Alma: un village où le temps est comme suspendu

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Vieux ou jeunes, ils doivent tous effectuer des kilomètres à pied pour arriver à destination car les autobus n’entrent pas dans le village.

Vieux ou jeunes, ils doivent tous effectuer des kilomètres à pied pour arriver à destination car les autobus n’entrent pas dans le village.

Autrefois, Alma était plein de vie. Le mouvement venait surtout de la sucrerie qui rythmait la vie des habitants. Aujourd’hui, ce village est calme et a perdu son éclat, disent-ils.

Situé près d’Upper-Dagotière, le village d’Alma est rattaché à celui de Verdun. Mais selon les habitants, il y aurait un «monde de différence» entre ces deux villages malgré qu’ils soient chapeautés par un seul conseil. «Nous n’avons pas le même traitement ni les mêmes facilités», déplore Désiré Rabond. Même s’il y a plus de dix ans que le moulin ne tourne plus, la sucrerie a gardé son cachet d’antan. Et c’est visible à l’entrée du village. Elle est entourée de verdure, de fougères, de grands arbres et bien entretenue.

Avec plus d’une centaine de maisons, les petites ruelles de cette localité sont très calmes durant la journée. Les habitants ne disposent que d’une boutique pour faire leurs emplettes et d’une tabagie pour les petites courses oubliées. Mais comme c’est le cas dans tous les villages, ces petits commerces restent fermés durant la journée.

Nous apercevons un bâtiment qui appartient toujours à la propriété Mon Désert Alma. Désiré Rabond raconte qu’autrefois, ce bâtiment était une école maternelle gratuite pour les habitants et qu’elle était financée par la sucrerie. «Tous les enfants ont profité de cette école», dit-il. Maintenant, on l’utilise comme un «sub-hall» afin que les habitants puissent y organiser des activités. «Il n’y a pas grand-chose sauf le carom et le domino», indique tristement cet habitant, qui est aussi natif du village. Cette salle est fermée à clé et par les vitres, on peut clairement voir une table et quelques chaises dans une salle. Et dans la cour, un filet de volley-ball troué dont les extrémités sont attachées à deux arbres. «C’est avec un filet troué que nos jeunes jouent volley-ball», désigne-t-il.

 Le «sub-hall» du village n’offre désormais plus une grande variété d’activités.

Le «sub-hall» du village n’offre désormais plus une grande variété d’activités.

Zéro infrastructure

Un peu plus loin, nous entrons au coeur d’Alma. Et là, quelques habitants nous regardent avec curiosité. Désiré Rabond nous présente et il propose de nous emmener en tournée. Nous ne voyons que des petites maisons, les unes à côté des autres. Quelques jeunes et des enfants jouent sur le chemin. «Voyez comment nos jeunes et nos enfants tuent le temps ! » dit une habitante. «Ici, il n’y a ni jardin d’enfants ni terrain de foot. Comment voulez-vous que ces jeunes s’intéressent au sport», ajoute-elle.

Problème de transport

Après une petite marche, nous arrivons devant la maison de Sarawan Raojee, un ancien employé de la propriété, aujourd’hui âgé de 69 ans. En regardant sa cour, nous remarquons qu’il a conservé ses anciennes habitudes de planter. «Sur la propriété, la cour est propre, jolie et remplie de fleur. La majorité des habitants y travaillaient et gagnaient leur vie là-bas. J’ai donc conservé les mêmes habitudes », dit-il.

Maintenant qu’il n’a plus son pas alerte d’antan, âge oblige, Sarawan Raojee raconte que les habitants doivent marcher des kilomètres car les autobus n’entrent pas dans le village. «Ils nous déposent à la gare d’Upper-Dagotière et nous devons marcher en transportant nos sacs et c’est fatiguant», assure-t-il.

De plus, il ajoute que du temps où la sucrerie fonctionnait, l’administration organisait des tas d’activités et des fêtes pour les employés. «Mais aujourd’hui, tout se fait à Verdun, même les projets dit-il.

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