Les CEO de Landscope Mauritius se confient

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Avec la création de Landscope Mauritius, «l’express» a sollicité les trois «Chief Executive Officers» (CEO) maintenus en poste. Naila Hanoomanjee, de la State Property Development Company Ltd (SPDC), Claude Wong So et Koomaren Chetty, respectivement CEO de la State Land Development Company Ltd (SLDC) et de Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), ont bien voulu répondre à nos questions.

Claude Wong So, CEO de la state land development company ltd (SLDC): «Aucun emploi n’est menacé»

Landscope Mauritius est née. Comment accueillez-vous cette fusion ?

Ce projet est motivé par plusieurs raisons. Aucun emploi n’est menacé. Il permettra de mieux évaluer l’ensemble de nos ressources et, si nécessaire, de les redistribuer en fonction des besoins spécifiques de nos clusters et de leurs projets respectifs. En termes de coûts administratifs, d’amortissement des investissements technologiques, la fusion va dans le sens d’un smarter management. Par ailleurs, il ne faut pas négliger la masse critique que cela constitue, son impact sur l’emploi et la croissance. Landscope is now a major player.

Je ne souhaite pas me placer dans la perspective des grands projets que chacun rêve de laisser derrière lui. Je vais plutôt tenter de répondre à votre question d’une perspective historique. Depuis la création de Port-Louis par Mahé de Labourdonnais en 1735, jamais plus il n’y a eu de planification pour la création d’une ville. Des quartiers disjoints se sont agglomérés. À un moment, on a considéré qu’ils constituaient des agglomérations.

Quel sera votre projet prioritaire au sein de cette plateforme foncière et immobilière ?

À Highlands, autour d’un projet de district administratif convivial et user friendly, nous avons la possibilité à nouveau de planifier. Nous souhaitons que cette ville soit mixed use, plus piétonne que livrée à la voiture, permettant aux trentenaires et quadragénaires de 2030 de vivre, travailler, apprendre et jouer dans un really smart environment. C’est un projet très stimulant. C’est sans hésitation que je reconnais que c’est bien notre priorité.

Vous êtes l’un des trois CEO de Landscope Mauritius. Comment vivez-vous cette cohabitation?

La fusion va permettre à trois unités – Swami Vivekananda Centre, Belle-Mare Tourist Village et Le Val – qui n’avaient pas de CEO de se retrouver sous l’unique ombrelle administrative que nous mettons en place. Nous allons avoir suffisamment de travail pour éviter de nous préoccuper des questions d’ego. Par ailleurs, nous avons, mes deux collègues et moi, des compétences et des expériences diversifiées et complémentaires. Nous devrions être assez avisés pour utiliser ces savoir-faire là où ils sont nécessaires plutôt que de les opposer stérilement.

Auriez-vous souhaité être le «super CEO» de Landscope Mauritius ?

La vie m’a été très généreuse. Ma vie professionnelle m’a apporté une grande satisfaction, me permettant d’être partie prenante de divers projets d’envergure. Aujourd’hui, bien sûr, je souhaite continuer à être associé à ce game changer que seront Landscope Mauritius et le projet de Highlands et à apporter mon savoir-faire. Mais, franchement, c’est l’impact de cette nouvelle ville sur la société et le développement qui compte, pas le titre qu’on voudra bien me conférer à Landscope Mauritius.

Gérard Sanspeur, «Senior Adviser» du ministère des Finances et président de la SLDC, est cité comme le futur président de Landscope Mauritius. Est-il l’homme de la situation ?

J’ai eu l’occasion, depuis l’arrivée de Gérard Sanspeur à la présidence de la SLDC, d’apprécier sa rigueur en matière d’économie, de management et de finances. Cela, nous nous y attendions. Mais il nous a également impressionnés par sa documentation et l’étendue de ses lectures sur des questions liées aux dimensions sociale et culturelle de l’urbanisme moderne.

Cela étant dit, c’est l’actionnaire principal de Landscope Mauritius, en l’occurrence le gouvernement, qui décidera du choix du board et de la présidence.

Naila Hanoomanjee, une des trois CEO de Landscope Mauritius: «Sanspeur fait partie des hommes d’action dont ce gouvernement a besoin»

Landscope Mauritius est née. Comment accueillez-vous cette fusion ?

Ce projet d’envergure est la première matérialisation de la vision du gouvernement de procéder à une réforme du secteur public. Je dois dire qu’il était grand temps que nous adoptions une telle stratégie car depuis plusieurs années, nous voyons l’émergence d’une multitude d’organisations publiques ayant des missions redondantes.

Landscope Mauritius est née pour mettre fin aux potentiels et actuels chevauchements des fonctions des principales organisations qui opèrent dans le domaine du développement foncier et de la gestion immobilière à Maurice, soit la SPDC, la SLDC, BPML, Belle Mare Tourist Village Ltd, Le Val Development Ltd et Les Pailles Conference Centre Ltd (CCL). Ce qui éliminera, inévitablement, le gaspillage des ressources, l’inefficience et réduira le délai dans lequel les projets fonciers seront réalisés.

Avec Landscope Mauritius, nous nous inscrivons résolument dans une logique de mutualisation des ressources et des compétences et nous visons ainsi à atteindre une toute nouvelle dimension en termes de la qualité des produits et des services que nous serons désormais en mesure d’offrir.

Quel sera votre projet prioritaire au sein de cette plateforme foncière et immobilière ?

