Aisha Timol: «Les banques doivent jouer la transparence avec les clients»

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Aisha Timol situe la démarche de l’association des banquiers de réviser son code d’éthique. Elle insiste sur l’importance de vulgariser les services financiers auprès de la population afin, par exemple, d’éviter les Ponzi.

Vous venez de rendre publique la version 2016 du «Code of Ethics and of Banking Practice». Qu’est-ce qui a changé au niveau de ce secteur ainsi que des services proposés par les banquiers pour justifier des changements au niveau du code?

La version 2016 est la quatrième édition du code de la Mauritius Bankers Association (MBA). Il est révisé et actualisé chaque trois ans et même plus tôt si de nouvelles normes entrent en vigueur ou de nouvelles directives sont émises par la Banque centrale ou le Comité de Bale pour la supervision bancaire. Nous en sommes donc à la quatrième version qui comprend aussi et ce depuis 2013, un code d’éthique qui met en avant des valeurs à suivre et le comportement du personnel des banques tel l’intégrité.

Ce nouveau code comprend une sous-section sur l’éducation financière à vulgariser pour mieux expliquer les droits et les obligations des clients envers les banques commerciales. Estimez-vous que cela est une priorité?

Tout à fait. Il est d’autant plus important de nos jours pour plusieurs raisons: premièrement, pour promouvoir l’inclusion financière, c’est-à-dire pour rendre accessibles les services financiers à un plus grand nombre. Ceci, afin de favoriser le développement économique et d’accroître la croissance. À ce titre, Maurice s’en tire très bien avec un taux d’inclusion très élevé, où 90% de sa population adulte ont accès aux produits financiers et 85% détiennent un compte bancaire.

Maurice se place ainsi largement à la première place des pays de la Southern African Development Community (SADC) d’après une étude entreprise par le FinMark Trust d’Afrique du Sud en 2014. Selon ce rapport, les produits bancaires transactionnels constituent la force motrice de l’inclusion financière à Maurice s’établissant à un taux de 94%.

Il s’agit aussi de faire une meilleure appréciation des produits disponibles. Pour faire la différence, par exemple, entre un prêt bancaire et un leasing pour l’achat de sa voiture; ou entre un produit d’investissement genuine par rapport à un Ponzi potentiel…

L’éducation financière a aussi trait à toutes ces nouvelles propositions liées à un service de plus en plus digitalisé et online, qui peuvent être difficilement assimilées par les moins jeunes.

Par ailleurs conformément à la tendance globale visant à mieux faire connaître les institutions de la finance et leur rôle, la MBA, en tant qu’adhérente de l’Union Bancaire Francophone (UBF) et de la SADC Banking Association, est très active sur ce front, d’où le Code et la campagne intitulée «La banque à votre portée» lancée en 2015. Nous avons aussi mis en place un MBA Card Fraud Prevention Forum, qui a pour objectif de conscientiser la population aux différents risques et aux précautions d’usage liées à l’utilisation des cartes bancaires.

Vous rappelez également la problématique liée aux frais et aux charges bancaires passés aux clients dans le cadre des services proposés par les banques. Y a-t-il encore une méconnaissance du public sur la nature de ces frais et charges ainsi qu’un devoir d’explication de la part des banques commerciales?

Les clients doivent à juste titre pouvoir s’enquérir de ce qu’ils paient pour les services et autres prestations des banques. Et être informés de toute révision de ces frais afin de pouvoir en discuter avec leurs banques. Les banques doivent jouer la transparence et répondre à leurs attentes.

Ainsi, outre ce code, la MBA avait collaboré avec la Banque centrale à l’élaboration d’une grille de tarifs sur les frais et commissions qui sont applicables par toutes les banques à titre de comparaison et pour un choix plus éclairé de la part du client.

Cette grille tarifaire des «Fees, Charges & Commissions of banks» est régulièrement mise à jour et publiée sur les sites Web des banques à titre individuel et, à titre comparatif, sur celui de la Banque centrale, avec un lien disponible sur le site Web de la MBA.

La MBA, elle-même, en tant qu’association, n’est pas habilitée à discuter des frais et autres commissions appliqués par les banques, ceux-ci étant de nature concurrentielle.

La finalité de ce code est d’établir une relation de confiance entre un client et sa banque. Jugez-vous qu’il y a encore du chemin à faire?

Il y a toujours du chemin à faire ! Comme dans toute relation, il faut cultiver et consolider les liens, dans ce cas précis, ceux entre une banque et sa clientèle existante et celle qu’elle veut forger à l’avenir. Et, à travers la MBA, les liens de l’ensemble du secteur bancaire avec une économie et une population.

La MBA et ses membres continuent à jouer ce rôle en se basant sur une relation de confiance. Ce quatrième Code d’éthique et des pratiques bancaires le prouve.

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