RYC: six filles font de la résistance passive

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Un énième incident s’est produit au RYC for Girls, à Beau-Bassin dans la soirée de mercredi 19 octobre.

  Un énième incident s’est produit au RYC for Girls, à Beau-Bassin, dans la soirée de mercredi 19 octobre.  

Il y a encore eu de l’animation, mercredi soir, 19 octobre au Rehabilitation Youth Centre for Girls, à Beau-Bassin. Six adolescentes sur la vingtaine placées actuellement dans cet établissement, ont fait de la résistance passive, refusant de s’alimenter et même de regagner leur dortoir. Avertis, le commissaire des prisons, Vinod Appadoo, Fazila Daureeawoo, ministre de la Sécurité sociale et l’Ombudsperson for Children, Rita Venkatasamy, se sont rendus sur place. 

A leur arrivée, les adolescentes ont une fois de plus critiqué leurs conditions de vie, évoquant notamment le fait que les gardiennes ne les laissent pas aller aux toilettes la nuit et qu’elles sont obligées de faire leurs besoins dans des pots de chambre. Après les avoir écoutées, la ministre Daureeawoo et l’Ombudsperson for Children ont réussi à les calmer et à les faire regagner leur dortoir.

Cet incident survient une semaine après que l’Ombudsperson for Children a présenté son rapport dans lequel elle critique la structure du RYC et recommande l’aménagement de petites unités thérapeutiques pour ces jeunes en souffrance. Lors de cette présentation, Rita Venkatasamy a même dit qu’il n’était pas nécessaire d’inventer la poudre et que les Probation Hostel et Home existants fonctionnent sur cette base d’encadrement thérapeutique et qu’il n’y a qu’à les répliquer.

Un incident de trop

Interrogée, ce jeudi 20 octobre, Fazila Daureeawoo  confirme l’incident et sa visite au RYC Girls pour cerner le problème. «Sur place, l’une des filles avait un problème personnel que j’ai pu régler et j’ai pris bonne note des doléances des autres. Un fonctionnaire du ministère a d’ailleurs été envoyé à RYC ce matin pour faire suite à ma visite d’hier.» Elle ajoute avoir parlé aux gardiennes pour leur dire qu’il est «inacceptable que ces filles qui ne sont pas des prisonnières soient traitées comme telles. J’ai dit qu’elles devaient être libres de leurs mouvements et pouvoir aller aux toilettes quand bon leur semble».

Tout en demandant au commissaire des prisons d’accélérer les réparations, notamment de remplacer les vitres brisées lors d’incidents antérieurs, la ministre de la Sécurité sociale estime que c’est un incident de trop qui a lieu au RYC. «Ce n’est pas possible qu’il y ait de tels problèmes tous les ans au RYC. Le ministère et le gouvernement sont conscients que cette structure n’est pas appropriée pour des filles qui ont commis une erreur de jeunesse. D’ailleurs, dans le dernier budget, une somme de Rs 3 millions a été votée pour l’aménagement d’autres lieux d’accueil pour ces filles. Je pense à trois ou quatre petites unités.» La ministre Daureeawoo est d’ailleurs en quête d’un bâtiment pouvant être aménagé en lieu d’accueil approprié.

Manque d’enseignant

Par ailleurs, elle estime que les «magistrats ne peuvent continuer à envoyer des mineurs qui ont des problèmes avec l’autorité parentale au RYC jusqu’à leur majorité. C’est une solution de facilité. Mo bisin gete kouma pou koz ar magistrats». Si sa collaboration avec le ministère des Sports a permis aux mineurs placés aux RYC garçons et filles de pouvoir avoir accès aux sports et  mener une vie plus équilibrée, elle considère qu’un instituteur et un enseignant pour faire la classe aux filles sont insuffisants. «Je cherche un enseignant pour chaque classe afin que l’encadrement académique prodigué leur convienne mieux».

Elle dit apprécier le travail de l’ancien juge Premila Balgobin qui est à la tête du Board of Visitors et qui fait de la médiation auprès des parents pour qu’ils acceptent de reprendre leur enfant afin que ces derniers ne restent pas au RYC.

De son côté, Rita Venkatasamy qui était sur place hier soir en compagnie de son enquêteur Ismaël Bawamia, maintient que la structure du RYC ne convient pas à la réhabilitation de mineurs en souffrance. «Comme je l’ai dit, s’il n’en tenait qu’à moi, j’aurais fermé cette structure. Je suis contente de voir que la ministre de la Sécurité sociale et moi sommes sur la même longueur d’onde

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