Festivals et sponsors: je t’aime, moi non plus

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Le coup d’envoi de la saison des festivals a été donné samedi, avec «One Live Musik Festival». Si la musique est bonne, la situation financière de ces rendez-vous annuels est moins reluisante.

One live musik festival : «on a des sponsors de l’étranger, mais pas de maurice»

Situation paradoxale décrite par Stephan Jauffret Rezannah, l’un des organisateurs du One Live Musik Festival. «On a des sponsors de l’étranger mais pas de Maurice.» À l’exception d’un hôtel qui héberge les artistes. L’an dernier, pour la première édition du festival, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SACEM) avait pris en charge le groupe Indigo.

Cette année, l’aide est venue de la mairie de Saint-Denis, de La Réunion, et du festival Kaloo Bang, qui se tient en septembre à l’île sœur. Cette fois, la SACEM a assuré le déplacement de Loya.

Face au constat : «À Maurice, on a l’impression que tout ce qui se fait dépend des sponsors», Stephan Jauffret Rezannah dit avoir pris une résolution. «Avec Jimmy Veerapin, coorganisateur, nous avons décidé de ne pas dépendre d’eux.» Leçon apprise après des pertes d’environ Rs 200 000 l’an dernier, «que nous avons dû puiser de nos poches».

Résultat : tous les artistes qui se sont produits samedi soir étaient là sans cachet, affirme l’organisateur.

«Peut-être que les sponsors ne suivent pas parce que tout le monde va voir les mêmes», analyse l’organisateur. Qui campe résolument dans le créneau des découvertes. «One Live, c’est prendre le risque d’aller vers les musiques du monde, alors que les grosses boîtes préfèrent s’associer à de la musique commerciale. Aujourd’hui dans l’événementiel, il y a certains qui s’adaptent à ce que veulent les sponsors. One Live est à contre-courant.» L’alternative : en décembre, les organisateurs iront en quête de partenariats à La Réunion. «Au lieu de demander de l’argent à une compagnie pour payer le billet d’avion d’un artiste, c’est mieux de signer une convention avec l’artiste et son management.»

KAz’out musik festival : «le plus grand sponsor c’est le public»

Le groupe réunnionnais Saodaj fait partie du «line up» de «Kaz’Out».

C’est écourté d’un jour que le Kaz’Out Musik Festival se tiendra le 5 novembre à l’Aventure du Sucre. «Nous avons préféré éliminer un jour pour garder la qualité du festival», justifie Lionel Permal, directeur de Lively Up, la société qui organise Kaz’Out.

«Nous ne voulons pas pointer du doigt qui que ce soit», affirme-t-il. Non sans déplorer l’inexistence de subventions dans le secteur public et l’absence de soutiens financiers du secteur privé. «Nous ne programmons pas de groupes connus ni de la musique commerciale. C’est sans doute l’une des raisons», avance-t-il. «Si on ne cible pas les audiences que les compagnies veulent atteindre, elles ne vont pas investir dans un festival.»

Qu’à cela ne tienne, Lionel Permal déclare : «Nous faisons notre devoir.» Il se console à l’idée que «le plus grand sponsor, c’est le public. La moitié des billets sont déjà vendus. C’est le public qui peut dire si on reviendra l’année prochaine». Il apprécie aussi l’aide des partenaires, qui acceptent de pratiquer des tarifs préférentiels.

Dombeya music festival : «coup de pouce» providentiel

Hans Nayna se produira sur scène le dimanche 30 octobre au festival Dombeya

Après une première édition en dents de scie l’an dernier, «on hésitait un peu à revenir», reconnaît Géraldine Secondis de Mouv’. Jusqu’au «coup de pouce» d’Omnicane, société implantée dans le Sud, qui a un projet de smart city dans la région. Regain de motivation donc autour du Dombeya Music Festival, qui propose deux jours de fête à Mahébourg, les 29 et 30 octobre. Le festival puise sa force dans un réseau qui vise à mettre en lumière le sud du pays. Avec pour partenaires des hôtels et guesthouses de Mahébourg, Beau-Vallon, BlueBay et les environs. L’idée est que «tou sa dimounn-la gayn lavi», explique Géraldine Secondis. «Le jour, les festivaliers peuvent visiter la région et la nuit apprécier la musique». Avec l’avantage de pouvoir écouter «toute une série d’artistes à des prix abordables».

Lin sera également de la partie.
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