Pharmacies privées: une pénurie de médicaments s’annonce

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L’enregistrement initial de chaque médicament coûte  Rs 5 000 aux importateurs et pharmaciens.

L’enregistrement initial de chaque médicament coûte  Rs 5 000 aux importateurs et pharmaciens.  

Cela n’arrivera pas tout de suite. «Mais dans une année à peu près, des médicaments manqueront sur le marché», prévient Nawaz Dauhoo, président de l’association des petits et moyens importateurs de produits pharmaceutiques. En cause : l’obligation faite aux opérateurs de ce secteur d’enregistrer les produits qu’ils importent.

L’enregistrement initial de chaque produit médicamenteux coûte Rs 5 000, alors que son renouvellement revient à Rs 2 000. Cette mesure a été avalisée par le Conseil des ministres en mars. Dans les milieux concernés, on fait comprendre que les importateurs ne souhaitent plus investir dans l’enregistrement de médicaments qui ne s’écoulent pas en grande quantité. Il s’agit notamment de médicaments dits orphelins, qui sont peu coûteux.

«L’enregistrement coûte énormément. J’importe près de 1 000 produits médicamenteux, par conséquent c’est Rs 2 millions que je dois trouver», lâche Nawaz Dauhoo. Ce qui fait qu’il préfère éliminer entre 300 et 400 médicaments de sa liste. Et plus précisément ceux qui ne se vendent pas beaucoup. «Nous, les importateurs, devons couvrir nos frais. Seuls les médicaments qui se vendent bien et sont rentables seront importés.»

Nawaz Dauhoo poursuit que des pertes d’emplois dans ce domaine semblent inévitables. «Nos frais restent les mêmes, nos dépenses augmentent. Les pertes d’emplois se dessinent également dans les années à venir.»

Idem du côté de Kentis Sooriamoorthy, pharmacien du privé. «Ce qu’on appelle des slow moving drugs ou des médicaments orphelins seront délaissés par les firmes importatrices. Ces médicaments ne se vendent pas beaucoup, mais sont importants.»

Selon ses dires, certains médicaments manquent déjà sur le marché. De citer des antidépresseurs, dont un qui n’a pas de substitut. Reste que les clients seront «pénalisés».

Kentis Sooriamoorthy craint, dans la foulée, la création d’un «monopole». Il fait ressortir que seules quelques compagnies ayant payé les frais d’enregistrement pourront importer des médicaments spécifiques. «Qu’en est-il de l’importation parallèle ?»

Du côté du ministère de la Santé, on balaie d’un revers de la main ces craintes. D’insister que l’enregistrement des médicaments n’entraînera pas de pénurie. «Les compagnies privées ont toujours hésité à importer des médicaments orphelins. Il n’y a qu’à prendre en exemple les médicaments contre la tuberculose ou la malaria. Ces produits sont disponibles dans les hôpitaux.»  On ajoute que l’enregistrement des médicaments ne change en rien la situation.

Qui plus est, selon le Fair Trade Act, il est impossible de créer un monopole à Maurice. «Il n’y en aura jamais. Les compagnies peuvent tomber d’accord pour un système de codistribution.»

Par ailleurs, un projet serait en préparation en ce qui concerne l’importation parallèle. «Des consultations auront lieu avec tous les partenaires du domaine pharmaceutique pour établir des lignes directrices et permettre l’importation parallèle. Il n’y aura pas de monopole.»

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