Étrangers: appartement, oui; maison individuelle, non

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Les autorités veulent encourager les promoteurs à compléter leurs projets d’appartements, tel Le Meritt à Trianon.

Les autorités veulent encourager les promoteurs à compléter leurs projets d’appartements, tel Le Meritt à Trianon.

Il n’y a plus de restriction sur l’achat d’un appartement par un ressortissant étranger. Annonce faite lors de la présentation du Budget 2016-17, vendredi. En revanche, un étranger souhaitant acquérir une résidence individuelle à Maurice devra repasser.

En vue d’ouvrir davantage l’économie aux compétences étrangères, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, a indiqué, dans son discours, que les citoyens non mauriciens auront la possibilité d’acheter un appartement. À condition, toutefois, qu’ils soient soumis à une vérification de sécurité.

«Auparavant, pour pouvoir acheter un appartement situé dans un immeuble de deux étages, un étranger devait posséder un Occupation Permit (NdlR, permis combiné de résidence et de travail) et pouvoir investir USD 100 000 dans le pays. Aujourd’hui, toutes ces conditions ont été abolies», explique Ken Poonoosamy, le Managing Director du Board of Investment (BOI), qui est chargé d’exécuter cette mesure.

Or, celle-ci est loin de satisfaire les spécialistes du secteur, qui la jugent «trop timide» pour pouvoir positionner Maurice comme une juridiction financière attrayante, susceptible d’attirer les meilleures compétences mondiales. «Un professionnel ayant son permis de résidence doit être libre de choisir d’acquérir un appartement ou une résidence individuelle. Il ne devrait pas y avoir cette restriction qui perdure depuis des années», argue Afsar Ebrahim, Deputy Group Managing Partner chez BDO.

Un point de vue auquel est sensible Couldip Basanta Lala, un des directeurs de l’International Financial Services Limited (IFS). «C’est une demi-mesure, étant donné qu’elle ne change pas de manière radicale la situation telle qu’elle se présente pour les étrangers aujourd’hui, fait-il ressortir. L’ouverture de Maurice aux professionnels étrangers ne sera pas complète s’il y a un blocage par rapport à certains privilèges auxquels ils ont généralement droit dans d’autres juridictions.»

Une opinion que ne partage pas le nº 1 du BOI. «Par rapport à la situation antérieure, c’est une grande avancée pour le pays. Surtout dans le cadre du projet du gouvernement d’attirer des spécialistes afin qu’ils participent à la deuxième phase du développement économique du pays.» Ken Poonoosamy souligne, dans la foulée, qu’il est «évident» que la vente des terrains aux étrangers ne peut être libéralisée. Cela, dit-il, «générera de la spéculation foncière et fera renchérir leurs prix de vente». Il faut comprendre, poursuit-il, que la superficie de Maurice ne peut rivaliser avec celle de Dubaï.

Ken Poonoosamy rappelle que Maurice propose d’autres plans aux ressortissants étrangers. Il cite notamment le Property Residence Scheme, qui offre la possibilité à des étrangers d’être acquéreurs d’une villa de luxe, y compris le terrain.

La finalité de cette nouvelle mesure budgétaire, qui fera l’objet d’un amendement à la Non-citizens (Property Restriction) Act, vise, selon le BOI, à doper le secteur de la construction et encourager les promoteurs à se lancer dans de nouveaux projets d’appartements. Et aussi à compléter d’autres, tel Le Meritt qui est devenu un véritable «eye-sore» sur l’autoroute de Trianon.

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