Sydney Selvon: «SSR a été racheté par son fils Navin Ramgoolam»

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Sydney Selvon, ancien rédacteur en chef du Mauricien et ancien attaché de presse de Raj Dayal.

Sydney Selvon, ancien rédacteur en chef du Mauricien et ancien attaché de presse de Raj Dayal.

Sydney Selvon, ancien rédacteur en chef du Mauricien et ancien attaché de presse de Raj Dayal, a pris plus d’un à contrepied en affirmant que les Chagos n’ont pas été vendus en 1965. Pourquoi cette prise de position? Explications.

Pourquoi dites-vous que les Chagos n’ont pas été vendus en 1965 (NdlR, éditorial de Nad Sivaramen du mercredi 13 juillet) malgré les documents officiels de «vente» et les trois millions de livres sterling versées au Trésor public de Maurice?

Toute vente proclamée ou documentée des Chagos est nulle et non avenue dans le droit international. En particulier, le droit des peuples à l’autodétermination affirmée à plusieurs reprises par des résolutions de l’Assemblée générale des Nations unies. Ces résolutions font partie du droit international qui mena d’ailleurs à une guerre contre l’Irak conduite par les États-Unis et leurs alliés. Une guerre basée sur des violations irakiennes alléguées des résolutions des Nations unies contre la souveraineté du Koweït.

On ne peut pas vendre une partie de son pays sans l’exercice du droit à l’autodétermination en bonne et due forme, selon la procédure prévue dans la loi internationale sur la décolonisation introduite bien avant 1965. Soit en 1914 par la résolution 1514 votée par les Nations unies qui reste toujours en vigueur et a été renforcée par des résolutions subséquentes.

Qu’est-ce qui vous fait dire que la souveraineté des Chagos est restée mauricienne?

Le Tribunal international du droit de la mer (ITLOS) a tranché à l’unanimité en faveur de l’État mauricien contre la mise en place du parc marin unilatéralement et, ajoutent les juges, illégalement décrété par Londres dans le dos de Maurice. Ils ont aussi décidé que les Chagos doivent être rendus à l’État mauricien lorsque ces îles ne sont plus nécessaires à des fins de défense. Maurice a donc obtenu une nouvelle fois la reconnaissance du droit différé de souveraineté selon l’engagement signé de Londres envers Maurice en 1965. Accord qui fait partie aujourd’hui du droit international de la mer. On peut parler de souveraineté alternative mauricienne acquise en droit international de la mer à partir de la décision des juges. Pour citer le jugement, «that the United Kingdom’s undertaking to return the Chagos Archipelago to Mauritius when no longer needed for defence purposes is legally binding».

Pourtant, le combat de Maurice pour la souveraineté existe bel et bien?

Fin légiste, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth (SAJ), sait ce qu’il dit lorsqu’il affirme qu’il vaut mieux aller devant la Cour de justice internationale. Le combat existe donc au plus haut niveau de l’État mauricien et parmi ceux-là mêmes qui ont affirmé faussement que les Chagos avaient été vendus, notamment les dirigeants de l’époque du Parti travailliste et du Parti mauricien social-démocrate, et qui ont trompé l’opinion publique, il y a eu des retournements de veste.

Sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR) a finalement admis qu’il y a eu chantage pour l’indépendance de la part de Londres, ce qui renforce en fait l’illégalité du retranchement du territoire mauricien. SSR a été racheté par son fils, Navin Ramgoolam, qui a traîné les Anglais avec succès devant ITLOS. SAJ, qui a participé aux négociations de 1965, ne reconnaît même pas le British Indian Ocean Territory et tout comme lui, il faut également rendre hommage à l’ancien Premier ministre Paul Bérenger pour n’avoir jamais fléchi lui aussi dans le combat pour la souveraineté et pour s’être joint à l’actuelle coalition nationale de tous les partis parlementaires pour ce combat.

Lire l’intégralité de l’interview dans notre dossier Chagos: les récits d’un combat.

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Maurice a remporté une première bataille avec le vote de la résolution sur les Chagos à l’Assemblée des Nations unies le jeudi 22 juin. Une résolution adoptée avec 94 voix en faveur de la résolution, 15 voix contre et 65 abstentions. Prochaine étape : la Cour internationale de justice…

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