Vinod Appadoo: droit dans ses bottes

Avec le soutien de

Il a terminé sa Form VI un vendredi, a intégré la force policière trois jours après et a réalisé un rêve d’enfant. Le nouveau commissaire des prisons croit davantage en la réhabilitation que la punition.

Quels ont été les temps forts de votre carrière longue de 42 ans dans la force policière ?

Mes plus longues affectations ont été à la Special Mobile Force (SMF) et à l’Anti Drug and Smuggling Unit (ADSU). Dès mon recrutement, j’ai été envoyé à l’ADSU et il y avait encore des chefs anglais qui m’ont inculqué rigueur et discipline. Ma carrière a été riche. J’ai eu l’occasion d’intégrer la B Company, de même que le Groupement d’intervention de la police mauricienne et ensuite de le diriger. Étant donné mon rang, j’ai participé à toutes les grosses opérations, dont l’arrestation de Rajen Sabapathee.

Qu’est-ce qui vous a agacé dans la force policière ?

Le fait d’avoir une nouvelle affectation à chaque nomination d’un nouveau Commissaire de police.

Ayant dirigé l’ADSU, comment expliquezvous la montée en puissance des drogues synthétiques ?

Je dois d’abord dire que lorsque les drogues synthétiques ont fait leur apparition sur le marché mauricien, leurs composants ne figuraient pas sur les cédules du Dangerous Drugs Act (DDA). J’ai réuni toutes les parties concernées pour introduire ces composants dans le DDA et les rendre illégaux. C’était à peine fait qu’il y avait une question parlementaire sur le sujet. Elles existent oui mais je crois que leur ampleur a été gonflée. Trois quarts des noms figurant sur les listes soumises à l’ADSU sont déjà emprisonnés. Les policiers de l’ADSU font leur travail efficacement.

Quels sont vos projets prioritaires à la prison ?

J’ai pris mes fonctions le 1er juillet et je dois dire que j’ai été si bien accueilli. Je suis confiant que les Prison Officers font leur travail professionnellement et je suis honoré de travailler avec eux. Aux détenus, je dis, je ne suis ni votre ennemi, ni votre adversaire. Nous sommes là pour vous aider à vous réhabiliter. Les gens n’arrêtent pas de dire que l’État dépense trop par détenu, soit Rs 700. Je vais les faire planter, récolter, faire de l’élevage et consommer et tout surplus pourrait être fourni au secteur public. Je crois en la réhabilitation et la réinsertion car être privé de sa liberté est déjà une punition en soi. J’aurais souhaité que les délits commis quand une personne est mineure ne soient pas inscrits sur son certificat de moralité. Comme les détenus libres ont du mal à trouver un emploi, je suis prêt à faire des recommandations en leur faveur en cas de conduite exemplaire à la prison.

Quid des institutions pour mineurs ?

Nous leur accorderons une attention particulière car nous sommes des parents avant tout, nous aussi.

Que faites-vous durant votre temps libre et durant les week-ends?

J’habite River Walk et j’ai un griffon nommé Milly que j’adore. Je l’emmène faire de longues balades au Gymkhana Club, tout en écoutant les talk-shows à la radio. Le dimanche, mon épouse Diva, qui travaille à la Bibliothèque nationale et moi préparons un piquenique et nous roulons sans but précis et c’est en chemin que nous décidons où nous rendre. Nous sortons en couple avec des amis.

Parlez-nous de votre famille.

Je suis marié à Diva qui m’a donné une fille, Nishna, 32 ans, qui est comptable. Elle est mariée à Surosh, ingénieur, que je considère comme mon fils et ils vivent en Grande-Bretagne. Diva et moi allons souvent leur rendre visite. Je dois dire que mes proches ont été mon plus grand soutien. Je dois saluer la patience de ma femme car pendant ma carrière, mon téléphone était allumé 24 heures sur 24 et souvent il sonnait la nuit. J’étais obligé de décrocher car mes hommes effectuaient des opérations et à n’importe quelle heure, ils avaient besoin de me consulter. Chapeau à ma femme d’avoir supporté cela.

Gourmand ou gourmet ?

Gourmet. Je mange peu mais des choses de qualité. Je surveille ma ligne et j’ai quelques équipements de gym à la maison sur lesquels je m’entraîne régulièrement.

Un péché mignon ?

J’adore les fruits de saison, surtout la goyage, de même que les jus de fruits frais.

Pratiquez-vous du sport?

Trois fois la semaine, je vais marcher et faire du jogging au Gymkhana, au Wellness Park et au Trou-aux-Cerfs.

Quels livres lisez-vous?

Je lis surtout des magazines liés à mon métier et des jugements qui me permettront de jeter un nouvel éclairage sur le travail de la police.

Quel type de musique écoutez-vous ?

Les vieilles chansons de Bollywood.

Votre émission de télévision préférée ?

Les séries policières et les documentaires sur la chaîne Voyage.

Votre idée du bonheur?

C’est avoir une famille unie et soudée. Je suis très proche de ma mère qui a 82 ans et de mes quatre frères et deux sœurs. Il en est de même avec mes neveux et nièces. J’ai perdu un de mes frères qui était policier lui aussi et qui est mort assez jeune. Nous aurions pu mal tourner car mon père est mort avant ma naissance mais ma mère a su tenir fermement ses enfants.

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde?

Apporter ma contribution pour que Maurice soit vraiment un paradis et faire en sorte que tout un chacun soit conscient de l’importance de son apport positif sur cette terre.

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