Études en Angleterre: Theresa May fait «fuir» les Mauriciens

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Prashant Purmah a opté pour la filière scientifique et enseigne également la physique.

Prashant Purmah a opté pour la filière scientifique et enseigne également la physique.

L’arrivée de Theresa May au 10 Downing Street relance le débat sur le statut des étudiants étrangers en Angleterre. En effet, la nouvelle Première ministre n’a jamais caché ses intentions quant au contrôle strict du nombre d’étudiants étrangers en vue de faire baisser les chiffres de l’immigration. Depuis qu’elle est aux commandes, les opérateurs du secteur de l’éducation prévoient une nouvelle chute du nombre de personnes souhaitant étudier en Angleterre.

Doris Chitson, directrice de l’Overseas Education Centre (OVEC), explique que les étudiants mauriciens sont de moins en moins séduits par le pays de Sa Majesté depuis que ces lois ont été évoquées. Depuis l’année dernière, déjà, les étudiants étrangers n’ont plus le droit de travailler pendant qu’ils font leurs études. En sus de cela, ils doivent quitter le territoire britannique dès la fin de leur cursus universitaire.

Doris Chitson exprime aussi sa crainte quant aux étudiants déjà sur place, qui pourraient, pour certains, être contraints de rentrer avant la fin de leurs études. «Les étudiants avaient le droit de travailler 20 heures par semaine, ce qui leur permettait de financer partiellement leurs études. Sans cet apport financier, il leur sera difficile de les poursuivre», affirme-t-elle.

«Depuis que cette loi a été annoncée, le nombre d’étudiants qui postulent pour l’Angleterre a chuté», fait ressortir Doris Chitson. Selon elle, avant cette loi, la préférence des étudiants était répartie entre trois pays: l’Australie, le Canada et l’Angleterre. Et chacun attirait environ un tiers de ceux qui allaient étudier à travers l’OVEC.

Mais depuis l’année dernière, le nombre d’étudiants «intéressés» par l’Angleterre a atteint moins d’un dixième. L’accession de Theresa May au poste de chef du gouvernement ne présagerait rien de bon pour les étudiants étrangers. D’ailleurs, Doris Chitson prévoit que cette situation perdurera.

Toujours selon la directrice de l’OVEC, c’est le Canada qui a la cote car la politique concernant les étudiants étrangers est nettement plus favorable. «Avec des frais de scolarité plus bas, ils sont assurés de pouvoir travailler pendant au moins trois ans», souligne Doris Chitson pour justifier cette nouvelle tendance.

La Tertiary Education Commission rassure

Au niveau local, la Tertiary Education Commission (TEC) ne dresse pas un tableau noir de la situation. «C’est une décision du gouvernement britannique, donc nous n’avons aucun droit de regard dessus», lâche Surendra Bissondoyal, Chairman de la TEC. L’Angleterre, poursuit-il, a déjà mis en place ce type de législation avant de revenir dessus, donc il se peut que la situation se répète.

Même à Maurice, dit le Chairman, le gouvernement avait mis en place ce type de réglementations avant de revenir à de meilleurs sentiments envers les étudiants venus d’ailleurs car l’impact sur les inscriptions se fait vite ressentir. Mais comme la situation n’est pas définitive, la TEC pense déjà à des moyens pour subvenir aux besoins des étudiants qui seraient susceptibles de revenir au pays avant la fin de leurs études. Surendra Bissondoyal indique que tout comme il est possible pour les étudiants ayant commencé leurs études ici de les compléter au Royaume-Uni, «il est possible de le faire dans l’autre sens aussi». D’ailleurs, dit le Chairman, les principaux campus d’Angleterre ont une branche à Maurice.

En revanche, dans le cas où une université ne serait pas représentée localement, il avance qu’il sera toujours possible d’évaluer le niveau des étudiants au cas par cas. Et ensuite les référer à une université présente ici.

Ils y sont

Les principaux intéressés, soit les étudiants mauriciens qui sont déjà sur place, appréhendent les mesures à venir. Parmi, Prashant Purmah, étudiant en deuxième année, ayant opté pour la filière scientifique. Pour l’instant, il travaille toujours comme enseignant en physique. «Malgré les réglementations du gouvernement, le secteur de l’éducation tertiaire a toujours offert son appui aux étudiants. Si une telle interdiction devait se concrétiser, cela posera problème, certes.» Pour contourner la difficulté, il pense «suivre une formation pour devenir enseignant professionnel, ayant reçu une proposition de financement». S’il est mieux loti que d’autres, c’est parce qu’il y a actuellement un manque d’enseignants pour les matières scientifiques, précise-t-il.

Audrey Albert, 25 ans, étudie quant à elle la photographie depuis l’année dernière. Depuis son arrivée dans ce pays, elle travaille comme hôtesse dans une salle de bowling. Elle était au courant du fait qu’après ses études, il faudrait rentrer à Maurice. «Quant au travail pendant les études, nous avons eu vent du problème mais jusqu’à présent, rien n’a été fait pour nous chasser!» ironise-t-elle. Les universités ont, cependant, mis en place un système pour «vraiment» contrôler la présence des étudiants en classe.

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