Plusieurs projets seront entrepris par Landscope Mauritius. Au niveau du portefeuille jusqu’ici attribué à la SPDC, notre priorité absolue est de définir le futur modèle de développement du Port-Louis Waterfront. Il est impératif de reconnecter le front de mer à la capitale, de même qu’au public. Nous nous engageons ainsi dans une vaste opération de rénovation des phases 1 et 2 du Waterfront.

À travers Landscope Mauri- tius, Le Val Nature Park devrait aussi retrouver des couleurs. Nous voulons que ce site, qui a longtemps été emblématique mais qui a malheureusement été laissé à l’abandon, renaisse avec un nouveau concept.

Il y a également, entre autres, l’épineux dossier du Belle Mare Tourist Village. Il s’agit d’un village fantôme depuis sa construction en 2008-2009, au coût de Rs 185 millions… Ce complexe n’a jamais ouvert ses portes et nous sommes actuellement en train de reconsidérer toutes les options possibles pour le raviver.

Vous êtes l’un des trois CEO de Landscope Mauritius. Comment vivez-vous cette cohabitation?

Très souvent en politique, nous utilisons le terme «cohabitation» pour une situation de coexistence presque forcée entre des responsables venant de partis op- posés. Nous sommes loin d’une telle configuration dans le cas de Landscope Mauritius. Je préfère qu’on parle plutôt de «collaboration» et de «coopération».

D’ailleurs, il est évident que les trois CEO et les cadres des trois organisations impliquées ont commencé à travailler ensemble en amont, sinon nous ne serions pas arrivés à cette vision partagée qui se manifeste aujourd’hui sous la forme de Landscope Mauritius. Jusqu’à présent, tout se passe bien et au vu de la complémentarité des compétences de chacun des trois CEO, je suis sereine pour l’avenir.

Auriez-vous souhaité être le «super CEO» de Landscope Mauritius ?

La question ne se pose même pas! Comme stipulé au dé- but, Landscope Mauritius s’inscrit dans la grande réforme du secteur public que le gouvernement souhaite enclencher. Et réforme rime avec changement à tous les niveaux, qu’il s’agisse de la conceptualisation et de la réalisation des projets, des produits et services mis à la disposition du public ainsi que du modèle d’opération de cette nouvelle organisation.

Je trouve le concept de «super CEO» dépassé et surréaliste dans le contexte des business models actuels, qui sont, eux, très marqués par l’hétérogénéité et qui requièrent donc une multiplicité de compétences en termes de gestion. L’ADN même de Landscope Mauritius est basé sur la mutualisation et c’est une institu- tion qui prône plutôt une gestion coordonnée et réfléchie, en plus d’une approche participative. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons amalgamer les diverses compétences regroupées sous Landscope Mauritius et les utiliser à bon escient.

Gérard Sanspeur, «Senior Adviser» du ministère des Finances et président de la SLDC, est cité comme le futur président de Landscope Mauritius. Est-il l’homme de la situation ?

La contribution de Gérard Sanspeur a été une pièce maîtresse dans la fusion. Ses compétences alliées à son expérience variée dans le giron économique et financier ne pourront qu’être bénéfiques pour que Landscope Mauritius prenne son envol. Ce gouvernement vise l’excellence et pour cela, nous avons besoin d’hommes et de femmes d’action. Gérard Sanspeur fait partie de cette catégorie de personnes.

Koomaren Chetty, CEO de Business Parks of Mauritius Ltd: «Très prématuré d’envisager le poste de ‘super CEO’»

Landscope Mauritius est née. Comment accueillez-vous cette fusion ?

Landscope Mauritius est appelée à jouer un rôle catalyseur dans la transformation économique de Maurice à travers le développement de l’infrastructure immobilière. Sa mission est, justement, de s’assurer de la meilleure utilisation des terres de l’État pour le développement.

Pendant les sessions de travail menant à la création de Landscope Mauritius, le terme qui est revenu le plus souvent dans les discussions est «synergie». La structure de Landscope Mauritius permet la cohérence des décisions et une vision exhaustive des activités. Elle donne lieu aussi à un partage des compétences, à des économies d’échelle, à une réduction des coûts et, bien sûr, à une meilleure rentabilité globale.

Quel sera votre projet prioritaire au sein de cette plateforme foncière et immobilière ?

L’objectif primordial demeure la transformation de l’île Maurice du 21e siècle en s’appuyant sur la création d’espaces pour des activités économiques ainsi que sur l’aménagement des cadres de vie et de loisir. Nous nous penchons sérieusement sur une CyberTower 3 à Ébène, dix ans après le premier CyberTower, avec des infrastructures ultramodernes qui puissent remettre Maurice au diapason de la technologie dans cette partie du monde.

Vous êtes l’un des trois CEO de Landscope Mauritius. Comment vivez-vous cette cohabitation?

Les trois CEO ont chacun leurs champs de compétences, souvent très complémentaires. Ça ne peut qu’être dans l’intérêt de Landscope Mauritius.

Auriez-vous souhaité être le «super CEO» de Landscope Mauritius ?

Je pense qu’il est très prématuré d’envisager le poste de «super CEO». Landscope Mauritius a besoin de temps pour mettre en place des structures de coordination entre les diverses entités composantes.

Gérard Sanspeur, «Senior Adviser» du ministère des Finances et président de la SLDC, est cité comme le futur président de Landscope Mauritius. Est-il l’homme de la situation ?

Gérard Sanspeur a une longue carrière dans le domaine du développement économique, tant à Maurice qu’à l’étranger. Son expérience, sa vision et sa rapidité d’exécution sont des atouts majeurs sur lesquels nous pourrons nous appuyer pour mieux agencer la mission de Landscope Mauritius.

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