Meurtre à Chemin-Grenier: «Pourquoi es-tu partie…» se lamente la mère de Wendyna

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L’incompréhension a gagné le village de Chemin-Grenier. Ici des proches de la victime.

L’incompréhension a gagné le village de Chemin-Grenier. Ici des proches de la victime.

C’est parée dans des vêtements traditionnels qu’elle voulait porter pour le mariage de son cousin que Wendyna Narayanasawmy, 21 ans, a quitté la maison de sa tante, pour se rendre à sa dernière demeure. Les funérailles de la jeune femme ont eu lieu le jeudi 21 juillet. Ses proches, accablés, ont été nombreux à lui rendre un dernier hommage.

Depuis que la dépouille de sa benjamine est arrivée mercredi, Savita Narayanasawmy ne l’a pas quittée des yeux. Wendyna, qu’elle appelait affectueusement «Bébé», aurait été tuée de sang-froid par «un bourreau», qu’elle estimait comme «un fils».

Savita Narayanasawmy et ses deux autres filles, Rilana et Jenita, sont dévastées. Jenita, la cadette, a fait le déplacement d’Irlande pour assister aux funérailles de sa sœur. Elle venait de regagner son pays d’adoption après quelques semaines de vacances à Maurice.

À 11 heures, lorsque le religieux commence à réciter ses prières pour les obsèques, Savita Narayanasawmy, craque. «Kifer to pann kriyé mwa. To ti dir mwa zamé to pa pou kit mwa. Kifer to pé alé avan mwa!» se lamente-t-elle avant d’être consolée par ses filles et ses proches. Elle peine à imaginer qu’elle ne verra plus sa benjamine. «Wendyna était une fille tellement obéissante, douce et toujours joviale», relate une proche, les larmes aux yeux.

Deux couteaux retrouvés sur le toit

Le mardi fatidique, rien ne laissait présager que Wendyna Narayanasawmy, promise à un bel avenir, allait être poignardée à mort. Sa tante l’avait appelée aux alentours de 16 heures, pour confirmer un rendez-vous pour le lendemain. «Elles devaient se rendre chez l’esthéticienne», raconte une proche. Wendyna avait tout préparé pour le mariage de son cousin, prévu ce week-end. «Elle était tout excitée. Elle avait déjà acheté ses vêtements. Ce sont ces mêmes vêtements qu’on lui a mis pour ses funérailles», laisse entendre son oncle.

C’est aux alentours de 16h30 que Savita Narayanasawmy a fait la découverte macabre. Elle était partie récupérer de l’argent avec des amis réunionnais, pour le compte du religieux Julien Latchimy. Mais ces derniers ne se sont jamais présentés. À son retour, la mère de la victime découvre que sa porte est cadenassée et qu’il y a des traces de sang sur les antivols.

Ayant pu entrer dans sa maison, elle y découvre le corps sans vie de sa fille et le religieux à ses côtés. Ce dernier s’était ouvert les veines de la main, avait une entaille au cou et des blessures à l’abdomen. Il a fait signe à l’habitante de Chemin-Grenier qu’il avait laissé une lettre. Mais l’écriture était illisible. Les deux couteaux qui ont servi pour le crime ont été retrouvés sur le toit de la maison. La Criminal Investigation Division et la police de la localité travaillent de concert pour savoir qui a lancé les armes du crime sur le toit.

Le présumé meurtrier est admis aux soins intensifs de l’hôpital Jawaharlall Nehru. Il a été placé sous respiration artificielle, après avoir subi une intervention chirurgicale.

La jeune fille avait complété sa deuxième année d’études en comptabilité. Elle avait reçu ses résultats lundi. Wendyna Narayanasawmy était ambitieuse et avait des projets plein la tête. Selon sa mère, elle n’avait aucun projet de mariage de sitôt, contrairement à ce qu’avait affirmé Me Said Larifou, l’avocat de Julien Latchimy, le présumé meurtrier. Ce dernier avait confié à son avocat qu’il aimait Wendyna et comptait l’emmener à l’île sœur, après l’avoir épousée civilement.

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