Retour aux Chagos: les yeux rivés sur Cameron

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David Cameron a dû répondre au Parlement sur le jugement de la Cour suprême quant au dossier Chagos.

David Cameron a dû répondre au Parlement sur le jugement de la Cour suprême quant au dossier Chagos.

Depuis le jugement de la Cour suprême britannique mercredi dernier, le Groupe réfugiés Chagos (GRC) s’en tient à une récente déclaration du Premier ministre démissionnaire anglais David Cameron. Il a affirmé le même jour, au Parlement britannique, qu’une «annonce sera faite dans les mois à venir».

«The National Security Council has been considering the issue. We have looked at the options and the costs and benefits of the various things that we could do, and we will make an announcement in the coming months», a-t-il déclaré. Il répondait à une question du député Henry Smith qui déplorait que le jugement de la Cour suprême n’ait pas été en faveur des Chagossiens. Celui-ci voulait ainsi savoir si le Premier ministre britannique serait disposé à autoriser les Chagossiens à retourner dans leurs îles d’origine.

Ces travaux parlementaires ont été suivis de près par le GRC. Me Robin Mardemootoo, avocat de cette organisation, affirme que pour le moment, le groupe a décidé d’attendre de connaître la proposition du Premier ministre britannique.

«S’il n’y a aucune proposition avant la démission de David Cameron, nous entamerons certainement d’autres procédures légales. Mais nous espérons que rapidement les Chagossiens soient appelés et qu’une proposition leur soit faite. Nous espérons aussi que la proposition s’accompagne de modalités. On ne peut pas lâcher les gens en pleine nature. Il faudra des infrastructures», fait valoir l’homme de loi.

Trois options

En parlant d’infrastructures, il existe bien un rapport de la firme KPMG préparé en 2014 et qui a été circulé en 2015. Bien que n’étant pas final, ce document propose trois options pour le retour des Chagossiens dans leur archipel.

Une première option parle d’y envoyer quelque 1 500 Chagossiens. Selon ce rapport, c’est l’option qui coûterait le plus aux autorités britanniques, soit environ 370,8 millions de livres sterling (Rs 17,7 milliards). Car il faudrait, toujours selon ce rapport de KPMG, compter la création d’un aéroport qui nécessiterait autour de 125 millions de livres sterling et la construction d’un port estimé à 50 millions de livres sterling. Cette option prendrait, selon l’étude, six ans pour se concrétiser.

La deuxième option consiste à envoyer environ 500 personnes sur l’archipel au coût de 94,2 millions de livres sterling (Rs 4,5 milliards) sans l’aéroport ni le port. Un projet qui prendrait quatre ans pour être finalisé.

Quant à la troisième option évoquée, elle se veut un projet pilote où 150 Chagossiens seraient envoyés sur l’archipel. Elle reviendrait à 54,6 millions de livres sterling (Rs 2,6 milliards) sans les infrastructures aéroportuaires ni portuaires, projet qui prendrait trois ans pour être exécuté.

Il ressort que sur plusieurs plans, notamment la fertilité du sol, l’abondance des ressources marines, les facilités d’accès et les possibilités pour des projets d’écotourisme, Diego Garcia – là où est implantée la base militaire des Américains – a le meilleur profil, faisant ainsi penser que l’île serait la plus adaptée à la réinstallation des Chagossiens, selon cette étude.

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