Sharmila Pamela Seetulsingh-Goorah: L’UTM envisage de se relocaliser

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À la tête de l’université de Technologie de Maurice (UTM) depuis juillet 2015, Sharmila Pamela Seetulsingh-Goorah fait un survol de la situation. La directrice annonce aussi que l’établissement, situé à La-Tour-Koenig, pourrait déménager dès l’an prochain.

Treize mois depuis que vous êtes à la tête de l’UTM. Quel regard jetez-vous sur votre première année ?

Elle a été remplie de surprises. J’ai d’abord dû faire face à une série de problèmes dont j’ignorais l’existence. Il y avait un manque de procédures correctes et donc un manque de transparence. J’ai dû mettre beaucoup d’ordre à plusieurs niveaux.

Par exemple ?

C’est au niveau administratif que j’ai eu le plus gros choc. On m’a laissé un héritage lourd de cas juridiques contre l’université et qui nous coûtent très cher. On ne peut toujours pas recruter de nouveau Registrar, vu qu’il y a une affaire contre un ancien Registrar en cour et dont le jugement est attendu incessamment.

Puis, il y a ce cas logé par le Dr Hemant Chittoo, en janvier 2014, alors qu’il venait d’être nommé directeur par intérim de l’UTM. Il avait accès à tous les documents relatifs à la défense de l’UTM. Or, cette situation nous a largement handicapés étant donné que nos représentants juridiques ont démissionné.

On sent de la rancune dans vos propos…

Je reproche à n’importe quel directeur d’aller à l’encontre de ses «duties of directors», le principal étant de protéger l’intérêt de l’institution.

La situation à l’UTM est souvent décriée. Plusieurs personnes montent au créneau pour déplorer les problèmes d’infrastructures, la lenteur de l’administration, entre autres.

Je connais ces personnes. Ce sont des gens mécontents de l’ordre administratif qu’on est en train de mettre en place pour s’assurer qu’il y a davantage de transparence. Ce qui nous permettra de gérer les fonds de l’université d’une façon plus efficace et donc de protéger son intérêt et surtout celui des étudiants. Mais ce n’est pas une poignée de mécontents qui m’empêchera de réaliser ces objectifs.

Les personnes qui dénoncent ces choses-là ont la responsabilité de passer par une procédure correcte plutôt que d’aller jaser au niveau de la presse ou du bureau du Premier ministre ou encore au ministère de l’Éducation. Leurs efforts auraient été beaucoup plus constructifs pour l’université.

Il n’y a donc pas de climat d’incertitude qui règne à l’université ?

L’incertitude est créée par ces mêmes personnes. L’UTM a toujours opéré avec un budget restreint. Ce n’est pas nouveau. Avec la collaboration de mon équipe, nous arrivons à gérer et je reste très optimiste quant à l’avenir de l’université.

…même pas au niveau du taux d’inscription ?

Je tiens à rectifier le chiffre d’étudiants recrutés cette année paru récemment dans la presse. L’UTM recrute de nouveaux étudiants  deux fois  l'an, soit en mars et en août. À ce jour, nous avons enregistré un taux d’inscription de 639 étudiants en mars et 624 étudiants en août. Je suis contente que nous ayons pu maintenir notre taux d’inscription malgré la compétition élevée au niveau de l’enseignement supérieur et malgré notre budget minimaliste.

Mais quelle est la stratégie de l’université pour garder le rythme face à la compétition ?

Chaque année nous devons payer entre Rs 12 millions et Rs 13 millions pour la location de nos locaux. On a réfléchi et on s’est dit qu’il est grand temps de se relocaliser, en partie du moins, dans une région un peu plus accessible, soit à Trianon ou à Ébène. Cette proposition a été approuvée par le conseil d’administration, le 12 août.

La School of Innovative Technologies and Engineering ne bougera pas, mais les autres parties de l’université et l’administration, si. On travaille encore sur les spécifications mais c’est un projet qu’on envisage de lancer au début de l’année prochaine si tout se passe bien. Je pense que cela va nous aider en termes de visibilité et, d’autre part, augmentera notre taux d’inscription.

Une parenthèse politique. Votre nomination avait été contestée car vous étiez un membre actif au sein du MSM. L’êtes-vous toujours ?

On a tous une appartenance politique, sauf que la mienne est connue. Je réfléchis à l’avenir de mon pays car il s’agit du devoir de tout citoyen, mais je ne suis pas active sur le terrain.

Ma nomination a été faite selon les dispositions de l’UTM Act par le Premier ministre et la ministre de l’Éducation. Or, ces derniers sont les élus du peuple et à ma connaissance, on avalise les nominations de ceux qu’on a élus.

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