Poste-de-Flacq: Une dizaine de familles attendent toujours une maison

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Santah Kalutah n’est pas mieux lotie.

Santah Kalutah n’est pas mieux lotie que ses voisines.

Cela fait des années qu’ils étaient des «squatters». Mais depuis janvier, ils ont été régularisés. Ils paient déjà les frais pour les terrains qu’ils occupaient jusque-là illégalement. Rencontre.

Ils habitent différents coins du village de Poste-de-Flacq, notamment à Camp-Poorun, Débarcadère et dans d’autres rues voisines. Ce sont une dizaine de familles qui squattent des terres mais qui ont été régularisées depuis janvier. Elles attendent avec impatience d’être logées.

Deux habitants, membres de l’association des forces vives de Poste-de-Flacq et le président de ce village ont joué les guides et nous ont fait rencontrer ces familles. Ils sont Avish Ramkurrun et Navin Mungla, qui depuis de nombreuses années jouent les facilitateurs entre ces personnes et les autorités.

«Toutes les démarches ont été faites par nous vu que dans la majorité des cas, ces familles ne sont pas éduquées», explique Avish Ramkurrun. Il raconte que depuis plusieurs années, ils militent pour le bien-être de ces familles, qui vivent à Poste-de-Flacq depuis plus de 20 ans. «Différentes personnes sont venues et ont promis de les aider mais finalement elles n’ont rien fait pour ces familles», déplore-t-il. 

Il explique, cependant, qu’à l’issue de la visite du ministre de l’Intégration sociale, Pradeep Roopun, et les cadres de la National Empowerment Foundation, ces familles ont eu de l’espoir car les démarches se sont accélérées. «Ces familles ont commencé à payer les frais du terrain qu’elles squattent et parmi elles, certaines ont même bénéficier de la fourniture d’eau et de l’électricité», ajoute ce membre des forces vives. Mais après dix mois, ces familles ont commencé à désespérer car la situation n’a guère évolué.

Dans une impasse, à Débarcadère, sont situées les maisons des Kalutah et Mungroo. L’appellation «maison», c’est beaucoup dire. Ce sont en réalité deux bicoques en tôle dont le toit est sur le point de s’effondrer. Santah Kalutah et son mari vivent dans ce deux-pièces depuis plus de 30 ans. «Auparavant, lorsque mon époux travaillait, on arrivait à améliorer l’état de la maison mais depuis quelques années, il est au chômage et nous n’arrivons pas à retaper la maison», dit-elle.

Saraswatee Mungroo devant sa bicoque.

Tous les bois servant de support sont branlants car ils ont été rongés de l’intérieur par des mites et le toit est trouvé comme une passoire et fuit. «Lorsqu’il pleut c’est l’enfer pour nous», dit-elle.

À deux pas de là habite la famille Mungroo. Saraswatee, son mari et ses trois enfants vivent là. Sa maison également est dans un état déplorable. Si elle vient d’obtenir de l’eau courante, elle attend toujours l’électricité. L’an dernier, elle a bien failli périr brûlée avec une lampe. «Nous sommes obligés d’utiliser des lampes et des bougies, malgré les possibles risques d’incendie», dit-elle en exhibant des cicatrices sur le cou.

Leur voisine, Marie Cindy Ackloo, n’est pas mieux lotie. Elle et son mari élèvent tant bien que mal leur enfant qui souffre d’une maladie mentale. «Nous n’avons ni électricité, ni eau. Ce sont des voisins qui nous aident», explique-t-elle.

Six enfants

Les deux familles Dorza ont construit deux petites maisons en tôle et élève un total de six enfants. Vu l’exiguïté des lieux, ils n’ont eu d’autre choix que d’aménager leur cuisine en plein air. «Oui, nous cuisinons en plein air car c’est moins risqué. De plus, il vaut mieux le faire pendant qu’il fait encore jour car nous n’avons pas l’électricité», lance un membre de cette famille qui vit dans une seule pièce avec ses quatre enfants.

À Camp-Poorun, on retrouve la famille Jugessur. Vidya, jeune mère de famille explique que depuis longtemps, ils ont soumis leur nom auprès du NEF dans le but d’obtenir une maison. Comme les autres, ils sont dans l’attente. Selon Avish Ramkurrun, certaines de ces familles sont mortes depuis. Elle cite le cas de Renuka Maitaram, décédée en juin, dans une maison à la toiture partielle. «C’est difficile de vivre ainsi», constate-t-il.

Interrogé quant au sort de ces anciens squatters régularisés en janvier, un cadre de la NEF a laissé entendre qu’effectivement, quelques familles ont déjà eu leurs contrats de terrain et certaines se sont déjà enregistrées auprès de la NEF pour obtenir une maison. Par contre, ce cadre fait également ressortir que d’autres familles ne sont pas venues s’inscrire. «Il faut absolument qu’elles s’enregistrent pour que nous puissions entamer des démarches pour elles. Nous avons déjà lancé un appel d’offres pour la construction de 144 maisons et cette fois, ces maisons seront en dur. La balle est dans le camp de ces familles», a-t-il laissé entendre.

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