Mohamed Aliloifa: «Que les opérateurs de la région participent à cette période cruciale de notre développement»

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Mohamed Aliloifa, chargé de communication et de suivi des projets de l’Union européenne aux Comores, est actuellement en visite à Maurice. Il revient sur le développement financé par l’Union européenne aux Comores. Il explique comment l’archipel a pour projet d’élargir son partenariat avec les autres îles de la région.

Le 11e Fonds Européen de Développement (FED) vient d’être lancé aux Comores. Dans quel secteur cet argent sera-t-il investi ?

Cet argent ira au développement des infrastructures routières et portuaires. Le développement routier, qui avait déjà été enclenché sous un précédent FED, continuera grâce à ce nouvel investissement. Par contre, par rapport au développement portuaire, nous en sommes encore au stade des études. Nous mettons l’accent dessus parce que ce développement portuaire nous permettra de nous ouvrir davantage. Il est clair que de meilleures facilités portuaires nous permettront aussi d’améliorer la circulation des biens et des gens au sein de l’archipel. Mais un port plus développé nous ouvrira à la région. La coopération régionale est primordiale en ce moment pour nous. Les autres secteurs d’interventions sous ce 11e FED sont la modernisation de la justice, la bonne gestion des finances publiques et la formation technique et professionnelle

Êtes-vous confrontés à des problèmes liés au développement ?

Un de nos plus gros problèmes, c’est de gagner la confiance de la population. Quand vous érigez un bâtiment, cela se voit immédiatement.

Or, l’Union européenne dépense aussi énormément sur la formation du capital humain. Il faut donc expliquer sans cesse que pour asseoir le développement sur une base durable, il faut investir aussi bien dans les infrastructures que les équipements et les hommes et les femmes qui les utiliseront. Dans de tels cas, les gens ne voient pas de bâtiment, pas de développement infrastructurel. Et ils entendent dire que l’on dépense des sous mais ne voient pas de changement. D’où leur méfiance.

«Nous invitons les entreprises mauriciennes à investir sur le marché comorien.»

Vous avez parlé de faire de la coopération régionale une priorité. Quelles mesures prenez-vous à cet égard ?

Une des causes du retard dans l’application des projets aux Comores, c’est la faible capacité du secteur privé à absorber les marchés. Les offres sont souvent supérieures aux capacités locales et en même temps inferieures pour les sociétés internationales. La solution est donc dans le régional.

Nous invitons donc les entreprises mauriciennes à investir sur le marché comorien par le biais des financements de l’Union européenne. Il y a des opportunités dans les domaines du bâtiment, des travaux publics, dans la fourniture d’équipements pour les écoles, d’enseignement professionnel, et dans les services en général.

C’est aussi maintenant que nous lançons nos appels d’offres aux seuls opérateurs économiques de la région. Par exemple, le contrat pour l’entretien périodique des routes aux Comores, qui avait été attribué à une entreprise italienne, a été annulé. Ce contrat est donc ouvert aux opérateurs de la région.

D’ailleurs, il y a une semaine, nous avons lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la fourniture et l’installation d’une centrale photovoltaïque. Nous sommes convaincus que la participation des opérateurs de la région favorisera le rehaussement des compétences locales et je pense que c’est une façon concrète d’amorcer l’intégration régionale que tout le monde appelle de ses vœux. Il est crucial que les opérateurs économiques de la région participent à cette période cruciale de notre développement. 

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