Ahmad Jeewa: «J’éprouve du dégoût pour les transfuges»

Avec le soutien de

À 74 ans, l’ancien président du MMM reste un fidèle du parti. Le transfugisme, ditil, est une action indécente vis-à-vis de l’électorat du MMM. C’est pourquoi il espère qu’avec la réforme électorale, une loi anti-transfuge sera introduite.

Connu comme un die-hard du Mouvement militant mauricien (MMM), Ahmad Jeewa le revendique haut et fort. «Je suis né au MMM et je mourrai au MMM !» Comment ce «bérengiste» comme il se décrit voit la dissidence au sein du Mouvement patriotique, parti créé par des dissidents du MMM ? La situation est ironique, selon lui.

«Tout le monde a droit à la parole au MMM. Alan Ganoo le sait très bien. Il a travaillé avec Paul Bérenger pendant des années. Il ne peut venir dire maintenant que le MMM et Paul Bérenger ne répondent pas à ses aspirations.» Cette prise de position de la part d’Alan Ganoo s’est révélée une ironie car tous ceux qui ont quitté le MMM avec lui, notamment Joe Lesjongard et Raffick Sorefan, trouvent désormais qu’il ne répond pas à leurs aspirations, rit l’ancien président des mauves.

Dans la foulée, le Portlouisien de 74 ans confie qu’il «éprouve du dégoût pour les transfuges». «C’est une action indécente vis-à-vis de l’électorat du MMM.» Il faut introduire une loi anti-transfuge dans le cadre de la réforme électorale, insiste-t-il.

«Lorsque je constate que des camarades qui ont été élus sous la bannière du MMM et qui sont devenus députés voient que Paul Bérenger n’est plus apte à diriger le MMM, cela me donne la nausée, voire le mal au cœur.» Il qualifie le leader du MMM de «géant en politique» et d’«homme dont le nom est inscrit dans l’histoire du pays». Il ne faut pas oublier que Paul Bérenger a fait ses preuves non seulement comme leader de l’opposition mais aussi au sein du gouvernement, dont il a été le chef entre 2003 et 2005, fait ressortir celui qui a été ministre de la Fonction publique de 2000 à 2005.

D’ailleurs, l’événement qui a le plus marqué sa carrière politique est l’accession de Paul Bérenger au poste de Premier ministre. Cela a été un tournant dans l’histoire de Maurice, comme cela avait été le cas aux États-Unis lorsque Barack Obama est devenu président. Il laisse présager beaucoup de bien pour le pays car chaque Mauricien peut aspirer à occuper le poste de Premier ministre un jour.

Parlant de la situation qui prévaut dans le pays, Ahmad Jeewa trouve qu’il y a une vague de mécontentement contre le gouvernement. «D’ailleurs, le chef du gouvernement a dit lui-même qu’il faut un peu de temps pour concrétiser ses projets pour le pays. Il n’y a pas grand-chose actuellement.»

En revanche, on voit des scandales, déclare-t-il. Il cite l’affaire bal kuler, les transactions pour acheter de l’or, l’abandon du projet Heritage City, la résiliation du contrat d’Omega Ark et l’indécision autour du départ de sir Anerood Jugnauth pour être remplacé par son fils Pravind.

Au chapitre de cette éventuelle passation de pouvoir, l’ancien magistrat, qui a exercé dans plusieurs cours de district, affirme qu’elle est légale d’après la Constitution. Cependant, lors des dernières élections générales, le peuple a voté pour que sir Anerood Jugnauth soit le Premier ministre. «Pour qu’il y ait un nouveau Premier ministre, il faudrait rendre le pouvoir au peuple à nouveau. Dans une démocratie, surtout lorsqu’il s’agit de changements majeurs, il faut laisser le peuple décider de la marche à suivre. La voix du peuple, c’est la voix de Dieu.»

En tout cas, ce père de trois enfants et grand-père n’a pas l’intention de prendre part à d’autres élections générales. Il préfère laisser la place aux jeunes même s’il continue à être présent à toutes les activités du parti. Il continue aussi à offrir ses services en tant qu’avocat. Il vit à la rue Louis Pasteur à Port-Louis, dans la maison en bois construite par ses grands-parents, où il suit de près l’actualité politique, en particulier tout ce qui touche son parti. Comme il le dit : «Born MMM, die MMM.»

  • 1975 - Prestation de serment comme avocat au Middle Temple
  • 1979-1982 – Magistrat
  • 1992-1994-Lord-maire
  • 1987 - Député au n° 2
  • 1991 - Député au n° 2
  • 1993 - Président du MMM
  • 2000 - Député correctif
  • 2000-2005 - ministre de la Fonction publique
Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires