Honoraires de Trilochun: SAJ était-il au courant?

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Me Kailash Trilochun, dont les services avaient été retenus par l’ICTA dans une affaire de réclamation de dommages de plus de Rs 1 milliard, a perçu des honoraires de Rs 19 millions.

Me Kailash Trilochun, dont les services avaient été retenus par l’ICTA dans une affaire de réclamation de dommages de plus de Rs 1 milliard, a perçu des honoraires de Rs 19 millions.

Dès le départ, Me Kailash Trilochun a imposé ses conditions au conseil d’administration de l’Information and Communication Technologies Authority (ICTA). Ce, pour défendre l’organisme face à Emtel dans une affaire de réclamation de dommages de plus de Rs 1 milliard. C’est ce qui ressort d’un échange de courriers électroniques entre, d’une part, l’homme de loi et, d’autre part, Trilok Dabeesing, directeur de l’Information Technology de l’ICTA, et les membres du conseil d’administration. L’express est en possession de ce document.

Un extrait d’un e-mail datant du 7 avril pourrait embarrasser le Premier ministre (PM). Dans cet extrait, Me Kailash Trilochun fait mention d’une réunion qu’il a eue la veille avec sir Anerood Jugnauth en présence du Chairman de l’ICTA, Bhanoodutt Beeharee. «On lui (NdlR, le PM) a dit que moi seul ai demandé Rs 12 millions pour une affaire…»

Si cet avocat proche du Mouvement socialiste militant a, dans un premier temps, réclamé Rs 12 millions comme honoraires, c’est finalement la somme de Rs 19 millions qui  lui a été payée. Quand cette affaire a éclaté au Parlement, le mardi 9 août, sir Anerood Jugnauth a déclaré: «Je dois dire, Madame la présidente, qu’en recevant le montant, j’étais choqué…»

Toujours dans le mail du 7 avril, Me Kailash Trilochun affirme que lors de la réunion avec le PM, celui-ci aurait fait comprendre au Chairman de l’ICTA qu’il souhaitait donner le dossier à l’avocat. «The Prime Minister made it very clear in the presence of the Chairperson that he never asked for my contract as the legal adviser of the ICTA to be revoked. He never said the (sic) henceforth the SLO will be the adviser of the ICTA. He has asked that I be instructed as the legal adviser immediately. As a QC himself he understands that we are running out of time to prepare the case.»

Un peu plus loin, Me Kailash Trilochun écrit: «Il était convenu que j’allais être payé par heure.» Et dans ce mail, lit-on, l’homme de loi fait ressortir que le payer par heure n’était pas à l’avantage de l’ICTA, mais que cela semblait être le plan d’action privilégié. Le montant était de 400 dollars par heure pour une équipe de quatre personnes.

Extraits de courriels envoyés par Me Trilochun aux membres du «board» de l’ICTA le 7 avril et le 21 mars.
Extraits de courriels envoyés par Me Trilochun aux membres du «board» de l’ICTA le 7 avril et le 21 mars.

Par ailleurs, l’avocat reproche aux destinataires du courriel de ne pas avoir informé le Premier ministre de l’ampleur de cette affaire. «Il ne connaît rien du dossier, plus particulièrement que la réclamation s’élève à Rs 1,1 milliard et avec les intérêts, il sera considérablement supérieur», leur a-t-il rappelé.

Dans son communiqué émis tard mardi soir, Me Kailash Trilochun parle effectivement d’une réunion de haut niveau trois semaines après la révocation de son contrat comme avocat. C’est le 21 mars que son contrat a été révoqué une première fois par l’ICTA. Dans le même communiqué, il soutient avoir prévenu que la formule utilisée pour calculer ses honoraires n’était pas à leur avantage. «Mon avertissement a été ignoré», a-t-il écrit.

L’express a contacté le Chairman de l’ICTA. Un de ses proches a déclaré qu’il ne ferait pas de déclaration étant en congé maladie. Me Kailash Trilochun n’a répondu ni à nos appels téléphoniques ni à notre courriel. Rien non plus du côté du bureau du Premier ministre. Les membres du conseil d’administration de l’ICTA n’ont pas voulu faire de commentaires.

Me Valayden réclame une commission d’enquête

L’avocat Rama Valayden a eu la copie des courriers électroniques par courrier. C’est au nom de la bonne gouvernance et de la transparence, dit-il, qu’il en a fait parvenir une copie à l’express. «Je réclame une commission d’enquête pour faire la lumière sur cette affaire.» Ce n’est pas la première fois qu’il envoie des documents à la presse.

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