Sangeet Fowdar: «On observe un grand mécontentement parmi la population»

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Sangeet Fowdar, député du Muvman Liberater de la circonscription no 6.

Sangeet Fowdar, député du Muvman Liberater de la circonscription nº 6.

Le «backbencher» du gouvernement revient sur les questions qu’il a posées sur la Public Service Commission, mardi, au Parlement. Déplorant le chômage, il fait valoir que dans des circonscriptions de certains ministres, il y a beaucoup plus de gens qui ont obtenu un emploi.

Dans une semaine, cela fera deux ans que l’alliance Lepep est au pouvoir. Quel bilan dressez-vous de son passage au pouvoir ?

On observe un grand mécontentement parmi la population. Nou bizin pa anbet nou mem. Il y a notamment le problème du chômage et le manque de développement économique. Les gens sont déçus, surtout lorsqu’ils constatent que certains proches des ministres obtiennent des postes importants.

Mais cette alliance a encore trois ans pour rectifier le tir. Je souhaite que ce mécontentement cède la place au contentement…

Le problème du chômage est-il inquiétant dans les villages de votre circonscription ?

C’est un problème qui affecte le pays tout entier. Ce n’est pas seulement dans ma circonscription.

Pourtant, réduire le taux de chômage était une des grandes promesses de l’alliance Lepep ?

Oui, si on analyse les chiffres, en termes de pourcentage, le taux de chômage a baissé. Mais sur le terrain, on constate qu’il y a beaucoup de jeunes diplômés qui sont au chômage. Je dois toutefois préciser que c’est un problème qui date.

Au Parlement mardi, vous aviez fait état des pouvoirs de la Public Service Commission (PSC) qui sont délégués aux ministères pour le recrutement. Avez-vous le sentiment que certains ministres protègent des personnes venant de leurs circonscriptions ?

Mais ce n’est pas une coïncidence que dans des circonscriptions de certains ministres, il y a beaucoup plus de gens qui ont obtenu un emploi…

…Quel ministère par exemple ?

Non, je ne vais pas citer un quelconque ministère.

Mais y a-t-il un ministre dans votre circonscription ?

Je ne veux pas commenter. Cependant  laissez-moi vous dire que si les Supervising Officers, responsables du recrutement au sein des ministères, n’ont pas fait leur travail correctement, ils devront répondre de leurs actes. Tout peut être vérifié.

Peut-on parler de l’ingérence politique dans le recrutement effectué au niveau des ministères ?

Cela saute aux yeux. Le Premier ministre (PM) a dit qu’il pourrait y avoir une enquête. Nou ava gété. Mais pour moi, la solution est que la PSC cesse de déléguer ses pouvoirs aux ministères. Cela a existé depuis des années. Finissons-en avec cette pratique une bonne fois !

Vous avez également interpellé le PM sur la nomination des personnes siégeant au sein de la PSC, la Local Government Service Commission et la Police Service Commission. Pourtant, ces nominations sont faites avec l’accord du leader de l’opposition. Qu’y a-t-il de mal ?

Pour moi, ces personnes n’ont pas la compétence en matière de ressources humaines. J’aurais souhaité que ces commissaires soient recrutés selon leurs qualifications et mérites. Du coup, ils auraient, à leur tour, recruté des personnes plus compétentes. Ainsi, nous aurions eu une fonction publique plus efficiente.

Outre ces deux questions, nous constatons que vos questions sont souvent embarrassantes pour le gouvernement. Comme dans le cas Betamax…

Vous me donnez l’occasion de faire part de ma colère face à ce dossier. D’abord, qui remboursera les réclamations de Betamax, qui s’élèvent je crois à Rs 6 milliards ? Le public ? Ou alors la STC a-t-elle un fonds pour faire face à de telles réclamations ? Je doute fort que la STC ait cherché l’avis légal de la State Law Office avant de résilier le contrat de Betamax.

Lors d’une question supplémentaire, vous avez demandé comment améliorer la performance de Maurice en Afrique lorsqu’une personne, en l’occurrence Arjoon Sudhoo, est à la tête de trois institutions. Pourquoi cette question ?

Je ne doute pas une seule seconde de la compétence d’Arjoon Sudhoo. Cependant, il est le directeur général du Mauritius Research Council, président du board d’Air Mauritius et président de la Mauritius Renewable Energy Agency. Ce sont trois institutions importantes. Je me demande comment il pourrait être efficace avec tout ce qu’il a sous sa charge. Je crois qu’il faut une personne pour chaque institution afin d’avoir de meilleurs résultats.

Vous vous êtes aussi élevé contre certains présidents d’institutions gouvernementales. Que leur reprochez-vous ?

Il leur faut absolument un code de conduite. Car ces présidents sont nombreux à agir comme des Chief Executive Officers. Ils sont présents toute une journée au sein des institutions et se permettent de donner des directives aux employés, alors qu’ils sont censés être là rien que lors des réunions des boards.

Venons-en à un sujet très commenté par la population : la passation des pouvoirs. Êtes-vous d’accord que Pravind Jugnauth succède à son père ?

Moi, je n’ai rien contre la passation des pouvoirs entre sir Anerood Jugnauth (SAJ) et Pravind Jugnauth. Mais ce dont je ne suis pas d’accord, c’est qu’on est dans l’incertitude totale. Il y a trop de spéculations autour de cette passation des pouvoirs. SAJ a fait son temps. Il devrait passer le flambeau à Pravind Jugnauth. Le plus vite Pravind Jugnauth devient PM, le meilleur ce sera pour le pays.

Donc, selon vous, il est temps que SAJ parte…

Je vous le répète… SAJ a fait beaucoup de bien au pays, mais aujourd’hui je constate qu’il n’en peut plus. Il est fatigué. C’est comme si on demandait à la grande légende du football Pelé de venir disputer une finale et de marquer des buts !

Il y a aussi un autre problème. C’est Pravind Jugnauth qui est leader du MSM. Il a choisi les ministres de son parti et c’est SAJ qui les a nommés. Et aujourd’hui, ces ministres sont redevables envers SAJ, qui n’est pas le leader du parti et qui ne siège pas au bureau politique du MSM. C’est un véritable problème.

Vous avez été ministre au sein du MMM entre 2000 et 2005. Avez-vous la nostalgie de cette époque ?

Je mentirai si je vous dis non. J’ai encore beaucoup de respect envers le leader du MMM, Paul Bérenger. C’est un grand travailleur et un homme de principe.

Vous avez aujourd’hui un nouveau leader. Quelle différence faites-vous entre Collendavelloo et Bérenger ?

Ivan Collendavelloo est un ami de longue date (depuis que nous étions au MMM). Chacun a son style et je m’abstiendrai de faire des commentaires.

Il y a de fortes rumeurs selon lesquelles vous aviez rencontré Navin Ramgoolam durant ces dernières semaines…

Je l’ai rencontré mercredi lors des funérailles de l’épouse de Rashid Beebeejaun. Tout comme j’ai rencontré Satish Faugoo et Anil Bachoo. Cela ne veut pas dire que je suis devenu travailliste. De toute façon, je suis un homme indépendant et je suis libre de mes actions.

Serez-vous candidat aux prochaines élections générales ?

Oui.

Sous quel parti ?

Actuellement, je fais partie de l’alliance Lepep. Donc, pour l’instant, il n’est pas question de penser à un autre parti.

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