Pirates somaliens: libérés, mais pas délivrés

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Les pirates somaliens lors de leur comparution en cour, en 2013.

Les pirates somaliens lors de leur comparution en cour, en 2013.

Ils sont libres. En théorie, du moins. Les 12 pirates somaliens se sont vu accorder une rémission, en cour intermédiaire, jeudi. Ils ont passé leur première nuit au Correctional Youth Centre (CYC) pour filles à Beau-Bassin, sous la surveillance des limiers de la Special Support Unit (SSU). Et vendredi après-midi 12 août, ils ont été transférés au Chaland, toujours sous la garde de la SSU, où ils resteront jusqu’à leur rapatriement. D’aucuns se posent des questions car, bien qu’ils soient libérés, ils ne sont pas si libres…

«Sur l’avis du Directeur des poursuites publiques, en vertu des articles 8 (1d) et 20 de l’Immigration Act, ils doivent rester sous la garde légitime de la police», explique le commissaire de police (CP), Mario Nobin. En effet, l’article 8 de l’Immigration Act, intitulée prohibited immigrants, inclut aussi des personnes qui ont été condamnées ou qui ont commis un crime à Maurice (passibles d’une peine d’emprisonnement de pas moins de six mois). Alors que l’article 20 stipule que «toute personne qui est détenue en vertu de cette loi sera considérée en garde légitime le temps de sa détention, attendant d’être retirée de Maurice».

Jeudi après-midi, lorsque la sentence est tombée, «un arrangement a dû être trouvé au plus vite», indique Mario Nobin. Le commissaire des prisons Vinod Appadoo et le CP ont alors pris la décision de les transférer au CYC. Celui-ci étant le lieu «le plus rapproché et le plus convenable à ce moment-là», et inoccupé depuis que ses quatre locataires ont été libérées.

Toutefois, dans le courant de la nuit de vendredi à samedi, un autre endroit a été trouvé: Le Chaland. «Où pouvait-on bien les loger ? Les placer dans un hôtel impliquerait l’utilisation des fonds publics…», affirme Mario Nobin. Or, les police premises du Chaland «font provision des nécessités basiques, soit la nourriture et un abri. Il y a même des lits et la télévision. On verra s’il va falloir ajouter d’autres facilités à l’intention des  12 Somaliens», souligne le CP.

Au ministère des Affaires étrangères, on affirme que le nécessaire est en train d’être fait pour que ces pirates soient rapatriés au plus vite. Selon nos recoupements, ils devraient rentrer dans leur pays d’origine par un avion des Nations unies.


Rémission

Condamnés à 60 mois de prison, la cour intermédiaire a ordonné que le nombre de jours que les  12 pirates somaliens ont passé en cellule policière soit déduit de leur peine. «Ayant bénéficié d’une rémission, un tiers de leur peine a été réduit. Ce qui fait qu’ils ne sont passibles que de 40 mois de prison. Or, ils ont déjà passé trois ans et huit mois derrière les barreaux, soit 44 mois. Ils ont ainsi déjà couvert leur peine, voire plus», explique l’homme de loi, Me Neelkanth Dulloo.

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