François Eynaud: «les conditions pas encore réunies pour le corridor aérien»

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François Eynaud, CEO du Groupe Veranda Leisure & Hospitality.

François Eynaud, CEO du Groupe Veranda Leisure & Hospitality (VLH), se réjouit de la performance du groupe VLH qui a réalisé un chiffre d’affaires de Rs 2 milliards pour l’année se terminant au 30 juin dernier. Il insiste que l’ouverture de l’accès aérien va dans la bonne direction et trouve qu’il est normal qu’après un peu plus de trois ans, le gouvernement lève le gel de nouveaux projets hôteliers.

Au terme de votre bilan financier se terminant au 30 juin 2016, quelle est la performance du groupe VLH ?

VLH enregistre une très belle performance. Notre occupation moyenne a atteint 85 %, soit 7 points de mieux que l’année précédente et notre prix moyen par chambre a progressé de 11 %. Tous nos hôtels Veranda et Heritage ont réalisé d’importantes progressions et la rénovation de Veranda Pointe-aux-Biches a été un réel succès.

Malgré la fermeture temporaire de Veranda Pointe-aux-Biches, VLH réalise cette année un chiffre d’affaires de Rs 2 milliards, une progression de 15 % et des profits avant taxe de Rs 200 millions.

Qu’est-ce qui a contribué aux résultats positifs du pôle hôtelier du groupe Rogers ?

Nous nous sommes bien préparés pour la reprise et nous avons pleinement bénéficié de la relance des arrivées touristiques en 2015 et 2016.

Tout d’abord, les hôtels Veranda et Heritage ont d’excellents ratios de satisfaction-client, tous en progression. Nos équipes font de la constance et de la qualité de service leur priorité. Notre deuxième point fort c’est la qualité de nos produits et aussi des infrastructures dans lesquelles nous n’avons cessé d’investir, même durant les années difficiles. Troisièmement, nous avons su moderniser nos outils Sales & Marketing avec notamment le fort développement du business on-line, direct et de la communication numérique.

Par ailleurs, le développement continu de l’unique destination touristique du Domaine de Bel-Ombre dans un environnement naturel exceptionnellement préservé nous a aidé à conquérir et fidéliser les marchés. Heritage Golf Club, désigné meilleur golf de l’océan Indien en 2014 et 2015, a également apporté une belle contribution à notre performance.

À ce jour, quel est l’apport de ce pôle au chiffre d’affaires du conglomérat ?

Il faudra attendre les résultats du groupe Rogers, qui seront annoncés dans quelques semaines.

VLH est propriétaire de plusieurs établissements opérant dans le segment 3-étoiles et plus. Or, le groupe ENL, votre société holding, est également présent dans ce créneau à travers Food & Allied Group (Labourdonnais Hotel, Le Suffren, Hennessy Park Hotel etc.). Est-il envisageable, à terme, qu’il y ait une fusion entre ces deux pôles hôteliers pour créer plus de synergie dans ce secteur ?

Cette question n’est malheureusement pas d’actualité.

«L’occupation hôtelière nationale qui était descendue à 61 % en 2009 a atteint 70 % en 2015.»

D’une manière plus générale, comment évaluez-vous le secteur touristique aujourd’hui ? On parle de reprise avec une croissance de 10 % ?

Nous constatons effectivement une belle reprise de notre industrie touristique avec une croissance des arrivées de plus de 10 % en 2015 et 2016. Le gouvernement et le ministère du Tourisme ont su insuffler un nouveau dynamisme avec la restructuration de la MTPA, des stratégies qualitatives et la basse saison payante et une nette amélioration de l’accès aérien.

L’occupation hôtelière nationale, qui était descendue à 61 % en 2009, a atteint 70 % en 2015 et sera certainement en progression en 2016. Le load factor des compagnies aériennes a également progressé malgré l’augmentation du nombre de sièges. La demande pour Maurice est donc forte.

Estimez-vous que cette croissance est soutenable dans le long terme ou est-elle conjoncturelle ?

C’est vrai que Maurice bénéficie également de facteurs externes comme l’insécurité dans certains pays concurrents et du dollar fort qui rendent toutes les zones d’Asie, des Caraïbes et d’Amérique du Sud moins compétitives sur nos marchés traditionnels européens.

Mais je suis très optimiste car je pense que le secteur hôtelier mauricien se reforme, innove et se modernise aujourd’hui. L’amélioration de l’accès aérien va dans le bon sens et la bonne santé retrouvée d’Air Mauritius est de très bon augure.

Il nous faut néanmoins être très vigilants et proactifs quant aux incertitudes de l’économie mondiale et surveiller de près l’évolution du marché anglais et de la livre sterling à la suite du Brexit.

Dans quelle mesure l’ouverture du ciel aérien, avec l’avènement de nouveaux opérateurs (Turkish Airlines, Air Asia etc.), a-t-elle permis la croissance du secteur touristique ?

Comme je le disais précédemment, l’amélioration du service aérien et la venue de nouveaux opérateurs ont été primordiales pour la relance de notre industrie. Regardez la croissance des arrivées d’Allemagne en 2015 et 2016, croissance facilitée par une connectivité aérienne nettement améliorée. Les nouvelles dessertes par TUI, Lufthansa, Austrian Airlines, Eurowings, Turkish, et bientôt Air Asia, font beaucoup de bien à notre destination en facilitant le développement de nouveaux marchés et la pénétration plus forte des marchés traditionnels. N’oublions pas les contributions déterminantes d’Emirates et d’Air Mauritius, qui ont très bien développé le marché chinois.

Et quid de l’ouverture du corridor Asie-Maurice-Afrique ? Certains spécialistes parlent d’échec. Quel a été l’impact sur le taux de remplissage des hôtels ?

Le concept du corridor aérien Asie-Maurice-Afrique est très attractif, ne serait-ce que pour soutenir notre stratégie de hub aérien. Je pense qu’il y a un peu de confusion quant à l’exécution et la réalisation de ce projet. Toutes les conditions ne sont peut-être pas encore réunies.

Le ministre du Tourisme vient de lever l’interdiction frappant le gel de nouveaux projets hôteliers. C’est une mesure que vous aviez proposée à l’époque en tant que président de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM). Pensez-vous que le ministre a été bien inspiré en annonçant cette mesure ?

En effet, c’est une mesure que recommandait l'AHRIM depuis 2012 afin que la destination comble le déséquilibre entre l’offre (les chambres hôtelières et non hôtelières) en forte croissance et la demande (faible croissance des arrivées entre 2009 et 2014). Il fallait donner aux opérateurs un breathing space afin que la dégringolade des prix s’arrête et que des moyens soient dégagés pour rénover les produits et maintenir la qualité. La croissance à deux chiffres des arrivées en 2015 et 2016 nous permet de commencer à combler ce déséquilibre et remonter l’occupation hôtelière nationale au-dessus de 70 %. En 2007, elle était de 76 %.

C’était donc attendu et normal que le gouvernement lève le gel de nouveaux projets hôteliers. Il faudrait néanmoins bien choisir les nouveaux projets avec des opérateurs fiables, qui apportent un réel plus à la destination, et par ailleurs, continuer à améliorer la réglementation qualitative et sécuritaire des opérations para-hôtelières (formelles et informelles).

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