Nassim Oozeerally Pondor: de Mahébourg à Paris

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La Mauricienne Nassim Oozeerally Pondor n’aurait jamais imaginé que ses premiers pas à Mahébourg l’auraient un jour menée dans le Paris 8e, où se situe son institut de beauté. Portrait d’une femme qui carbure aux objectifs.

Nassim Pondor, née Oozeerally, fleure bon l’élégance discrète avec sa jupe maxi fleurie, sa veste et son long foulard tour de cou. Un maquillage nude complète l’ensemble. Son look ne détonnerait pas dans les beaux quartiers parisiens, notamment dans le 8e arrondissement où depuis mars, elle a ouvert Sabera Beauté. Cet institut est à dix minutes des Champs-Elysées et donne le dos au Montmartre. C’est tout dire.

Sabera, c’est aussi le prénom qui lui a été donné à la naissance. Mais à la maison en revanche, on l’appelle Nassim, l’équivalent arabe de «la rosée». Dans ses rêves les plus fous, cette fille aînée d’Elias Oozeerally, ancien gardien du collège Willoughby à Mahébourg et d’une mère femme au foyer, n’aurait jamais imaginé qu’elle aurait eu un jour pignon sur rue dans la capitale française. Car si l’on ne manquait de rien chez les Oozeerally, le père travaillant comme mercier en weekend pour arrondir ses fins de mois, le superflu y était rare.

À l’issue de ses études secondaires dans la filière classique au collège Willoughby à Mahébourg, Nassim Oozeerally Pondor enfile une veste d’enseignante. Elle s’illustre ainsi au collège St Héléna à Curepipe et essaie de transmettre son amour pour l’anglais. Elle donne même des cours de rattrapage scolaire.

C’est par le mariage qu’elle se retrouve à Paris en 1984. Après plusieurs mois «de galère» à faire du baby-sitting, elle se fixe comme objectif d’abandonner les petits boulots au profit de la vente. Mais si elle s’écoutait, c’est dans l’esthétique qu’elle aurait cherché de l’embauche.

Employée par une commerçante au Sentier auprès de qui elle reste cinq ans, le temps de se faire des relations – une «peau de vache», confie Nassim Oozeerally Pondor – elle finit par trouver un emploi d’attachée commerciale dans l’habillement et travaille avec des enseignes importantes comme Camaïeu et Promod.

Elle s’accommode des déplacements professionnels dans plusieurs pays européens, même s’ils la tiennent éloignés de son époux Hassein et de leurs deux fils, Zamir et Najib, car ils lui permettent de gagner correctement sa vie et de faire des économies. «Et puis, ma priorité était l’éducation des enfants. Je tenais à ce qu’ils soient autonomes avant de me lancer.»

En 2010, ses idées se précisent. Voulant se spécialiser en esthétique, elle signale à son employeur qu’elle le quittera dans trois ans pour qu’il prenne ses dispositions. Et fidèle aux objectifs fixés, elle démissionne en 2013 pour suivre une formation en maquillage auprès de Make-Up Forever avant de se rendre à Londres et suivre de cette fois des cours en maquillage bollywoodien auprès de la célèbre académie Ash Kumar. De retour à Paris, elle s’inscrit auprès de l’institut Françoise Morice, une des plus anciennes écoles d’esthétique, de cosmétique et de parfumerie de Paris. Elle y suit une formation d’esthéticienne et obtient son certificat d’aptitudes professionnelles (CAP) en esthétique et naturopathie en juillet 2015.

On peut vieillir bien en soignant sa peau et sans utiliser ces produits qui défigurent.

Rétrospectivement, Nassim Oozeerally Pondor avoue avoir eu un peu de mal à se remettre dans le bain des études et surtout à appréhender des matières scientifiques qu’elle n’avait pas étudiées jusque-là. Mais le fait qu’elle apprécie l’univers de la beauté a contribué à la faire se sentir dans son élément.

Si la majorité des étudiants de son cours cherchent du travail auprès de salons établis, son but est d’ouvrir le sien. Elle monte donc son projet et contacte les banques pour avoir le financement nécessaire. Elle essuie un refus poli. Nassim Oozeerally Pondor, qui a de la suite dans les idées, utilise ses économies et se fait aider par ses fils désormais adultes, qui sont sous-officiers dans l’armée française. Elle cherche et trouve le local qu’elle occupe aujourd’hui dans le Paris 8e en novembre et constitue son fonds de commerce, se fiant aux produits bio Phyt’s, qui ont fait leurs preuves pendant 40 ans.

C’est en mars qu’elle ouvre Sabera Beauté, destiné à une clientèle exclusivement féminine et aisée. «La clientèle du quartier est surtout composée de retraitées et d’employées de bureau. C’est sûr que j’ai le contact facile mais malgré le fait que Sabera Beauté soit bien situé, les gens ne poussent pas notre porte aussi facilement.»

Pour pouvoir capter la clientèle visée, elle travaille avec le site Balinea.com, leader de la réservation beauté, bien-être et coiffure en ligne en France. Et ça fonctionne. «Je suis très contente d’avoir pu mener à bien mes projets. Je me suis donnée à fond. C’est vrai que j’ai joué de la chance mais j’y ai mis aussi beaucoup de volonté, de hard work. Je suis quelqu’une qui ne lâche jamais le morceau car je déteste les choses faites à moitié.»

Bien qu’elle veuille encore se perfectionner, notamment en réflexologie, l’an prochain, sa spécialité demeure le soin du visage. Mais il ne faut pas compter sur elle pour recommander des injections d’acide hyaluronique ou de toxine botulique (Botox) pour obtenir un visage aussi lisse qu’une peau de bébé. «On peut vieillir bien en soignant sa peau et sans utiliser ces produits qui défigurent. Il est possible de tricher avec le maquillage et de masquer ses rides ou de se faire des lèvres pulpeuses rien qu’avec des cosmétiques. Je suis contre tout ce qui n’est pas naturel.»

Nassim Oozeerally Pondor se dit heureuse d’avoir pratiquement atteint ses objectifs. Vers quoi tend-t-elle encore ? «Mon objectif final est de voir une belle réussite pour le salon. J’y travaille», dit celle dont le prénom officiel Sabera signifie «patience» en arabe…

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