Vigilance rouge pour la Seine jusqu'à la mer, décrue amorcée à Paris

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Vue aérienne du bâtiment de la Cite Musicale à Boulogne-Billancourt.

  Vue aérienne du bâtiment de la Cite Musicale à Boulogne-Billancourt.  

La moitié de la Normandie a été placée en vigilance rouge en raison des inondations, alors que la Seine a amorcé une lente décrue après avoir atteint son plus haut niveau depuis 1982, écartant le scénario du pire pour la capitale française.

Dans la nuit de samedi à dimanche le fleuve qui traverse la ville a confirmé sa décrue, descendant à 5,85 mètres à 03H00 (01H00 GMT).

Les inondations menacent désormais la Seine-Maritime et l'Eure, deux départements de la région Normandie (nord-ouest) à l'embouchure du fleuve qui se jette dans la Manche.

Sur l'ensemble de la France, les fortes pluies des derniers jours ont fait quatre morts, a annoncé le gouvernement, ce qui porte à 18 le bilan des victimes des inondations en Europe, dont 11 en Allemagne, une en Belgique et deux en Roumanie.

A Paris, les eaux brunâtres de la Seine, charriant un grand nombre de barrières, de déchets et de branches d'arbres, sont restées samedi à un niveau spectaculaire: les flots recouvraient totalement les voies sur berge et une grande partie des piles des ponts.

«C'est impressionnant, je n'ai jamais rien vu d'aussi haut», commentait Bente Wegner, une Allemande de 25 ans, croisée près de Notre-Dame avec son petit ami. «Nous avons abandonné tout espoir de faire un tour en bateau-mouche mais, au moins, nous avons pris de superbes photos !»

Les pompiers ont appelé les curieux «à éviter de se mettre en danger», mais de nombreux badauds continuaient de s'agglutiner sur les ponts et les quais pour immortaliser cette crue historique.

La Seine avait atteint un pic à 6,10 mètres au dessus de son niveau normal dans la nuit de vendredi à samedi, un palier comparable aux 6,18 mètres atteints en 1982 mais loin de la grande crue de 1910 (8,62 mètres).

Depuis samedi matin, le fleuve est redescendu très doucement, repassant à 15H00 GMT sous le seuil des six mètres. La Seine devrait retrouver des niveaux plus habituels dans 5 à 15 jours, a estimé l'organe de surveillance des crues Vigicrues.

'On pompe'

En attendant, les mesures de précaution prises cette semaine restent en vigueur. Les musées du Louvre et d'Orsay, où des milliers d'oeuvres d'art habituellement stockées dans les sous-sol ont été mises à l'abri, resteront portes closes jusqu'à mardi. Le Grand Palais rouvrira dimanche.

De même, deux stations de métro et une ligne de train régionale qui longe la Seine restent fermées et la navigation fluviale interdite.

Si à Paris même, seuls quelques caves, parkings et sous-sol ont été indondés, ailleurs «nous avons quatre décès à déplorer et 24 blessés à ce stade», a regretté le Premier ministre Manuel Valls.

Parmi les victimes, toutes recensées au sud de Paris, figurent un garçon de trois ans, un cavalier de 74 ans et une femme d'une soixantaine d'années. Un doute subsiste sur les causes de la mort d'une femme de 86 ans, dont le cadavre a été retrouvé dans sa maison inondée.

A l'ouest de Paris, sur la très chic île de la Jatte, à Neuilly, rendue célèbre par les impressionnistes, plusieurs pavillons ont été inondés. C'est «le troisième jour qu'on pompe mais ça ne suffit plus», constatait Virginie 34 ans, en jetant des seaux d'eau depuis son balcon.

Près de 500 patients d'hôpitaux et 800 résidents de maisons de retraite ont dû être évacués dans la région parisienne et dans le centre.

Depuis le début des intempéries, 20.000 personnes au total ont dû être évacuées de leur logement et quelque 13.000 foyers restaient privés d'électricité samedi.

Les assureurs ont estimé les dommages à au moins 600 millions d'euros. Le président François Hollande a assuré que l'état de catastrophe naturelle, qui ouvre droit à indemnisation, serait reconnu mercredi.

Les inondations ont été particulièrement «catastrophiques» pour le réseau ferroviaire, a souligné Guillaume Pepy, le président de la Société nationale des chemins de fer (SNCF).

Pour lui, il faudra attendre le milieu de la semaine prochaine avant un retour à la normale du trafic, soit juste avant le coup d'envoi de l'Euro-2016 de football, vendredi à Paris.

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