«Vente de l’archipel» : La construction d’une base navale se dessine à partir de 1970

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Le coût du projet pour la base navale à Diego Garcia était estimé à Rs 100 millions.

Le coût du projet pour la base navale à Diego Garcia était estimé à Rs 100 millions.

Après 1965, suivant la «vente de l’archipel des Chagos», le gouvernement mauricien n’est pas encore en présence du projet détaillé de la coalition Grande-Bretange–États-Unis. D’ailleurs, Guy Forget, qui remplaçait le Premier ministre Seewoosagur Ramgoolam, déclare à l’Assemblée nationale, en réponse à une réponse de Gaëtan Duval, que le gouvernement local n’avait pas reçu de représentation de gouvernement étranger relativement à l’installation d’une base militaire. Toutefois, en 1970, les choses commencent à se dessiner.

Dans un article de presse en date du 17 décembre 1970, il est, en effet, précisé que les États-Unis veulent construire une base navale à Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, à 1 500 miles au nord-est. Cette base servira aux bateaux et avions américains et anglais. Le coût du projet est estimé à Rs 100 millions. Le début des travaux était prévu pour mars 1971 et le chantier devait prendre fin avant trois ans. Diego Garcia compte alors 500 âmes.

À l’époque, le MMM mène déjà campagne contre cette «vente illégale». Mais ce n’est qu’à partir de 1974 que ce dossier devient prioritaire pour les mauves. Selon Dev Virahsawmy, après la grève de 1971, plusieurs membres du Mouvement militant mauricien (MMM) étaient en prison, d’où le fait quele cas Chagos a été relégué au second plan pendant quelque temps.

D’abord, Suresh Moorba, candidat du MMM aux élections générales de 1976, devient le représentant légal des Chagossiens. Il laisse entendre que la Cour de La Haye serait saisie de cette affaire. À un an des élections de 1976, le MMM se fait de plus en plus vocal sur le cas Chagos. Au cours d’une conférence de presse, Paul Bérenger, secrétaire général du parti, réclame que les procès-verbaux des discussions sur «la vente de Diego» et la correspondance échangée entre les gouvernements britannique et mauricien soient rendus publics.

Il s’en prend également à Gaëtan Duval. Selon Paul Bérenger, en réponse à une question d’un membre du public à Rose-Hill, ce dernier aurait dit qu’il était d’accord pour céder l’archipel. Et cela, afin d’obtenir un bon prix pour le sucre et un bon contingent d’émigrants vers la Grande-Bretagne…

Problème de logement 

Des 434 familles qui ont été expatriées de Diego Garcia, 189 ont été casées à Roche-Bois, 188 à Cassis et d’autres à Petite-Rivière et à Cité La Cure. En septembre 1975, Seewoosagur Ramgoolam accepte de solliciter des experts afin de trouver une solution au problème de logement de quelque 1200 familles.

Dev Virahsawmy pour une «all parties conference»

Le Premier député du MMM, Dev Virahsawmy, se dit en faveur d’une «all parties conference» qui devait réunir tous les dirigeants politiques, même ceux qui ne sont pas représentés au Parlement pour discuter de cette affaire. «Il faut un travail sérieux en toute discrétion avant de passer à l’attaque.» Il estime que Maurice est bien parti pour remporter une bataille juridique. Pour Dev Virahsawmy, en se basant sur la convention des Nations unies, l’excision de l’archipel des Chagos est illégale ; les Britanniques ne pouvant vendre un territoire d’une colonie.

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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