Production de Thé: les opérateurs craignent le Chinois Mauristea

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La boutique de Mauristea à Grand-Baie La Croisette. La compagnie chinoise dit miser sur le marché étranger. © Nasurudin Keramuth

La boutique de Mauristea à Grand-Baie La Croisette. La compagnie chinoise dit miser sur le marché étranger. © Nasurudin Keramuth

Deux des trois entreprises engagées dans le secteur du thé craignent la concurrence avec l’arrivée de Mauristea sur le marché local. Elles expliquent pourquoi…

Un quatrième opérateur sur le marché local : Mauristea vient d’obtenir une dizaine d’arpents de terre pour la culture de thé à Dubreuil. Et du côté de la concurrence, l’on affiche déjà ses appréhensions. Du moins, pour deux des trois entreprises qui opèrent dans ce segment. La crainte : la concurrence dans un marché qui demande déjà un plan de relance.

D’abord, le souci est que cette compagnie chinoise peut se permettre de payer les planteurs et cueilleurs de thé plus cher. Puis, qu’elle pourrait petit à petit grappiller des parts dans ce marché mauricien.

C’est ce que pense notamment Dominique Chelin, de la Bois Chéri Tea Factory. «Pour le moment, nous ne sentons pas le danger, mais je crains pour l’avenir. Surtout avec les facilités mises à sa disposition par le gouvernement, qui nous donnent à réfléchir.» Il fait référence au fait que Mauristea a obtenu des terrains de l’État et a également eu l’autorisation des autorités pour ouvrir des boutiques spécialisées. Pour Dominique Chelin, «trois opérateurs sont suffisants pour le marché local».

Ashvin Bokhoree, Managing Director de La Chartreuse, affirme ne pas non plus comprendre pourquoi la compagnie chinoise a obtenu «autant de facilités».

Distribution de sécateurs

Cela, alors que l’État a fait montre de sa volonté de relancer le secteur. Notamment avec une série de mesures telles que des fertilisants donnés gratuitement aux planteurs ou encore la distribution de sécateurs sophistiqués pour la cueillette de thé.

Du reste, Ashvin Bokhoree ne croit pas dans le plan de relance du ministère de l’Agro-industrie. Et «l’arrivée de Mauristea n’aidera en rien ce secteur». Car il y a plus important : «Les plants de thé sont vieux de plus de 30 ans chez nous. S’il faut cultiver à nouveau, il faut attendre au moins cinq ans pour pouvoir cueillir les feuilles.»

Que répond Mauristea face à de telles critiques ? Stéphanie Stafford, secrétaire administrative de la compagnie chinoise, est d’avis que celle-ci n’est pas une concurrente pour le marché local. «Nous nous spécialisons dans le thé spécial et nous vendons notre thé à l’étranger, en Chine particulièrement. Nous cherchons d’autres marchés en Europe.»

Quant à la part du marché local, elle est minime. Notre thé mis sur le marché local est destiné à une catégorie spécifique de clients. Ce thé se vend entre Rs 89 et Rs 20 000 dépendant du grade et du volume, souligne Stéphanie Stafford.

Et les planteurs ? Stéphanie Stafford affirme que la compagnie pourrait donner des «incentives» aux planteurs pour qu’ils vendent leur thé à Mauristea. Et c’est justement ce que craignent ces deux opérateurs. «Tout doit être réglementé par le ministère de l’Agro-industrie», ajoute cependant Stéphanie Stafford.

Sollicité, le ministre de l’Agro-industrie, Mahen Seeruttun, est d’avis qu’il n’y aura pas de concurrence. Cela, car le thé spécial est destiné au marché étranger. Par contre, il soutient que les petits planteurs auront davantage d’opportunités pour vendre leur thé. Et surtout pour améliorer la qualité des feuilles de thé dans leur plantation.

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