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Ved Prakash Torul: le savoir en héritage

20 août 2016, 12:49

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Ved Prakash Torul: le savoir en héritage

Conférencier, consultant, formateur et tout récemment chargé de cours. Le Pr Ved Prakash Torul est un homme d’expérience qui aime partager ses connaissances à travers le monde.

«Je suis arrivé à un stade de ma carrière où mes connaissances méritent d’être partagées sur le terrain.» Y a-t-il une vie après la Commission de conciliation et de médiation (CCM) ? Oui, affirme le Pr Ved Prakash Torul, qui y a passé une dizaine d’années. Depuis son départ de l’instance, en mars de l’année dernière, cet habitant de Phoenix passe le plus clair de son temps à partager son savoir. Que ce soit en tant que consultant ou en tant que chargé de cours.

Dans un premier temps, raconte le Pr Ved Prakash Torul, qui est bardé de doctorats, il décide de partager ses connaissances en tant que consultant en  règlement de conflits industriels auprès des entreprises pendant au moins un an. Ce n’est pas une véritable sinécure, dit-il, de trouver un terrain d’entente entre les employeurs et les syndicats, afin d’éviter les longues procédures fastidieuses qui mènent souvent à une grève.

Par la suite, le Pr Torul passe le plus clair de son temps à animer des conférences et des séminaires et à dispenser des formations aux responsables des ressources humaines. Il a ainsi l’occasion d’expliquer en détail l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act, qui ont remplacé l’Industrial Relations Act, qualifié de «scélérat» par les syndicalistes. Il a été sollicité, à plusieurs reprises, pour résoudre des conflits industriels sur le terrain et pour animer des séminaires au collège des fonctionnaires.

Les compétences du Pr Ved Prakash Torul sont aussi sollicitées en Afrique du Sud, où il s’installe pendant un certain temps. Notamment, à l’université de Johannesburg, où il anime des conférences sur le salaire minimum, le licenciement arbitraire et les relations industrielles.

Il est aussi très souvent appelé à corriger les copies d’examens des étudiants faisant une spécialisation dans les lois du travail, étant un examinateur externe de l’université de Cape Town et de la Metropolitan University d’Afrique du Sud. Il devient, par la suite, lecturer à temps partiel à l’université de Maurice, où il est, une fois de plus, sollicité pour aider les étudiants dans leurs travaux de recherches sur les grèves illégales.

Actuellement, l’ex-président de la CCM exerce comme chargé de cours à l’Aberstwyth University de Quartier-Militaire. Un poste qu’il a obtenu à la suite d’un exercice de recrutement international. Il y dispense actuellement des cours de LLB. Il indique que d’autres institutions supérieures font toujours appel à lui, étant le seul médiateur accrédité de l’université de Singapour à Maurice. Or, il préfère rester fidèle à l’université d’Aberstwyth, pour une question d’éthique. Outre sa passion pour le monde du travail, le Pr Torul se consacre aussi au travail social. C’est au sein du Rotary Club de Centre-de-Flacq qu’il a choisi de livrer ses connaissances gratuitement. Ce, dans le but de promouvoir le dialogue social.

Litige Industiel

En ce qui concerne sa carrière en tant que président de la CCM, Ved Prakash Torul soutient qu’il ne pouvait faire état des lacunes dans l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act quand il était en poste. Peut-il en parler librement maintenant ? «This is a very sensitive issue.» À son avis, plusieurs choses doivent être tirées au clair. Notamment, lorsqu’un litige industriel est référé à la CCM. «Qui peut déclarer qu’il y a un deadlock dans les négociations ? Le syndicat ou l’employeur ? C’est pourquoi je maintiens qu’il faudrait créer un deadlock breaking mechanism.»

Le professeur souligne aussi que c’est très souvent un manque de dialogue qui est à l’origine du conflit dans une entreprise. Il se demande combien de compagnies à Maurice disposent d’un comité d’entreprise et combien de procedural agreements en bonne et due forme existent pour reconnaître l’existence d’un syndicat. D’après lui, sans ces règlements, «on peut dire adieu au principe de négociation collective». Les employeurs continueront ainsi de venir avec l’argument qu’il faut augmenter la productivité et sauvegarder l’emploi lorsque les syndicalistes réclament des hausses salariales.

Une question : comment parvenait-il à régler des conflits industriels à l’amiable. Le Pr Ved Prakash Torul insiste sur la spiritualité. «C’est à travers la spiritualité qu’on peut cerner la profondeur d’un conflit industriel.» Ce père de quatre enfants tient cette approche de son propre père, un homme religieux originaire de New-Grove. Il dit avoir déjà songé à comment il aimerait qu’on se souvienne de lui lorsqu’il quittera ce monde. Il a entamé l’écriture d’un livre pour retracer tous les conflits industriels qu’il a résolus. Selon lui, c’est ainsi qu’on se souviendra de lui un jour.