Retour de SAJ: passation et Heritage City à l’agenda du PM

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Sir Anerood Jugnauth (à g.) devrait présider un High Level Committee, composé de Pravind Jugnauth, d’Ivan Collendavelloo et de Xavier-Luc Duval.

Sir Anerood Jugnauth (à g.) devrait présider un High Level Committee, composé de Pravind Jugnauth, d’Ivan Collendavelloo et de Xavier-Luc Duval.

Le Premier ministre (PM) est attendu au pays ce lundi 3 octobre après trois semaines à New York et un crochet par Londres. Après un plaidoyer sur les Chagos à la tribune des Nations unies le 23 septembre, d’autres priorités attendent sir Anerood Jugnauth à son retour au bâtiment du Trésor.

Pour commencer, il devra éteindre les braises entre les partenaires de l’alliance gouvernementale, à la suite de déclarations publiques des uns et des autres après que lui-même a annoncé, la veille de son départ pour New York, la passation de pouvoir à son fils Pravind Jugnauth.

Sur ce plan-là, les choses devraient connaître des fine-tuning dès cette semaine. Une date pour cette intronisation est même avancée par ceux connus pour être dans les secrets de Dieu à l’hôtel du gouvernement, soit celle du 15 octobre. Le remaniement «very soon» annoncé par SAJ avant son départ pour le siège des Nations unies devrait, toujours selon ces mêmes sources, intervenir dans un second temps.

D’ici là, un autre dossier brûlant auquel devra s’attaquer le PM est le projet Heritage City. Il est prévu qu’il préside un comité composé des trois leaders de l’alliance, Pravind Jugnauth, Xavier-Luc Duval et Ivan Collendavelloo. Ce High Level Committee devra répondre à plusieurs interrogations qui ont mené au gel par le Conseil des ministres, le 5 août, puis à l’abandon du projet Heritage City. Cela, avant qu’il ne revienne d’entre les morts le 9 septembre dans un communiqué du Conseil des ministres remanié par Roshi Bhadain, ministre des Services financiers et de la bonne gouvernance. Ce comité aura la lourde tâche de décider si le projet Heritage City devra être ressuscité ou définitivement enterré.

Quelles sont donc les questions auxquelles devra répondre le comité ? D’abord, comprendre le choix de recruter la firme dubaïote Stree Consulting, sachant que le financement était dans un premier temps attendu de l’Arabie saoudite sur un accord Government to Government.

Puis, Stree avait-elle les compétences requises pour proposer le schéma directeur d’un projet d’envergure tel que Heritage City ? Ou encore, comment le contrat et les frais ont-ils été négociés et sur quelle base les paiements devaient-ils être effectués? Sur cette question, Roshi Bhadain a fait ressortir que les honoraires du consultant étaient en dessous de la moyenne pratiquée sur le marché. Cela, alors que d’autres seraient prêts à venir démontrer, preuve à l’appui, que le coût estimé du projet aurait été gonflé.

Autre énigme à régler: la fiabilité du Bagatelle Dam. Le High Level Committee devra s’assurer que des mesures seront prises dans le planning du projet Heritage City en cas de débordement provenant des failles structurelles du barrage. D’après le rapport Sanspeur, aucune mesure n’a été préconisée par Stree Consulting. Le rapport de Luxconsult, en annexe, soutient également qu’aucune étude approfondie n’a été commanditée pour le projet.

D’autres zones d’ombre à éclaircir par le comité concernent les décisions prises par le board d’Heritage City Company Ltd. En l’occurrence, les propositions formulées par les consultants, la validation du schéma directeur et le manque de techniciens et de professionnels qualifiés au sein de la compagnie créée pour gérer ce projet.

Le comité est aussi attendu sur une question fondamentale. C’est-à-dire si le projet est financièrement viable et si les coûts seront soutenus par le gouvernement, en sachant que le PM adjoint n’est pas favorable à la délocalisation de l’Assemblée nationale à Minissy. Du côté du ministère des Finances, il a déjà été annoncé que le montant initialement alloué dans le Budget pour Heritage City sera réorienté pour le financement d’autres projets, tels que le Metro Express.

Le tout, c’est d’être fixé sur le coût total du projet à son achèvement, le coût au mètre carré et le coût de la location ou de la vente des bâtiments, même si certains bâtiments seront utilisés par l’État. Une chose est sûre : les délibérations de ce comité devraient avoir des répercussions lourdes de sens sur le plan politique pour le chef du gouvernement notamment, qui est sur le point de céder le commandement à son fils. Lui qui, plus d’une fois, a affirmé qu’Heritage City lui tient à cœur. Un «héritage» qui fait face à au moins deux enquêtes. Une par la police et une autre par la commission anticorruption.

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