusami, qui vient de publier la 8e édition du «Guide complet du conducteur», soutient que les conducteurs ne devraient pas être les seuls à être vigilants. «Les parents ou amis qui accompagnent un conducteur doivent l’encourager à ne pas consommer d’alcool», dit-il.

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