Dereck David: «Fayd’herbe prouve que j’ai bien monté The Deacon»

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Dereck David était présent dans les tribunes le 1er octobre. Il a reçu L’Express-Turf pour un entretien, peu après l’envolée de The Deacon, le dernier coursier qu’il a monté pour Rousset avant de soumettre sa démission en début de saison.

On vient d’assister à une belle victoire de The Deacon. Avec le recul et à tête reposée, maintenez-vous aujourd’hui encore d’avoir fait preuve d’un bon jugement avec ce cheval peu avant votre départ en début de saison? 

Oui. Et la monte de Fayd’herbe aujourd’hui (NdlR : samedi) prouve que j’avais bien monté The Deacon. Il était bien sur les barres en tête de course, mais vous avez certainement vu que Fayd’herbe l’a lancé tôt. Il l’a envoyé très tôt dans la course, comme je l’avais fait moi aussi. The Deacon a gagné de cette manière-là et c’est comme ça que je l’avais monté. Je connais ce cheval depuis l’Afrique du Sud. C’est un galloper. Il n’y a aucun doute là-dessus. D’ailleurs, j’avais dit cela aux commissaires des courses lors de l’enquête. 

Etes-vous déçu de la façon dont votre association a pris fin avec l’écurie Rousset? 

(Emu) Oui. It was a bit of an ugly end. La façon dont les choses ont pris fin m’a fait de la peine. Je m’étais dévoué corps et âme pour l’écurie et je considérais les membres comme ma famille. Vous savez, les rumeurs à Maurice font un tort immense aux courses. 

«Dans ce domaine, quand votre entraîneur ou écurie ne vous fait plus confiance, la meilleure chose à faire est de partir. Voilà pourquoi j’avais demandé mon ‘release’.»

Vous êtes de retour au Champ-de-Mars après plusieurs mois. Qu’est-ce que cela vous fait d’y revenir? 

Je suis en vacances pour une semaine. Mon épouse Angélique adore venir assister aux courses au Champ-de-Mars. S’il ne tenait qu’à moi, j’aurais préféré rester à la maison et me prélasser sur la plage mais elle a voulu venir aux courses et je suis venu pour elle et aussi pour voir évoluer un peu les jockeys sud-africains. 

A vous entendre, vous semblez toujours amer vis-à-vis des courses mauriciennes. Dites-nous ce qui vous a poussé à quitter la compétition ici en demandant votre «release» à l’entraîneur Gilbert Rousset… 

Amer, pas vraiment. J’aime bien les courses mauriciennes et je dois dire que je n’ai pas fait une croix sur elles. J’aimerais revenir monter ici plus tard. Mon épouse est Mauricienne et je suis résident mauricien. Je pense que les courses au Champ-de-Mars ont un bel avenir. Je serai un jour de nouveau en selle sur cet hippodrome, j’en suis sûr.

Vous savez, à un moment donné, j’ai voulu passer à quelque chose de meilleur. A ce moment-là, Singapour était une option. You cannot close the door when an opportunity arises there. Si je n’étais pas parti à ce moment-là, je l’aurais fait tout de même un peu plus tard. Mais ce qui a précipité les choses est le fait que, je pense, l’écurie Rousset avait perdu confiance en moi. Dans ce domaine, quand votre entraîneur ou écurie ne vous fait plus confiance, la meilleure chose à faire est de partir. Voilà pourquoi j’ai demandé mon release et là, je dois dire que Gilbert Rousset a agi comme un vrai gentleman. On a toujours de bonnes relations et quand on se croise, on se parle. On a eu beaucoup de succès ensemble et je tiens à le remercier pour cela. 

«Je compte bien passer plusieurs années en Asie avant de venir un jour finir ma carrière au Champ-de-Mars.» 

Parlons un peu de votre carrière à Singapour. Comment se passe les choses pour vous? 

Les choses marchent très bien pour moi. J’ai remporté huit courses. A Singapour, il y a beaucoup de jockeys de renom. C’est une juridiction très compétitive avec des noms ronflants comme Gerald Moses ou encore Corey Brown pour ne citer qu’eux. Nous sommes 16 cavaliers internationaux et ce n’est pas facile de gagner. Une petite erreur, non seulement peut-elle vous coûter la victoire, mais aussi des montes. 

Et vos débuts ? 

Très difficiles. Je n’ai pas remporté la moindre course pendant le mois d’août, mon premier mois de compétition à Singapour. Je pensais que cela allait être moins difficile. Mais les choses ont évolué positivement après quelques journées, au fur et à mesure que je trouvais mes marques. J’ai gagné huit fois lors des six dernières semaines. A Singapour, tout le monde est club jockey. Donc vous devez vous battre chaque semaine, pour obtenir les meilleures montes. Si vous ne gagnez pas, ça coule de source que les montes deviendront rares. Vous risquez même d’être carrément oublié! Mais c’est bien que ce soit ainsi, a blessing in disguise, car une telle compétition pousse les jockeys à se surpasser. 

Quels sont vos projets à court et long termes? 
Pour le moment, je me concentre sur ma campagne singapourienne. I want to be successful there first. J’espère aussi pouvoir, par la suite, monter à Hong Kong, une juridiction dont rêvent tous les jockeys. Je compte bien passer plusieurs années en Asie avant de venir un jour finir ma carrière au Champ-de-Mars.

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