PNQ : Paul Bérenger veut des réponses sur Heritage City

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Le projet Heritage City était sous la responsabilité du ministère des Services financiers.

Le projet Heritage City était sous la responsabilité du ministère des Services financiers.

Le leader de l’opposition veut tout savoir de l’après-Heritage City. Ce mercredi 10 août, au Parlement, il demandera des éclaircissements au ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Qu’adviendra-t-il des terres prises à la State Land Development Company ? Seront-elles rendues à l’organisme ?

Et quid de l’Heritage City Company Ltd ? Continuera-t-elle d’exister ? Une question, surtout, en intéresse plus d'un : celle qui a trait à Stree Consulting et à ses factures qui font tiquer. Le leader de l’opposition veut en effet savoir qui paiera les frais astronomiques du consultant. 

D’ici au 2 septembre, l’État devra payer au moins Rs 123 millions restantes afin d’honorer ses engagements envers le consultant. Ce, pour un projet qui, finalement, ne va pas aboutir. Mais ce montant pourrait même être supérieur car il y a deux versions. Celle de Roshi Bhadain, corroborée par une source au ministère des Finances, et celle du rapport non signé et non daté, attribué à Gérard Sanspeur, conseiller spécial du ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

Sous les recommandations du High Powered Committee où siègent le secrétaire au cabinet, le secrétaire financier et le Solicitor General, les services de Stree Consulting ont été retenus par le Conseil des ministres pour 4,3 millions USD (Rs 153 millions). C’est ce qu’avait affirmé le ministre des Services financiers (à qui le Conseil des ministres avait confié la responsabilité du projet), à l’Assemblée nationale le 19 avril en répondant à la Private Notice Question (PNQ) du leader de l’opposition. L’accord avait été signé le 23 février 2016.

La tâche de Stree Consulting : concevoir un plan directeur (Master Plan) détaillé avec tous les plans d’ingénierie pour les six bâtiments du gouvernement (plans schématiques des infrastructures publiques, technologiques et énergétiques). Ce sont les phases une et deux. Selon les termes de l’accord, 20 % de cette somme (Rs 30 millions) a été payée à la signature de l’accord, et le reste doit être décaissé dans un délai d’un mois après la soumission de ce deliverable. Tout a bien été soumis au conseil d’administration d’Heritage City Co. Ltd le mardi 2 août et le gouvernement se retrouve dans l’obligation d’honorer ses engagements, soit de payer les Rs 123 millions restantes d’ici le 2 septembre.

Cela aurait pu être pire si le gouvernement n’avait pas annulé le projet «à temps». Car le 4 août, soit jeudi dernier (à la veille de cette désormais fameuse réunion du Conseil des ministres où tout a basculé), le même High Powered Committee avait estimé qu’on pouvait «en toute quiétude et pour un ‘excellent deal’» confier les phases trois et quatre (design détaillé de l’Heritage Square et du complexe multifonctionnel ainsi que la partie privée de la cité, c’est-à-dire les appartements, maisons, espaces commerciaux) au même Stree Consulting contre USD 4,7 millions supplémentaires, pour un total de USD 9 millions. À partir de là, les appels d’offres pour les constructions auraient été lancés. Mais le Conseil des ministres n’est pas allé de l’avant.

Toutefois, il y a aussi un autre scénario : celui qu’explique le rapport attribué initialement à Luxconsult (qui a démenti avoir vu ce rapport), mais qui émanerait en fait de Gérard Sanspeur. Lui, affirme que la facture totale aurait atteint les 19 millions de dollars (Rs 665 millions) et non USD 9 millions, en excluant les dépenses, telles que billets d’avion et hébergement qu’il faut rembourser aux consultants. Les phases une et deux, selon ses chiffres, totaliseraient USD 6,2 millions. Partant du principe que 20 % sont payés au départ et que 80 % le sont un mois après la soumission des phases une et deux, Stree Consulting, selon les chiffres de Gérard Sanspeur, a déjà reçu Rs 43 millions, et l’État lui doit Rs 175 millions.

Mais cette version de Gérard Sanspeur a été âprement démentie par Roshi Bhadain vendredi dernier. Une source au ministère des Finances affirme aussi, comme Roshi Bhadain, que le chiffre de 19 millions de dollars est «ridicule» et que, si le projet avait abouti, Stree Consulting n’aurait pas empoché plus de USD 9 millions. Une chose est sûre : entre la réponse de Roshi Bhadain à la PNQ du 19 avril, et le rapport Sanspeur, il est très difficile de réconcilier les chiffres.

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