Facettes cachées de...Ramesh Basant Roi, le roi de la pâtisserie

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Qui l’eut cru ? Il n’y a pas que la politique monétaire et les finances qui intéressent le gouverneur de la Banque de Maurice. Ramesh Basant Roi aime confectionner des gâteaux, en particulier le pudding de Noël…

Votre communiqué de presse en réponse à l’article de Weekend appelle davantage de questions. Dites-nous en plus sur les «unwarranted projects» et les «unnecessary festivities», et les ouvertures de la banque à des heures non ouvrables à de mystérieux visiteurs ?

Vous faites certainement référence à la Public Notice émise par la Banque de Maurice (BoM). Permettez-moi de répondre à votre question d’une autre façon… D’abord, cette notice n’a pas été émise avec une idée de mesquinerie. Ce n’était à aucun moment dans l’intention de la direction de la banque de causer un quelconque préjudice à qui que ce soit. Personnellement, je dois le respect à tous mes prédécesseurs.

La Notice répond à une série de provocations. Nous avons en effet noté une tentative systématique de ternir l’image des dirigeants de la BoM. Alors que nous avons en chantier plusieurs projets économiquement et socialement importants, on nous fait perdre un temps précieux avec des broutilles. La stratégie de quiconque est derrière cette guérilla est plus qu’évidente. La direction est sujette à un harcèlement scientifique, axé sur des éléments insignifiants, d’où la Notice émise.

Il y a un bon nombre de cadres qui ont travaillé au sein de la BoM depuis des décennies et vous n’avez pas idée de la masse d’informations qu’ils possèdent… Les pontes liés ou impliqués dans les épisodes MCBNPF, MCCB, Delphis Bank et IOIB semblent avoir oublié cela. Faire des révélations n’a jamais été  dans la culture de la banque. Je suis totalement contre l’utilisation d’informations confidentielles et le recours aux révélations. Je dirai simplement que les flux financiers vers ou hors de notre système sont très révélateurs. Lorsque des individus sont payés ou sujets à un chantage pour publier ou diffuser des histoires sans fondement sur d’autres personnes, vous conviendrez qu’on ne peut que s’attendre à une réaction.

Que faites-vous durant votre temps libre et durant les week-ends ?

Je rencontre mon unique frère, de temps en temps. Je suis un solitaire… Je passe mon temps libre à lire, à compléter des tâches demeurées en suspens au cours de la semaine et j’établis mon planning pour la semaine à venir.

Parlez-nous de votre famille.

Mes deux magnifiques et très attentionnées filles Meenakshi et Trisha vivent à l’étranger. Nous sommes une famille très soudée et il va sans dire que ma femme Meera et moi sommes très attachés à nos deux petits-enfants, Isha, dix ans et Neil, quatre ans. Ma femme est une personne très émotive et très sensible et c’est la force de cet attachement à ses petits-enfants qui la retient à l’étranger. Moi, je suis coincé ici, seul à Maurice, avec des responsabilités qui ont leur lot de contraintes et d’exigences. Toutefois, la consolation vient sous la forme d’une réunion familiale quotidienne via Skype. C’est pour moi le meilleur moment de chaque jour.

Cuisinez-vous ?

Je cuisine de temps à autre. C’est un art, tout comme la gestion des affaires de la Banque centrale. Le temps passé à cuisiner me permet de me concentrer sur quelque chose de différent de ce à quoi je suis habitué. Ce qui fait que cuisiner devient une expérience relaxante. Sans me vanter, je prépare très bien certains plats. J’adore les desserts. Mon pudding de Noël – à condition d’avoir la bonne combinaison de baies et cerises – et la version juive du cake à l’orange et à la noix de coco connaissent un véritable succès auprès de mes filles et petits-enfants.

Gourmand ou gourmet ?

Je ne suis pas un grand mangeur et je ne prétends pas me définir comme étant un gourmet. J’ai un penchant pour un plat végétarien bien préparé.

Un péché mignon ?

Ma femme et mes filles veillent au grain si je m’approche trop près d’un morceau de chocolat.

Quels livres lisez-vous ?

Je les dévore. Il y en a même certains que j’adore relire. Au nombre des ouvrages qui m’ont marqué figurent Profile in Courage, qui a valu au président John Kennedy le Prix Pullitzer.

Écoutez-vous la radio ?

Je n’écoute que des podcasts. Ceux qui m’intéressent sont surtout ceux des géants de la finance et de Wall Street ou encore de Martin Wolf du Financial Times, de Fareed Zakaria de CNN et bien sûr ceux émanant des grands penseurs contemporains…

Quels types de musique écoutez-vous ?

J’aime les classiques de Johann Strauss II, Ravi Shankar, Iosif Ivanovici, entre autres. Les oeuvres vocales de Talat Mahmood et de Hemant Kumar sont sans pareilles. Je me sens bien lorsque j’écoute cela. Le vaste répertoire d’Elvis  Presley, comprenant l’inoubliable It’s Now or Never me ramènent à ma jeunesse. J’ai aussi un faible pour les génériques de films comme Le Parrain.

Votre idée du bonheur ?

Certains trouvent le bonheur et la chance à Las Vegas mais je crois fermement que la baraka dans la durée n’existe pas. Pour moi, la chance, c’est ce qu’on récolte. Ce qui compte, c’est le dur labeur et la persévérance. Donnez le meilleur de vous-même dans tout ce que vous faites et la chance sera à vos côtés.

Qu’auriez-vous souhaité réaliser avant de quitter ce monde ?

J’ai eu le privilège unique d’avoir travaillé, à des degrés divers, pour tous les Premiers ministres et ministres des Finances, sauf Xavier Duval. J’aimerais bien écrire un livre axé sur ma compréhension et mon expérience, en tant que personnage au sein d’une Banque centrale, relatives aux Premiers ministres et ministres des Finances auprès desquels j’ai eu le plaisir de travailler et aussi sur les grands moments de l’histoire de la Banque de Maurice.

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