Mémoire collective : ces ouvrages consacrés à l'archipel et à ses combats

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Des membres de la communauté chagossienne avaient visité l’archipel en 2006. Plusieurs auteurs se sont consacrés à l’aspect des droits humains dans ce dossier.

Des membres de la communauté chagossienne avaient visité l’archipel en 2006. Plusieurs auteurs se sont consacrés à l’aspect des droits humains dans ce dossier.

Les divers écrits disponibles sur les Chagos méritent lecture, tant que la bataille pour récupérer la souveraineté sur l’archipel ne sera pas gagnée.

C’est une cause qui passionne, qui révolte et qui fait débat. Depuis son démembrement du territoire mauricien en 1965, l’archipel des Chagos a fait l’objet de plusieurs ouvrages, dont des livres, des recueils et des études sociales. L’express revient sur quelques-unes de ces publications.

Jusqu’ici, le livre d’auteur mauricien qui rapporte le mieux les faits autour de l’excision des Chagos de Maurice est L’an prochain à Diego Garcia, paru en 2011. L’auteur, Jean Claude de l’Estrac, s’est appuyé sur des documents déclassifiés des archives de l’administration coloniale britannique. Une recherche qui a duré plusieurs années. Le livre relate de façon détaillée toutes les manoeuvres derrière le démembrement des Chagos en se basant sur des faits reposant sur des documents et des correspondances réels.

Des membres de la communauté chagossienne avaient visité l’archipel en 2006. Plusieurs auteurs se sont consacrés à l’aspect des droits humains dans ce dossier.

Autre ouvrage marquant, Island of Shame, dont la publication remonte à 2009. Il a été écrit par David Vine, anthropologue universitaire à Washington D.C. Le livre revient sur l’installation de la base militaire américaine à Diego Garcia. Il fait, par ailleurs, partie de la bibliographie de L’an prochain à Diego Garcia.

David Vine avait auparavant consacré une étude à l’expulsion et à l’appauvrissement des Chagossiens. The Expulsion and Impoverishment of the Chagossians, disponible à la Bibliothèque nationale, a été réalisé avec la collaboration d’un sociologue de l’université John Hopkins à New York et d’un professeur en droit et économie de l’université Ruthers aux États-Unis. Cette étude a pour conclusion que le chômage, l’insuffisance alimentaire, la malnutrition ou encore le taux de mortalité ont été plus importants au sein de la population chagossienne après son expulsion.

Le rapport du Select Committee on the Excision of the Chagos Archipelago est également disponible à la Bibliothèque nationale. Il date de 1982. La même année, K.S. Jawatkar publie Diego Garcia in International Diplomacy, qui relate l’histoire de Diego Garcia et discute de la présence militaire soviétique dans l’océan Indien. Les réactions des pays voisins y sont également incluses.

En 2002, Lalit sort le livre Diego Garcia in Times of Globalization. Autre ouvrage, Les Ziles La Haut de Jean Marie Chelin, publié en 2012. Il rend hommage aux exilés.

À la longue liste d’ouvrages publiés sous forme de livres viennent s’ajouter les thèses, les études et les articles disponibles en ligne. Parmi ces derniers, on remarque ceux de l’auteur Peter H. Sand, qui a publié plusieurs articles sur les Chagos, plus précisément sur l’île principale, Diego Garcia, dans le Journal of Environmental Law des Oxford Journals.

En 2009, dans un article qui a pour titre Diego Garcia: British–American Legal Black Hole in the Indian Ocean?, l’auteur s’intéresse à la position de la Grande-Bretagne et des États-Unis qui, selon lui, s’appuient sur des vides juridiques pour avancer que certaines lois et certains traités internationaux pour la protection des droits humains ne s’appliquent pas aux Chagos. Il évoque les conséquences écologiques de l’occupation de Diego Garcia à des fins militaires. Peter H. Sand sera, d’ailleurs, critiqué par la suite par d’autres auteurs.

Dans un autre article paru la même année, le Journal of Environnmental Law, Charles Sheppard, Jerker Tamelander et John Turner se disent surpris de la publication de Sand. Ils contestent, point par point, les exemples de cas de pollution relevés par l’auteur dans son article.

Tout comme certains s’intéresseront à l’aspect écologique dans l’archipel des Chagos, d’autres accorderont plus d’attention à l’aspect des droits humains. C’est le cas de Stephen Allen, chargé de cours à Brunel University de Londres. En 2007, il consacre un ouvrage aux perspectives de repeuplement de ce territoire.

Un aspect des Chagos qui a passionné les universitaires et les auteurs, c’est la question de souveraineté sur l’archipel. Dans sa publication, Garth Abraham, Associate Professor à l’université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, s’y intéresse de près.

D’autres auteurs, comme l’Américain Peter Harris de l’université du Texas, brasseront plus large en exposant trois aspects reliés entre eux sur le cas des Chagos. Dans son articleA political trilemma? International security, environmental protection and human rights in the British Indian Ocean Territory, l’auteur fait une analyse des questions politiques autour de l’archipel.

Par ailleurs, le dossier Chagos a fait l’objet d’un film documentaire sorti en 2004, Stealing a Nation, réalisé par l’Australien John Pilger. Il est disponible en ligne.

«Vincatassin ne représente qu’un petit groupe»

Ses propos ont jeté un froid. Momentané. Dans une lettre en date du mardi 12 juillet, Allen Vincatassin, président du Diego Garcia and Chagos Council, a souligné qu’une majorité de Chagossiens ne reconnaissent que la souveraineté des Britanniques sur leurs terres natales. Mais pour Fernand Mandarin, président du Comité social Chagossiens, sa déclaration n’aura que «peu d’impact».

Bien que concédant que les Chagossiens sont divisés sur la question de la souveraineté, Fernand Mandarin fait remarquer qu’Allen Vincatassin ne représente qu’un «petit groupe». Il s’agit, indique-t-il, de ces «Chagossiens» qui sont nés après 1965. «Les Chagos ont été déclarés British Indian Ocean Territory en 1965 et Vincatassin est né après 1965 là-bas, ce qui fait qu’il n’est pas enregistré à l’état civil mauricien. Ceux qui sont nés après 1965 là-bas représentent un petit groupe.»

Olivier Bancoult, président du Groupe réfugiés Chagos, désapprouve-t-il, lui aussi, les propos d’Allen Vincatassin ? «Nous ne partageons pas du tout son avis», dit-il à l’express. Le plus important, selon lui, ce n’est pas la question de souveraineté. «C’est notre droit de retour aux Chagos.»

Rappelons qu’en 2010, lors d’un entretien accordé à l’express, Olivier Bancoult avait commenté l’initiative de la Diego Garcian Society, menée par Allen Vincatassin, de nier la souveraineté de Maurice sur les Chagos. Il avait notamment déclaré que «Vincatassin sème la division».

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La démarcher de Maurice pour un avis consultatif

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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