Terres: Highlands, une smart campagne en ville

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Sérénité retrouvée sur les terres les plus convoitées du pays ? À Highlands, les «karo» regardent avec un peu d’incompréhension les morcellements résidentiels qui poussent comme des champignons. Loin des querelles politiciennes, on se plaint du chômage chez les jeunes. Alors que l’héritage qu’on voulait leur léguer – la ville administrative d’Heritage City – reste pour ces habitants un concept flou.

Poser innocemment la question : «Heritage City-la, ou koné ki ti pou éna ladan ?» Mains et ciseaux suspendent leurs activités dans le petit atelier de fabrication de matelas qui nous accueille à «Old Highlands». Le monsieur aux cheveux gris devant la porte nous dit spontanément : «Vini, koz avek mo garson

Cela fait cinq ans que Parvez Jeetun, 29 ans, a repris l’atelier de fabrication de matelas. «Nou kontan kan nou tann koz Highlands. Mais le projet a été annulé, n’est-ce pas ?» Gelé, annulé, ressuscité, c’est la vie des grands projets. L’idée même d’une ville administrative dans les hauteurs de l’île a au moins 25 ans et des poussières.

Les vestiges de l’ancienne sucrerie.

Avec candeur, Parvez Jeetun nous avoue : «Pa koné ki ti pou éna ladan.» Saviez-vous que le Parlement allait bouger de Port-Louis à Highlands ? «Non, non.» Saviez-vous que six ministères allaient monter vers Highlands ? «Non plus.» C’est quoi Heritage City pour vous ? «Mo ti pansé pou fer enn zafer kouma dan Ébène koumsa, avek bann biro». Au final, ce jeune entrepreneur est-il loin de la vérité ?

De son point de vue, ces nouveaux voisins auraient été «enn bon zafer». Car «le chômage affecte les jeunes à Highlands. C’est un problème grave. Latélié éna, travay péna». Lui-même se console en s’accrochant au fait que le local où se situe l’atelier lui appartient. Donc, pas de loyer à payer. «Travay, pa travay, éna zis pou pay travayer. Apré enn ti kas pou nou viv, sa li normal

Nous sommes à «Old Highlands». Dans ce mélange particulier à la ville de Vacoas-Phoenix, où l’on vit un peu comme à la campagne, en pleine ville. «Old Highlands», c’est le petit village où la vie était rythmée par la coupe sur Highlands Sugar Estate. Mais cela fait plus d’une décennie que l’usine a fermé ses portes. Ne reste plus que la balance qui est encore en activité. Depuis la fermeture de l’usine, cette localité est restée un peu endormie. Avant que ne bourgeonne le nouveau Highlands avec ses deux morcellements pour les bénéficiaires du Voluntary Retirement Scheme. Celui en cours de réalisation par le Sugar Investment Trust : Aurea, barricadé derrière d’impressionnants murs en pierre. Sans oublier le projet privé : Highland Rose.

Dans son «karo», entre ses giraumons, ses concombres et ses pommes d’amour, Coomaren Moonien ne perd pas une miette de tout ce qui se passe à Highlands. Tous les six mois, il renouvelle la location du terrain qu’il loue de la State Land Development Corporation. «Ou koné, bann later isi bien ris sa.» À sa manière, ce planteur nous dit ne pas comprendre pourquoi on plante du béton dans cette région où on n’a pas besoin d’irriguer les champs. «Ar lapli, nou fer légim pousé. Ce n’est pas comme dans le Nord où il y a souvent la sécheresse.»

Un petit atelier de fabrication de matelas à «Old Highlands».

Le prix des terrains flambe

 «Il n’y a plus personne qui vend des terres à Highlands.» Propos d’Umesh Rajwani, «Sales Executive» chez KDA Geosystems Ltd. Il s’occupe des ventes du morcellement Highland Rose, projet d’Omnicane qui a démarré en 2013. «C’était sous l’ancien gouvernement. À l’époque, on ne parlait pas d’Heritage City. Quand les autorités ont annoncé le projet, il y a eu un petit frémissement chez nous.» Et si Heritage City est tombé à l’eau, la perspective de la Highlands Smart City «crée un intérêt. C’est la demande qui fait monter le prix de vente des terres». Au départ, les prix avaient été fixés à Rs 13 000/toise pour le «non-gated community», Rs 16 000/toise pour le «gated community» et Rs 14 000/toise pour les emplacements commerciaux. C’était des terrains sans infrastructures. Aujourd’hui, les travaux ont été effectués avec l’eau, l’électricité et le téléphone en souterrain. «Quand on signera les contrats en septembre, on verra les prix de revente. La valeur s’est appréciée de 25 à 30 %.» Le cahier des charges est le même que celui du morcellement «Au Bout du Monde», à Ébène, autre projet d’Omnicane.

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