Parlement et presse: La speaker est-elle à l’abri des critiques ?

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La Speaker, Maya Hanoomanjee, a accordé un délai d’une semaine à la rédactrice en chef Touria Prayag pour s'excuser.

La Speaker, Maya Hanoomanjee, a accordé un délai d’une semaine à la rédactrice en chef Touria Prayag pour s'excuser.

«I am inviting the Editor in Chief to tender her unreserved apologies to the Chair and to the House.» La Speaker de l’Assemblée nationale, Maya Hanoomanjee, a accordé un délai d’une semaine à Touria Prayag, rédactrice en chef du magazine Weekly, hebdomadaire du groupe La Sentinelle, pour s’excuser relativement à son éditorial en date du 28 avril, intitulé Catch me if you can. La question qui se pose : où commence et où s’arrête la liberté d’expression de la presse par rapport aux travaux parlementaires si la Speaker dispose d’une immunité ?

Selon un ancien Speaker, «les journalistes ne peuvent pas critiquer le comportement du Speaker lors des travaux au Parlement ni faire une accusation contre le Speaker selon le National Assembly (Privileges, Immunities and Powers) Act.» L’article 6 section (1) (n) stipule que «publishing any defamatory statement or writing upon the Assembly or any committee, or upon any member touching, or relating to, his character or conduct as a member and with regard to actions performed or words uttered by him in the Assembly» représente un outrage au Parlement.

Selon cet ancien Speaker, Maya Hanoomanjee avait l’option de faire sa déclaration au Parlement ou alors par le biais d’une lettre privée. «Si l’affaire n’est pas réglée entre la Speaker et la journaliste, la Speaker peut faire une motion et l’affaire est transférée au bureau du Directeur des poursuites publiques.» Pour un contempt of Parliament, le risque encouru est une amende maximale de Rs 1 000 ou une peine de prison ne dépassant pas trois mois.

Autre son de cloche d’un autre ancien président de la Chambre : le Speaker n’a pas d’immunité contre les critiques mais il peut interdire l’accès à la galerie des journalistes. «Si dans un article d’information, le journaliste fait une fausse déclaration, là il est en faute. Mais s’il s’agit d’une opinion, je ne crois pas. Il y a une différence entre de fausses informations et une opinion.»

Sollicitée par l’express, Touria Prayag dit, elle, qu’il n’y a pas d’urgence à réagir dans l’immédiat. «Je vais continuer à faire mon travail.»

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