Anne Facérias: Une productrice au service de l’humain

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Au cours de la semaine écoulée, la Diaconie de la Beauté a présenté le spectacle Faustine, basé sur la vie de la religieuse polonaise Héléna Kowalska, canonisée par le Pape Jean-Paul II en l’an 2000. 

Derrière ce mouvement artistique, social et spirituel français se trouve Anne Facérias. Celle-ci n’est pas une inconnue des Mauriciens car c’est elle qui a assisté le Cardinal Jean Margéot jusqu’à sa mort le 17 juillet 2009. Rencontre avec une productrice au service de l’humain, qui n’a jamais oublié Maurice et qui y revient régulièrement pour présenter des spectacles. 

Cette Lyonnaise de 54 ans n’a pas beaucoup changé depuis son départ de l’île après l’inhumation du Cardinal Margéot. Celui-ci a été son conseiller spirituel pendant plusieurs années, tout comme elle a été l’une de ses filles spirituelles. A l’époque, cela a peut-être surpris plus d’un qu’une parfaite inconnue puisse être son accompagnatrice.

Mais cette attitude n’est guère surprenante lorsque l’on apprend qu’elle s’est spécialisée en économie sociale «pour aider et soutenir les plus pauvres et les plus vulnérables», explique-t-elle, en précisant avoir envoyé des convois humanitaires dans les pays de l’Est à l’époque où ils étaient encore sous un régime communiste.

Installée par la suite à Paris, sa route a croisé celle de Daniel Facérias, diplômé en musicologie et en chansons des troubadours du XIIe siècle, ami du chanteur Daniel Balavoine et qui a débuté sa carrière avec le compositeur et chanteur Jean-Jacques Goldman, avant de se lancer en solo. Ils se sont mariés et ont eu un fils. Depuis, ils ont réalisé des spectacles humanitaires et d’autres basés sur la vie des saints. A ce jour, ils en ont monté une vingtaine qui, reconnaît-elle, «n’ont pas forcément intéressé les médias dominants mais qui ont fait carton plein tout le temps».

C’est en 1995, alors qu’on leur commande un spectacle sur la Communauté d’Emmaüs, fondée par l’Abbé Pierre, qu’elle rencontre ce dernier et se lie d’amitié à lui. Il devient son accompagnateur spirituel. Elle et son mari mettent en scène la pièce Allons Marron écrite par Mgr Gilbert Aubry, Evêque de La Réunion et qui traite de l’abolition de l’esclavage. Spectacle joué à La Réunion et à Maurice en 1998 sur demande  de Mgr Maurice Piat, Evêque de Port-Louis. C’est aussi l’année où elle rencontre le Cardinal Margéot, qui est déjà à la retraite.

Lieux où l’art et la foi se rencontrent

Le courant passe immédiatement entre eux. Elle est impressionnée par «son humanité et sa simplicité». Comme les Facérias doivent mettre en scène un autre spectacle sur l’abolition de l’esclavage intitulé «Marron Lib», le Cardinal les invite à venir habiter au Carmel de Bonne Terre jusqu’à ce qu’ils présentent la pièce. C’est ce qu’ils font. Le spectacle est joué au Domaine Les Pailles en 2003 et les Facérias regagnent ensuite la France. La distance entre elle et le Cardinal n’est alors que géographique. En 2008, elle revient à son chevet pour 19 mois jusqu’à son décès.  «Il m’a transmis son humanité et toutes les valeurs de la vie. Nos échanges ont été dans l’authenticité.»

Depuis son retour en France, elle et son mari ont continué à monter des spectacles et des fresques musicales qu’ils ont présentés en France et dans d’autres pays. Ils ont aussi mis sur pied un mouvement, la Diaconie de la Beauté, dont l’objectif est d’aider les personnes en situation précaire à retrouver leur dignité à travers l’art. Ce mouvement repose sur trois axes : regrouper les artistes intermittents pour des échanges, organiser des évènements artistiques, notamment un festival off de Cannes qui se déroule en parallèle à celui du cinéma et qui en est à sa quatrième édition et finalement créer des maisons d’artistes, «lieux où l’art et la foi se rencontrent.» Une maison a été créée à Nantes alors qu’une autre est en voie d’aménagement à La Réunion.

C’est pour répondre à l’appel du Pape François qui a déclaré 2016 l’Année de la Miséricorde que les Facérias ont coécrit le spectacle Faustine en mai dernier, qui a été mis en scène par le célèbre acteur Michael Londsdale. Cette religieuse canonisée en l’an 2000 est considérée pour les Catholiques comme la secrétaire de la Miséricorde Divine. Trois représentations de la pièce ont été données au cours de la semaine écoulée à Maurice devant des salles combles et la troupe a regagné La Réunion le samedi 8 octobre où sept autres représentations les attendent. On a toutes les chances de les revoir en octobre 2017 car ils préparent une fresque musicale sur les 200 ans de l’installation de la première communauté des sœurs de St Joseph de Cluny à La Réunion.

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