Nathanaël Coste: «Le film ne rentre pas dans une case»

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Nathanaël Coste, réalisateur du film documentaire «En quête de sens», nous parle de la réalisation de son oeuvre, dont le thème principal est la spiritualité.

«En quête de sens», c’est un casting de personnalités qui partout dans le monde apportent le changement. Comment les avez-vous choisis ?

On a commencé avec Vandana Shiva (NdlR : physicienne diplômée en philosophie des sciences). Cela faisait des années que j’admirais son combat contre les organismes génétiquement modifiés. Elle a réussi à faire condamner Coca-Cola, en obtenant la fermeture de l’usine, qui avait pris l’eau d’une communauté au Kerala.

C’est le facteur déclencheur ?

En réalité, elle nous a pris par surprise. On avait discuté de comment les jeunes pouvaient se mobiliser pour changer les choses. Elle nous a amenés vers la spiritualité. On ne comprenait pas comment elle était autant habitée, parce que son combat n’est ni pour la gloire ni pour l’argent. Elle s’inscrit dans les pas de Gandhi et le satyagraha, le fait de se révolter contre les choses qui ne sont pas justes.

Quand la spiritualité surgit, vous avez peur de braquer certains publics ?

On y va à tâtons. Quand on voyage on est plus ouvert à d’autres façons de voir le monde. Dès qu’on sort de l’Occident, on se rend compte qu’il y a des tas de gens pour qui la spiritualité est très importante.

Au départ, votre film est pour quel public ?

Au début, on n’est pas en train de faire un film. C’est ça la blague. Cela ne s’est pas passé comme ça. Mon ami Marc (NdlR : Marc de la Ménardière, co-auteur) a quitté la multinationale où il vendait de l’eau, à New York. Il a vu des films que je lui avais laissés quand il était en convalescence après s’être cassé le pied. La crise financière est arrivée. Il a eu un déclic et a décidé de changer de vie. Il m’a rejoint en Inde.

caméra de touriste sur moi. C’était un peu pour lui faire plaisir. Au départ, cela devait être un film court qu’on aurait mis sur Youtube. Un film de vacances. Vandana Shiva nous invite dans sa ferme et nous dit qu’elle fait un séminaire sur Gandhi et la mondialisation. On y a rencontré des gens passionnants, dont Satish Kumar (NdlR : ancien moine Jain qui a parcouru le monde à pied sans argent).

Vous étiez aussi bien équipés pour des gens faisant un film de vacances ?

Si je vous montre la caméra, vous allez rigoler. Quand on s’est retrouvé avec ces témoignages de gens extraordinaires, on a senti la responsabilité de les partager, d’en faire un projet plus sérieux.

Lorsqu’on a mis à l’écrit tous ces entretiens, c’est là qu’est arrivé le thème de la spiritualité qu’on n’avait pas vu venir. Le concept qu’ils nous ont révélé, c’est que la racine des problèmes dans les sociétés mondialisées, c’est la séparation de l’Homme avec la Nature. Marc venait du monde de l’entreprise, alors qu’en face, il y avait ces gens qui remettent en question la notion de progrès. Gandhi a écrit 30 volumes sur l’économie. C’est méconnu. Le combat de ces gens est guidé par des valeurs spirituelles. À leur contact, on a envie d’être meilleur et d’arrêter de se plaindre.

Le «crowdfunding», c’est parce que les financiers traditionnels ont dit non ?

Exactement. Les télés nous ont dit que le film ne rentre pas dans une case.

Mais vous n’avez pas abandonné l’idée ?

Un mandataire y travaille depuis un an. À partir du moment où les télés disent non, il n’y a pas d’argent. Ensuite, il y a l’autoproduction. On a monté une association pour le crowdfunding. On avait demandé 12 000 euros et on a reçu 38 000 euros. On a lancé cela après avoir travaillé sur le film pendant quatre ans et qu’on ne voyait plus de porte de sortie. Ce qui a permis de finir le film dans des conditions professionnelles. Plein de gens sont aussi venus nous aider, musiciens, traducteur, techniciens etc.

C’est aussi l’un des messages d’«En quête de sens» ?

Ce sont des gens qui ont travaillé à moins cher pour nous parce que le projet avait du sens pour eux. Toute la diffusion se fait avec un mécène. On a dit aux gens de devenir acteur de la diffusion du film.

C’est aussi l’un des messages d’«En quête de sens» ?

Ce sont des gens qui ont travaillé à moins cher pour nous parce que le projet avait du sens pour eux. Toute la diffusion se fait avec un mécène. On a dit aux gens de devenir acteur de la diffusion du film.

L’étape mauricienne d’«En quête de sens» 

«À trois jours d’intervalle, Eve Morgane Lagesse et moi avons envoyé un mail à Nathanaël Coste en disant qu’on aimerait bien avoir le film ici. Je ne savais pas qu’Eve Morgane avait fait la même démarche que moi». Début de l’aventure «En quête de sens» pour Sébastien Rousset. Avec Eve Morgane Lagesse il est à l’origine des séances du film documentaire, à l’affiche jusqu’au 6 octobre, chez MCiné, à Trianon. Une demande, «sans avoir vu le film. Quand une amie m’en a parlé, cela m’a tellement touché que j’ai pris contact avec Nathanaël». Il ajoute que l’imprimeur et l’agence de communication ont travaillé gratuitement. «Ce n’est pas un projet business. C’est fait dans un esprit de partage. C’est bien expliqué dans le film : en faisant du bien aux autres, on fait du bien à soi.»

Film documentaire atypique, «En quête de sens» est à l’affiche chez MCiné à Trianon jusqu’au 6 octobre.

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