Alteo : de la paille de canne pour produire de l’électricité

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Après quelques jours à l’air libre, les feuilles de la canne seront récupérées grâce à des machines spécifiques.

Après quelques jours à l’air libre, les feuilles de la canne seront récupérées grâce à des machines spécifiques.

Ce sera la matière première d’une nouvelle centrale que le groupe cannier se propose d’ériger à Union-Flacq. Mais la combustion de la paille de canne sera expérimentée cette année même à Alteo Energy.

Brûler les feuilles de canne à sucre séchées, la fameuse paille de canne, pour en tirer le maximum d’énergie. Et utiliser cette source énergétique «propre» pour produire de l’électricité. Tel est l’objectif d’Alteo. Pour ce faire, le groupe cannier de l’Est se dotera d’une nouvelle centrale thermique, au coût de 200 millions d’euros, située à côté de sa sucrerie, à Union-Flacq. En attendant, la paille de canne sera utilisée dès cette année comme combustible dans la centrale actuelle d’Alteo Energy.

Comment ça marche ? La démarche consiste à inclure dans le processus de production énergétique non seulement la bagasse – résidu fibreux issu du broyage de la canne –, mais aussi la paille de canne, qui, sous la forme de feuilles séchées, tapisse généralement le sol des champs après une coupe. Désormais, cette paille ne sera plus laissée aux champs. Elle sera récoltée dans les espaces cultivés d’Alteo à l’aide de machines spécifiquement conçues pour ce genre d’opération. Le ramassage aura lieu après que les feuilles de la canne ont été laissées à l’air libre pendant quelques jours.

L’élaboration de ce projet de nouvelle centrale thermique est associée au fait que, dans deux ans, le contrat qui lie Alteo au Central Electricity Board (CEB), principal organisme de distribution d’énergie électrique dans le pays, arrive à terme. Le projet a déjà été soumis au CEB afin de trouver la formule devant permettre à Alteo à rentabiliser dans le temps cet important investissement. La mise à exécution du projet ne pourra se faire qu’après la signature d’un Power Purchase Agreement (PPA) avec le CEB. Il faut compter au minimum deux ans après cela pour voir les alternateurs transférer les premières unités d’énergie électrique de la nouvelle centrale thermique.

L’inclusion de la paille de canne résulte des efforts déployés jusqu’ici par Alteo pour repérer, outre la bagasse, d’autres sources d’énergies susceptibles d’être utilisées comme biomasse écologique. En plus de la paille de canne, il s’agit de copeaux de bois et de l’arundo donax, également appelé canne de Provence ou fatak. C’est une plante qui possède toutes les propriétés d’une source d’énergie thermique «propre».

Opérations agricoles

Cependant, la recherche de nouveaux combustibles «verts» n’est pas liée seulement au nouveau projet de centrale thermique. «Alteo réfléchit en ce moment à plusieurs options pour augmenter la part de la biomasse. Dès cette année, nous envisageons de commencer à brûler de la paille de canne dans la centrale actuelle d’Alteo Energy, en utilisant cette matière première qui est non seulement écologique mais déjà disponible dans nos opérations agricoles», soutient Sébastien Lavoipierre, Chief Operating Officer de la filière industrielle des opérations d’Alteo.

«Grâce à l’installation d’équipements beaucoup plus performants, qui répondent aux normes environnementales européennes, ce projet a pour objectif d’augmenter la production totale d’énergie électrique de 40 %. Cela, en produisant deux fois plus d’énergie verte qu’à présent et en utilisant 500 000 tonnes de biomasse, qui compteraient pour plus de 50 % de la production.»

Sébastien Lavoipierre estime que le projet de centrale électrique devrait pouvoir permettre au pays de franchir le seuil des 20 % en matière d’énergie verte. «Maurice va se hisser au niveau de la tendance mondiale dans ce domaine dont la moyenne oscille entre 20 % et 30 %.»

Grâce à son subsidiaire, Alteo Energy, le groupe Alteo exploite depuis 1984 le potentiel du secteur de la production énergétique pour le CEB. Alteo Energy dispose de deux unités thermiques d’une capacité de production de 19 et de 22 mégawatts respectivement. Elles brûlent du charbon et de la bagasse et fournissent 160 gigawattsheure d’énergie au réseau électrique national.

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