Affaire Boskalis: la cour de Rotterdam très irritée par les interruptions du tribunal mauricien

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Prakash Maunthrooa (centre) accompagné de l’un de ses avocats, Me Nadeem Aullybocus (à dr.), devant la cour intermédiaire, lundi 21 novembre.

Prakash Maunthrooa (centre) accompagné de l’un de ses avocats, Me Nadeem Aullybocus (à dr.), devant la cour intermédiaire, lundi 21 novembre.

Six heures. C’est la durée de l’audition des témoins dans l’affaire Boskalis lundi 21 novembre. Ce qui n’a guère plu aux membres de la cour de Rotterdam. D’autant plus que la visioconférence a été marquée par de nombreuses interruptions et pauses du côté de la cour intermédiaire de Maurice. Tant et si bien que la partie néerlandaise a fini par interrompre l’audience sans préavis…

Vers midi, pendant l’audience des deux témoins néerlandais, Antonious Théodorous de Goede et Jan Cornelis Haak, dans le cadre du procès intenté à Siddick Chady et Prakash Maunthrooa pour corruption et entente délictueuse respectivement, la défense a présenté trois motions. Et notamment une, soutenant que le premier témoin n’était pas «genuine». La magistrate Wendy Rangan les a toutes rejetées.

C’est alors que Me Said Toorbuth, l’avocat de l’ancien Chairman de la Mauritius Ports Authority, Siddick Chady, a réclamé la récusation de la magistrate pour que son client bénéficie d’un «procès équitable». Réplique de Me Rashid Ahmine, représentant le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) : «Ce sont des stratégies pour nous retarder. La défense aurait dû présenter cette motion avant la séance!»

Ainsi, vers 14 heures, la motion a été présentée au juge en référé de la Cour suprême, qui l’a rejetée. Même si le tribunal mauricien a demandé à la cour de Rotterdam de lui accorder du temps, celle-ci était très irritée que la Cour suprême tarde à trancher. «Nous n’apprécions pas que vous preniez autant de temps», a déclaré la juge néerlandaise

La séance a, par la suite, repris après plus de quatre interruptions du côté de la cour intermédiaire. Antonious Théodorous de Goede, Senior Enterprise Architect de la firme Boskalis, a expliqué à Me Rashid Ahmine qu’il avait personnellement récupéré un certain courriel. Alors que le représentant du DPP demandait au témoin si ce courriel avait un «time stamp», Me Siddhartha Hawoldar, l’homme de loi de Prakash Maunthrooa, a, une nouvelle fois, interrompu la séance en soulevant une objection.

Sortie sans préavis

Outre les motions et objections, l’audience a été perturbée par des problèmes techniques. Celle-ci a repris à 16 h 05. C’est alors que la cour de Rotterdam a demandé une pause déjeuner. Mais comme la magistrate Wendy Rangan a voulu avoir cinq minutes supplémentaires pour écouter Mes Said Toorbuth et Rashid Ahmine, la juge et les témoins néerlandais se sont levés et sont sortis du tribunal sans préavis.

Un geste qui a fortement déplu à la magistrate mauricienne. «Nous avons commencé l’audience à 9 h 30. Je pense que nous sommes tous dans la même situation et je n’ai pas apprécié la façon dont on m’a répondu», a-t-elle martelé.

Les débats sur le «time stamp» ont ainsi repris vers 17 heures. Me Rashid Ahmine a fait comprendre que celui-ci était nécessaire pour vérifier l’authenticité du document. Me Nadeem Aullybocus, du panel d’avocats de Prakash Maunthrooa, a alors soulevé une énième objection. Ce qui a irrité l’avocat du bureau du DPP : «Je ne veux plus être interrompu ou j’arrête ma présentation.»

De ce fait, la séance a été levée avant de reprendre 25 minutes après. Me Rashid Ahmine a expliqué qu’il veut déterminer si la date à laquelle le courriel a été envoyé est inscrite dessus. «Je ne demande pas de divulguer la date mais d’informer si elle figure bien sur le document.» Me Siddhartha Hawoldar a alors répondu que la poursuite ne peut demander au témoin de divulguer le contenu du courriel.

 C’est ainsi que la magistrate Wendy Rangan a informé la cour de Rotterdam qu’une décision sera prononcée le lundi 28 novembre concernant la divulgation du «time stamp», avant de procéder à l’interrogatoire du témoin. Et ce n’est qu’à la fin de l’audience que les hommes de loi mauriciens ont remarqué que la dernière partie de la séance s’est déroulée en l’absence de la juge néerlandaise…

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