Questions à…Lindsey Collen, membre de Lalit : «Maurice a un dossier bien ficelé»

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Quelle lecture faites-vous des derniers événements concernant Diego Garcia ?
À mesure qu’approche l’échéance, soit la fin des 50 ans du bail illégal réalisé, on arrive à un moment crucial du conflit. Les deux jugements – le premier concernant le parc marin et le second – celui de la semaine dernière – donnent des sueurs froides au tandem Royaume-Uni–États-Unis. L’ultimatum que leur a lancé le Premier ministre et qui a pris fin le 30 juin, a fait réagir ces deux superpuissances par le biais d’un communiqué…

… justement, que pensez-vous de ce communiqué ?
Un communiqué écrit à deux. Jusque-là, les États- Unis sont restés dans l’ombre, laissant à chaque fois au Royaume-Uni le soin de réagir. Mon opinion est que ces deux pays se trouvent dans une position de faiblesse. Les événements de ces dernières semaines, surtout avec le Brexit, semblent avoir pris de court le Royaume-Uni. Et il a demandé un délai pour faire connaître sa position. Le Premier ministre a accordé quelques jours. On verra ce que décidera le Royaume-Uni.

Pensez-vous que Maurice a raison de porter cette affaire devant la Cour internationale de justice (CIJ) ?
Absolument, car avec les deux jugements, Maurice «éna enn case solid». Il y a eu d’abord ce jugement sur le parc marin et le second, c’est un «dissenting judgment». Toutefois, tout comme Lalit avait fait appel à l’ancien gouvernement pour jouer carte sur table, je lance un appel à l’actuel gouvernement afin qu’il joue la carte de la transparence. Il ne faut pas avoir de secrets. J’ai eu des bribes d’informations à l’effet qu’aujourd’hui (NdL R, le 5 juillet), le Premier ministre a demandé à l’opposition d’être patiente et qu’il ne compte pas dévoiler sa stratégie. Pour moi, il ne devrait pas y avoir de secrets.

Quelle pourrait être l’issue de cette affaire ?
Je ne sais pas s’il est trop tard pour que Maurice présente sa résolution à la prochaine conférence des Nations unies, prévue en septembre. Mais en tout cas, comme je vous l’ai dit, Maurice a de solides arguments pour «fight son case» devant la CIJ. Pour moi, ce qu’a fait le Royaume-Uni en 1965 est illégal. Maurice n’était pas encore indépendant, alors je me demande comment un pays a pu acheter une partie de son territoire. Et la création du British Indian Ocean Territory (BIOT) est, selon moi, illégale. D’ailleurs, les Seychelles ont pu combattre le Royaume-Uni qui voulait qu’ils cèdent deux îlots. Les Seychelles avaient retenu les services d’un Mauricien, en l’occurrence Rajsoomer Lallah.

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L’avis consultatif demandé par l’Etat mauricien à la Cour international de justice (CIJ) sera capital dans le combat pour le combat de Maurice sur l’archipel des Chagos. Nous vous proposons tout un dossier sur les divers articles qui ont été publiés sur le sujet. La parole aux Chagossiens, les revendications auprès de diverses instances, ou encore l’intervention de SAJ devant la CIJ…

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