Point de presse: Pravind Jugnauth esquive les questions sur son rôle de futur PM

Avec le soutien de
Le ministre des Finances a tenu un point de presse, mardi 20 septembre.

Le ministre des Finances a tenu un point de presse, mardi 20 septembre.  

15 h 30. Tout était fin prêt pour le début de la rencontre. La conférence de presse du ministre des Finances Pravind Jugnauth était très attendue par toute la presse, mardi 20 septembre. Deux étiquettes de table sont placées à côté de Pravind Jugnauth. On retrouve le nom du secrétaire financier Dev Manraj et celui du directeur du Board of Investment (BoI) Ken Poonoosamy. Ces derniers étaient du voyage en Inde. «Bizin al dan lot lasal conférans», lance un fonctionnaire. On comprend rapidement pourquoi: la salle actuelle est pleine à craquer. L’autre salle est plus spacieuse. Le même décor y est planté.

Quelques minutes plus tard, Pravind Jugnauth, élégant, fait son apparition. Il est talonné par son secrétaire financier qui prend place à sa droite. Il donne déjà le ton. «L’objectif de cette conférence de presse est de parler de ma visite du 13 au 19 septembre en Inde. Une réussite totale à tous les niveaux», dit-il d’emblée.

Si tout le monde s’attend à ce qu’il commente l’actualité politique mouvementée durant son absence du pays et la tentative d’arrestation de son Senior Adviser Gérard Sanspeur, c’est un compte rendu de sa mission officielle en Inde qu’il servira à l’assistance pendant une demi-heure.

Ensuite vient la séance questions-réponses. Une première question retentit dans la salle. «Eski ounn paré pou vinn PM ?», lâche un journaliste. Pravind Jugnauth cache son embarras. La réplique est claire : «Mo konférans de pres inikman lor mo vizit an Inde. Mo konpran ki éna bann kestion daktialité. Mo pou gagn lokazion komant lor ban issues- la. Mo pa réfiz réponn. Apré mo pou fer li.»

On enchaîne avec une autre question sur le Double Taxation Avoidance Agreement. Il annonce que l’Inde assure un competitive edge à Maurice face aux autres traités qui sont en renégociation.

Les Chagos

Autre sujet au menu: les Chagos. Entre les actions prises jusqu’ici, le soutien de Narendra Modi et les «menaces reçues», la question qui suit est une nouvelle fois inévitable. «Êtes-vous en train de répondre en tant que futur PM ?», lance un autre journaliste à sa gauche.

Déterminés, les membres de la presse ne veulent pas lâcher prise. Mais Pravind Jugnauth est tout aussi déterminé à ne pas y répondre. Il parlera de sa mission en Inde jusqu’au bout. Même pas un mot sur la tentative d’arrestation de son Senior Adviser. Cette fois-ci, Pravind ne jouera pas le jeu des journalistes. Après son point de presse, on le retrouve détendu et souriant autour d’une petite collation, prêt à «koz kozé» avec les membres de la presse.

Questions – réponses

Êtes-vous satisfait de la discussion avec l’Inde sur le Double Taxation Avoidance Agreement (DTAA) ?

J’ai demandé aux Indiens qui négocient avec certains pays si on peut avoir un competitive edge par rapport aux négociations qu’ils auront pour d’autres traités. Au moins, il ne faut pas que le traité en vigueur soit moins favorable que les autres.

Roshi Bhadain a subi des critiques. Quelle est votre considération de son travail par rapport au DTA ?

Les critiques n’étaient pas justifiées. Certaines personnes ont causé beaucoup de tort à l’Inde dans le passé.

Sur l’aide financière demandée, y a-t-il un montant pour le Metro Express ?

Il y avait une somme pour Heritage City et le Metro Express dans le Budget. Le gouvernement a décidé de ne plus aller de l’avant avec Heritage City. Or, d’après la loi, l’on ne peut avoir une provision d’argent pour un item qui n’existe pas. La somme a été transférée dans les fonds du Metro Express. Il a fallu l’accord de l’Inde pour ce transfert d’argent. Nous avons discuté de ce sujet. J’ai demandé une flexibilité si jamais il faut utiliser cet argent pour un autre projet. Les Indiens sont d’accord sur le principe.

Vous dites que le gouvernement n’ira pas de l’avant avec Heritage City alors que le Premier ministre a déclaré que c’est en considération. Pouvez-vous préciser ?

J’ai déjà réagi suivant le communiqué, (NdlR : celui du Conseil des ministres) disant qu’à mon grand étonnement, ce n’est pas ce que nous avions discuté. Pour moi, le premier communiqué était exact.

Qu’en est-il du comité ministériel qui doit reconsidérer ce projet ?

Quelques ministres rencontreront le Premier ministre pour des discussions. À aucun moment, le gouvernement n’a pris la décision de revive Heritage City. Le second communiqué est inexact. Je suis le ministre des Finances, quand il faut financer des projets, j’ai des questions à poser.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires