Chagos: plus question d'attendre 2017 pour l'ONU

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Olivier Bancoult (au centre) et des membres du Groupe Réfugiés Chagos, hier, devant le PMO

Olivier Bancoult (au centre) et des membres du Groupe Réfugiés Chagos, hier, devant le PMO

Le comité parlementaire sur les Chagos s’est réuni hier, mercredi 23 novembre. Le refus de la Grande-Bretagne que les îlois retournent dans l’archipel a été la goutte d’eau.

Le couperet est tombé hier après-midi du côté du bureau du Premier ministre (PMO) sur le dossier Chagos. Maurice s’en remet instamment à l’Organisation des Nations unies, pour trancher la question de la souveraineté de Maurice sur cet archipel. Il n’est plus question pour Maurice d’attendre juin 2017 pour faire passer sa résolution en vue de recourir à un arbitrage international.

C’est ce qui ressort de sources concordantes à l’issue de la réunion du comité parlementaire sur les Chagos tenue hier au bâtiment du Trésor sous la présidence du Premier ministre (PM) sir Anerood Jugnauth. C’est la première fois que ce comité se réunit après l’annonce de Londres, le 16 novembre, d’accorder une compensation de Rs 1,8 milliard à la place d’un retour des Chagossiens dans leurs îles natales.

L’exaspération de Maurice découle des récentes prises de position de Londres. Le 16 novembre, au Parlement britannique, la baronne Anelay of St Johns, ministre des Affaires étrangères britannique, annonçait l’opposition réitérée de la Grande-Bretagne à un retour des Chagossiens sur leur terre natale. Les raisons avancées sont principalement d’ordre sécuritaire et économique.

La baronne Anelay of St Johns avait ajouté que l’accord entre les États-Unis et la Grande-Bretagne «a été prolongé de vingt ans, jusqu’à 2036». L’archipel des Chagos est une base militaire américaine depuis que la Grande-Bretagne a signé un pacte avec les États-Unis en 1966 pour les autoriser à utiliser Diego Garcia à des fins militaires. Le bail d’alors couvrait 50 ans.

D’un point de vue économique, Londres considère que le repeuplement des Chagossiens est une barrière financière conséquente. Au lieu d’assumer le coût faramineux qu’incomberait à la Grande-Bretagne d’établir aux Chagos les premières bases d’un service public moderne et efficace, avec notamment un secteur de l’éducation et de la santé aux normes, dopées d’opportunités économiques réelles avec de vrais créneaux de création d’emplois, «le gouvernement britannique trouve que ça reviendrait moins cher d’aider financièrement les Chagossiens in situ dans les pays où ils se sont établis depuis ces nombreuses années».

À la sortie de la réunion du comité parlementaire sur les Chagos qui comprend le leader de l’opposition, Paul Bérenger, le chef de file du Parti travailliste au Parlement Shakeel Mohamed, le président du Mouvement patriotique Alan Ganoo entre autres, c’était motus et bouche cousue. Plus tôt, le PM s’était entretenu avec Olivier Bancoult, leader du Groupe Réfugiés Chagos.

Au centre des débats, principalement la rencontre de lundi entre le représentant des Chagossiens et Jonathan Drew, haut-commissaire britannique à Maurice. L’ordre du jour n’a pas été révélé, Olivier Bancoult préférant attendre la conférence de presse du groupe prévue dimanche à Pointe-aux-Sables.

Tard hier, le PMO a émis un communiqué de presse faisant état des principaux points abordés au cours du comité ainsi que de la rencontre entre sir Anerood Jugnauth et Olivier Bancoult. Ce communiqué peut être consulté sur le site lexpress.mu. Sollicité par l’express pour une réaction, le porte-parole du haut-commissariat britannique est resté injoignable.

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