Musheerl Maharaully : «Le défi à Maurice c’est de diversifier le marché»

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La société d’ameublement TFP fête, cette année, ses 65 ans. Un événement marqué par un rajeunissement de la direction. Musheerl Maharaully, le fils du CEO de TFP, parle de la réorientation du groupe et de son processus de modernisation.

TFP fête ses 65 ans d’existence. Quel bilan faites-vous des activités ?

 Je peux dire que les affaires marchent bien. Comparé à 2014, notre chiffre d’affaires a doublé. On a enregistré une croissance de 35 % par rapport à 2015.

Et qu’est-ce qui explique cette croissance ?

Tout d’abord, cela vient du choix des produits. Deuxièmement, le volet marketing y est pour beaucoup et c’est aussi une question d’innovation.

Parlez-nous du processus de restructuration que vous avez enclenché au niveau du groupe.

C’est une nécessité, car il devient impératif, de nos jours, de s’adapter à un monde qui évolue constamment. Aujourd’hui, il est obligatoire d’avoir un site Web, voire une plateforme de commerce en ligne. Il faut aussi un bon stock management. Nous avons recruté des analystes statistiques qui analysent continuellement le stock, la vente, les produits ou encore les importations. Ils font aussi des prévisions. Cela n’existait pas avant au sein de la compagnie. C’est un système que nous avons mis sur pied il y a un an.

De plus, nous avons ouvert un showroom en Australie, à Melbourne, il y a deux ans. Il est d’une superficie de 1 000 m2 . Nous avons déjà un site Web de vente en ligne qui marche très bien. Nous y vendons exclusivement des sofas que nous importons de Malaisie et de Chine. Nous avons également exporté un conteneur de meubles de Maurice vers l’Australie récemment.

Donc, nous avons des produits importés aussi bien que des produits fabriqués localement.

Quel pourcentage de votre production est fabriqué à Maurice à ce jour ?

 Environ 40 % de nos meubles sont fabriqués localement. Il faut savoir qu’auparavant, ce pourcentage était de 60 %.

Pensez-vous que la part locale risque de diminuer davantage au fil des années ?

 Oui, nous pensons que cela va arriver. Ici, nous avons un problème de qualité ; celle-ci est difficile à maintenir. Les clients sont très exigeants. L’importation garantit la qualité. Je sais que quand je commande une cargaison de meubles, il y a un contrôle de qualité.

J’étais récemment en Turquie, où j’ai visité une usine d’où on importe des meubles. Je peux vous dire qu’en termes de structure, d’innovation et de taille, Maurice ne fait pas le poids.

Justement, qu’en est-il du manque de main-d’œuvre dans le secteur de la menuiserie au niveau local ? Comment faites-vous pour pallier ce problème ?

Beaucoup de menuisiers ont le savoir-faire, mais il faut moderniser les modèles. Ce que nous faisons, c’est que nous nous inspirons des meubles que nous importons pour créer de nouveaux modèles. C’est une manière de garder notre empreinte locale tout en modernisant notre offre.

Comment le secteur a-t-il évolué ces dernières années ?

Je pense que, de nos jours, c’est beaucoup plus facile d’ouvrir un magasin, de partir en Chine, d’acheter des meubles pour les revendre. Il y a beaucoup plus de facilités au niveau de l’importation et du shipping.

À notre niveau, nos meubles sont différents des autres magasins. Nous travaillons avec des usines qui nous donnent des exclusivités, des usines qui sont très grandes. Pourquoi ?

Comparés à d’autres magasins, nous pouvons acheter de gros volumes. Et avec notre showroom en Australie, cela nous permet d’avoir un purchasing power et nous pouvons donc nous démarquer. C’est aussi une question de marketing.

On dit que le luxe ne connaît pas la crise. Qu’en est-il de votre marché ?

Les gens, de nos jours, veulent des choses différentes. Elles n’ont pas de problème à payer un peu plus pour la qualité. Le budget a augmenté comparé aux années précédentes. Quitte à prendre à crédit, les gens n’hésitent pas à miser sur la qualité. Notre marché, c’est surtout le middle market to middle high. On ne vise pas le haut de gamme dans l’immédiat.

Est-ce délibéré de ne pas choisir le marché haut de gamme ?

 Le marché high end à Maurice est très restreint. Mais dans nos perspectives d’avenir, nous envisageons définitivement d’ouvrir un showroom exclusivement pour le high end.

Quels sont les problèmes que vous avez observés au niveau du secteur de l’ameublement ?

 Le défi à Maurice, c’est de diversifier le marché. On ne peut pas se focaliser sur le même marché continuellement. Par exemple, il y a un an et demi, nous avons ouvert un showroom exclusivement pour la cuisine. Donc, au lieu de nous contenter de ce que nous faisons déjà, nous avons diversifié notre offre. Et nous avons d’autres plans de diversification. Nous visons surtout le marché australien pour l’expansion.

Pourquoi le marché australien en particulier ?

C’est un marché qui offre beaucoup d’opportunités, un pays qui est en plein boom. Ils ont un bon pouvoir d’achat et j’ai des meubles qui sont adaptés pour eux.

Quels sont vos projets phares ?

 Notre projet, c’est d’avoir un site Web centré sur la vente en ligne, avec plusieurs options, permettant aux clients d’acheter et de payer en ligne. Nous avons déjà un site Web, mais c’est tout le volet e-commerce qui est en préparation. À travers cela, nous visons une expansion régionale.

 Nous allons également ouvrir un showroom dans le Nord prochainement. Sur le long terme, nous souhaitons ouvrir un showroom high end à Maurice et ouvrir trois autres showrooms en Australie.

 TFP  en chiffres Nombre d’employés : 75 personnes Chiffre d’affaires : Rs 130 millions (prévu pour 2016) Nombre de succursales : 5 à Maurice et 1 en Australie.

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